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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 122, novembre 2018

Éditorial des bulletins l’Étincelle du 5 novembre 2018

Contre la vie chère, il faut augmenter les salaires !

Mis en ligne le 13 novembre 2018 Convergences Politique

Depuis plusieurs semaines, des appels se sont multipliés sur les réseaux sociaux pour bloquer routes et ronds-points le 17 novembre. Si cette initiative contre la hausse des taxes sur le carburant trouve un tel écho, c’est pour de bonnes raisons : le gouvernement et le patronat sont à l’offensive pour faire les poches aux travailleurs. Pour ne pas se laisser appauvrir, sans faire le jeu des patrons ou de l’extrême droite, il faut contre-attaquer !

La colère est légitime

Oui, il y a toutes les raisons de se révolter aujourd’hui. Contre les bas salaires qui n’augmentent pas depuis des années alors que l’inflation repart à la hausse ; contre les petites pensions grevées par la hausse de la CSG ; contre les allocations qui stagnent voire baissent, comme les APL ; contre les loyers élevés ; contre les taxes qui s’accumulent sur le dos des travailleurs et qui finissent en cadeaux fiscaux pour les plus riches.

Le prix du carburant pèse surtout sur les budgets des ménages. Quand on sait que la TVA et autres taxes représentent 60 % de la facture, il y a autant de raisons de s’en prendre au gouvernement qu’aux entreprises du secteur pétrolier qui font des profits record avec la hausse du prix du baril.

L’hypocrisie de la « fiscalité écologique »

Comment le gouvernement justifie-t-il cette augmentation ? L’urgence écologique, dit-il ! La hausse des prix est censée encourager les solutions alternatives à la voiture individuelle, et les taxes devraient financer la transition énergétique. C’est le comble de l’hypocrisie.

Car quelles sont les alternatives à la voiture quand on vit en zone rurale, quand il y a peu de transports en commun ou que les infrastructures délabrées rendent chaque trajet aléatoire ?

Est-ce en taxant les pauvres qu’on va améliorer le réseau de transports collectifs ? Au contraire : le gouvernement (et ses cars Macron !) privilégie la route au ferroviaire qui souffre de sous-investissement chronique.

Les hausses continues des taxes sur les carburants ne sont pas un geste pour la planète mais servent à colmater le budget de l’État amoindri par les cadeaux au patronat. Au bout du compte, ces hausses finissent par enrichir les capitalistes au titre des subventions et autres exonérations fiscales.

Alors oui, il faut préserver l’environnement, mais en s’en prenant aux vrais responsables : les entreprises qui polluent, les constructeurs automobiles qui truquent les tests anti-pollution, et l’État qui devrait garantir des transports gratuits. Ce n’est pas aux travailleurs de rogner sur leurs salaires.

Sur qui compter pour riposter ?

Aujourd’hui, c’est le patronat du transport qui est à la manœuvre pour faire pression sur le gouvernement en menaçant de bloquer les routes un samedi. Certains patrons bénéficient déjà d’exonérations de taxes sur les carburants. Ils savent, ensemble, faire entendre leurs intérêts propres, bien loin de ceux des salariés.

Du côté des centrales syndicales et de la gauche, on dénonce à juste titre l’instrumentalisation par l’extrême droite de ces appels à bloquer, mais on ne propose pas grand-chose pour contrer les attaques qui se succèdent.

C’est pourtant cette passivité qui ouvre un boulevard à Le Pen ou Dupont-Aignan, qui sont en embuscade pour faire du 17 novembre une opération anti-Macron dans la perspective des prochaines élections. Mais eux ne parlent pas de nos salaires. Ils critiquent seulement les taxes et disent vouloir davantage d’exonérations pour les patrons. Leur démagogie n’a rien à voir avec les intérêts du monde du travail.

Passer à l’offensive

Depuis longtemps les travailleurs sont sur la défensive. Aujourd’hui la colère gronde chez des millions de salariés contre la hausse du coût de la vie. Il serait urgent qu’ils prennent l’initiative avec leurs propres revendications : avant tout l’augmentation générale des salaires et des pensions, et l’indexation des salaires sur les prix (dont celui du carburant). Sans croire au miracle de la « baisse des cotisations », qui grève les budgets des comptes sociaux et que les milieux populaires finissent donc par payer. C’est par une mobilisation massive et déterminée que nous ferons reculer le patronat et le gouvernement à son service.

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Numéro 122, novembre 2018

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