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DOSSIER : Cirque électoral aux États-Unis, l’envers du décor

La lutte pour le smic à 15 $ de l’heure… en organisant la classe ouvrière ou les politiciens démocrates ?

Mis en ligne le 10 novembre 2016 Convergences Monde

Pour certains militants qui se revendiquent du mouvement ouvrier aux USA, la primauté du secteur des services montrerait l’émergence d’une « nouvelle classe ouvrière », pour laquelle il faudrait déployer de nouvelles méthodes militantes et une nouvelle politique.

C’est le cas du syndicat SEIU (Service Employees International Union), fort de deux millions de membres, dont les militants déclenchent des campagnes médiatiques autour de problèmes qu’ils jugent emblématiques. Ils disent s’inspirer de l’exemple de Justice for Janitors (Justice pour les agents de nettoyage), qui a donné lieu au film Bread and Roses de Ken Loach.

Depuis deux ans, le SEIU s’est lancé dans le « Fight for 15 », la lutte pour le smic à 15 $ de l’heure. Cette campagne est principalement tournée vers les travailleurs des fast-foods, emblématiques d’après eux des salariés mal payés.

On imagine les difficultés que peuvent rencontrer ces salariés pour s’organiser alors qu’ils sont dans des restaurants qui rassemblent au plus quelques dizaines de travailleurs. Les divers rassemblements qui ont été appelés jusque-là par « Fight for 15 » ont impliqué quelques travailleurs des fast-foods qui viennent presque toujours individuellement, avec des « soutiens » et des « organisateurs » – en fait des permanents syndicaux qui font masse.

Bien sûr ce genre de campagne est plutôt positif pour focaliser l’attention des médias sur les bas salaires plutôt que sur l’insécurité ou le terrorisme. Mais le SEIU y engloutit des sommes considérables en publicité et en permanents du syndicat envoyés dans différentes villes – non pas qu’ils soient grassement payés, non pas qu’ils ne soient pas militants et bien intentionnés, mais ils sont toujours extérieurs au secteur de la classe qu’ils prétendent défendre.

Cette campagne s’est donnée comme objectif d’obtenir des lois sur le salaire minimum passées par les collectivités locales. Elle s’est donc tournée vers les élus démocrates, en leur apportant un soutien dans les diverses élections locales s’ils s’engageaient sur le smic à 15 $.

Mais là où les législations pour les 15 $ ont été passées, elles sont très peu contraignantes pour le patronat. Elles souffrent d’exceptions qui peuvent exclure jusqu’à 50 % des travailleurs concernés et sont limitées au territoire géographique d’une ville, rendant possible les « délocalisations » en toute proche banlieue. En général, le smic n’est pas augmenté immédiatement à 15 $ mais progressivement. À Seattle, il faudrait attendre 2024 !

Dans la présidentielle, certains militants de la campagne « Fight for 15 » ont soutenu Sanders à la primaire démocrate. La direction du SEIU est restée plus traditionnelle et a choisi Clinton. Rien de « nouveau » dans la politique menée, qui reste dans la galaxie démocrate, si ce n’est une rupture encore plus consommée avec la base qu’elle prétend représenter. Les tenants de ce genre de syndicalisme sont, autant que leurs prédécesseurs, dépendants des démocrates, dépendance qui constitue le principal problème du mouvement ouvrier américain. 

R.P.

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Numéro 108, novembre 2016