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Ecoles

Exercices de « mise en sûreté »

Ambiance

Mis en ligne le 10 novembre 2016 Convergences Société

Depuis bientôt un an, Daech a mis les écoles françaises sur la liste des cibles prioritaires de ses attentats. Pour ne pas donner l’impression de rester sans rien faire face à la menace, le gouvernement a ordonné à tous les établissements scolaires de mettre en place des Plans particuliers de mise en sûreté (PPMS). Ceux-ci ont été testés juste avant les vacances de Toussaint, avec des résultats pour le moins mitigés…

Couacs

En cas d’apparition de terroristes à la porte d’un établissement scolaire, les adultes travaillant sur place sont censés protéger les élèves en les confinant, puis en les évacuant. Passons sur bon nombre d’incohérences et difficultés techniques : l’alarme qu’on n’entend pas bien, ou qu’on prend pour une alerte incendie, ou encore le cours de sport qui continue parce que le stade n’est pas sonorisé, etc.

Mais parfaitement conscients qu’ils avaient affaire à un exercice, nombre d’élèves se sont faits un plaisir de bordéliser leur classe au moment de barricader les portes avec le mobilier, ou de se jeter sous les tables. En cas d’attaque « pour de vrai », la trouille les réduira-t-elle au silence ? Pas sûr ! Elle provoquerait sans doute son lot de crises de nerfs. En maternelle, nombre d’instituteurs ont d’ailleurs pu vérifier que la durée de l’exercice ne suffit pas à sécher les larmes déclenchées par « les grands méchants qui veulent tous nous tuer ».

Les rambos s’en donnent à cœur joie

Ici et là, on a décidé de « muscler » l’exercice. La palme revient au collège Lise Ophion de Matoury, en Guyane. Des employés du collège portant des cagoules ont simulé une attaque, détonations en prime. Bilan : des dizaines d’élèves en larmes, dont deux ont été emmenées par les pompiers en état de choc [1].

À Cherbourg, une rumeur circulant sur les réseaux sociaux a décidé les services de l’État à déployer des militaires lourdement armés devant tous les établissements scolaires trois jours avant les vacances.

« Aléa » et vulnérabilité

La réalité, c’est que les écoles ne peuvent pas devenir des bunkers. Comme le fait remarquer un enseignant de primaire, entre le véhicule de la cantine, les colis postaux, les allées et venues des tuteurs visitant leurs stagiaires, sans même parler des parents, il est impossible de verrouiller totalement une école. Dans les collèges ou les lycées pourvus d’un concierge, ce n’est guère mieux. Il y a en effet fort peu de chances qu’un terroriste se présente à la porte.

Certes, rien ne sert de nier le risque. Les spécialistes définissent souvent ce dernier comme le produit d’un aléa (ici la probabilité qu’un terroriste passe à l’acte) et d’une vulnérabilité (ici la fragilité des écoles). Les PPMS ont surtout permis de mesurer que, faute de faire baisser la vulnérabilité, le mieux aurait été d’éviter de créer l’aléa… en laissant l’impérialisme livrer le Moyen-Orient au chaos d’où est issu Daech.

M.P.


[1 Dépêche AFP citée par Libération, « Guyane : un exercice « attentat intrusion » tourne mal », 14 octobre 2016.

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Numéro 108, novembre 2016