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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 86, mars-avril 2013 > DOSSIER : Guerre au Mali

DOSSIER : Guerre au Mali

Les réfugiés de la guerre

Mis en ligne le 18 mars 2013 Convergences Monde

Selon le recensement du HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés), plus de 400 000 personnes ont fui le nord du Mali depuis le début de la crise en janvier 2012. Ils seraient en majorité touareg, arabes, songhaïs, et peuls. Un peu plus de 160 000 seraient réfugiés dans les pays voisins, essentiellement en Mauritanie, au Burkina Faso et au Niger, plus de 240 000 auraient été déplacés dans le sud du Mali. Partout, ils vivent dans le plus grand dénuement.

L’opération militaire française a provoqué la fuite de 35 000 personnes supplémentaires selon les chiffres du HCR datés du 5 février, le rythme des départs s’étant ralenti depuis. Malgré la « libération » proclamée du Nord, on ne noterait aucun retour. Parce que la situation de guerre n’est pas finie. Mais aussi peut-être parce que certains réfugiés dans les pays voisins, Touareg ou Arabes ont quelques raisons de craindre les représailles de ceux qui ont vite fait d’accuser tous les gens du nord d’être complices des groupes armés autonomistes ou djihadistes. Le 8 février, l’un des hommes les plus riches du pays, Jeamille Bittar, propriétaire de la principale compagnie de bus, député et président de la chambre de commerce, a annoncé qu’il mettait des bus à la disposition des déplacés qui voulaient retourner à Gao. 200 personnes auraient été du premier voyage. Quelques jours plus tôt, il avait annoncé sa candidature à l’élection présidentielle prévue, si tant est qu’elle ait lieu. Est-ce une coïncidence ?

L’afflux des réfugiés a non seulement accru la misère dans la partie sud du Mali, mais aussi dans les pays voisins du Sahel, déjà tout aussi pauvres. Au Burkina Faso, « pour éviter toute tension entre la population locale et les réfugiés », écrit un journaliste de Mediapart, « Valérie Amos, la Secrétaire générale adjointe des Nations unies aux affaires humanitaires, de passage sur le camp de Mentao, a tenu à préciser que l’aide du HCR était également distribuée aux Burkinabé qui comptent 500 000 enfants souffrant de malnutrition ».

Mais quelle aide ? Le 7 février, à Dakar, le représentant du HCR pour l’Afrique soulignait que sur les 373 millions de dollars de crédits demandés par le HCR, seul 7 millions (5,4 millions d’euros) avaient été pour l’instant accordés.

Certes, il y a des compléments : le même jour, à Bamako, Mme Traoré Mintou Doucouré, la femme du Président par intérim, recevait en grande pompe de généreux donateurs : les représentants de la Fondation pour la paix universelle (créée par la secte Moon) qui venaient d’offrir 5 tonnes de céréales, qui seront réparties entre les familles de militaires et les personnes déplacées, a promis Madame la Présidente. 20 grammes de céréales par déplacé, si on oublie les militaires. À l’occasion de cette cérémonie, la première dame du Mali se faisait inviter au Sommet de la paix qui se tenait à Séoul quelques jours plus tard.

Selon les chiffres publiés fin janvier,par l’armée française elle-même, « plus de 10 000 tonnes de fret ont été transportées. L’équivalent du désengagement d’Afghanistan en 2012 (9 764 tonnes) », et le seul coût de ce « déploiement de l’opération Serval » s’élève à 50 millions d’euros.

O.B.

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Numéro 86, mars-avril 2013

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