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Police, justice, prisons...

À qui profite le crime ?

Mis en ligne le 10 novembre 2016 Convergences Société

Comme Marx l’avait déjà souligné en son temps [1], la délinquance, plus exactement sa répression, participe au développement des forces productives et offre un marché juteux à la bourgeoisie. Il faut construire des commissariats, des tribunaux, des prisons – comme le nouveau palais de justice de Paris, construit par Bouygues en partenariat public privé (PPP) avec profits garantis pendant 27 ans. Il faut ensuite employer les juges, policiers, gardiens de prison, acheter leurs robes et uniformes, fournir des équipements. Toute une partie de la recherche trouve un débouché dans ces équipements de plus en plus sophistiqués, du taser au flash-ball, en passant par les tenues de RoboCop. Aux États-Unis, les prisons ont même été privatisées et l’industrie carcérale est l’une des plus florissantes. Contrairement à l’État français, qui utilise la prison pour extraire une fraction du surplus de main d’œuvre du marché du travail, les pénitenciers américains ont trouvé le moyen d’exploiter les prisonniers quasi-gratuitement. Comme les Noirs y sont surreprésentés, cela rappellerait presque les heures sombres de l’esclavage.

Il y a aussi l’industrie de la sécurité (surveillance, caméras, alarmes, assurances…), un des secteurs qui a le plus embauché ces vingt dernières années. Le sentiment d’insécurité est lucratif. Il existe encore bien d’autres métiers rendus nécessaires par la délinquance : les serruriers, les ingénieurs chargés de sécuriser les billets de banque, les fabricants de coffres-forts et de portes blindées, etc. Le tour serait incomplet sans mentionner les auteurs de romans policiers et l’industrie du cinéma, qui trouvent dans le crime une grande part de leur inspiration. Mais certains romans et films noirs, plutôt que de nous barricader, ont l’avantage de révéler, voire de dénoncer, toute cette violence sociale.

M.S.


[1Matériaux pour l’économie (1861-1865).

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Numéro 108, novembre 2016

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