Diesel : la fiscalité du bonheur
Mis en ligne le 18 mars 2013 Convergences Société
Belle découverte : les moteurs diesel provoquent des émissions dangereuses pour l’homme, notamment des particules fines, avec pour conséquence des crises d’asthme, des pathologies respiratoires et une surmortalité par affections cardio-vasculaires ou cancer du poumon. Cela fait au moins 20 ans qu’on le sait, et plus longtemps encore qu’une fiscalité préférentielle a favorisé le développement du moteur diesel par rapport à celui de l’essence. Au point qu’en France ils équipent 60 % du parc automobile pour 4,8 % en 1980. Au point qu’on en serait à 42 000 morts prématurées par an en France. Mais voilà, les lobbys patronaux du transport et les constructeurs automobiles ont largement profité de la différence des fiscalités, prétendant même au travers de campagnes mensongères que le diesel était plus respectueux de l’environnement. Jusqu’à attribuer un « bonus écologique » à l’achat d’un diesel à partir de janvier 2008 sous prétexte de moindres émissions de gaz à effet de serre ! C’était le bon temps.
Et voilà que la Cour des comptes explique qu’un alignement de la fiscalité pourrait rapporter 7 milliards de rentrées à l’État. Coïncidence à n’en pas douter. Le gouvernement cogite dur sur la question. Ce serait tellement bien de pouvoir faire les poches au bon peuple en prétendant que c’est pour sa santé. En particulier celle de tous ceux qui n’ont d’autre choix que d’aller au boulot avec leur vieille voiture. S’il s’agissait vraiment de la santé de la population, il serait pourtant simple d’aligner la fiscalité… en diminuant celle de l’essence pour la ramener à celle du gazole.
Vous n’y êtes pas. Une autre solution a été évoquée par Delphine Batho, la ministre de l’environnement : « Les Français n’accepteront cet alignement que s’ils s’y retrouvent (…) La prime de reconversion pourrait être l’une de ces mesures d’accompagnement ». Bon sang mais c’est bien sûr ! Une nouvelle « prime à la casse » spécial diesel, qui permettrait de renflouer les caisses des constructeurs automobiles, ceux qui licencient en ce moment à tour de bras.
5 mars 2013, Louis GUILBERT
Mots-clés : Automobile | Écologie


