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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 86, mars-avril 2013

Altis / Geodis (Corbeil-Essonnes, 91) : 40 salariés pris en sandwich entre prestataire et donneur d’ordre

Mis en ligne le 18 mars 2013 Convergences Entreprises

Début février, Altis, entreprise de 900 salariés fabricant des puces électroniques, choisissait de réintégrer les salariés de son prestataire Geodis Logistics. Geodis avait porté plainte pour un retard de paiement de quelque 2 millions d’euros. Pour éviter de comparaître au tribunal de commerce, Altis avait préféré s’incliner de cette manière. De son côté, le trust de la logistique renonçait à la dette, en échange de la reprise par Altis des effectifs qui lui avaient permis pendant quelques années de prendre sa part de profits sur le site.

Une telle issue n’était pourtant pas acquise. Lorsque le 17 décembre dernier, les quarante salariés de Geodis arrivent au travail, ils ont la surprise d’être bloqués à l’entrée par des vigiles payés par Altis. De son côté, Geodis avait délégué un huissier chargé de constater que c’était bien Altis qui empêchait les salariés de se rendre au travail. Les deux entreprises se renvoyant mutuellement la responsabilité de la fin brutale de leur collaboration, les salariés de Geodis, victimes d’une affaire dont ils n’étaient en rien responsables, réclamaient de revenir à leur poste et dénonçaient la direction de Geodis qui les menaçait de chômage partiel.

À l’intérieur de l’usine, Altis cherchait dans l’urgence à pallier l’absence du prestataire : au mépris de la sécurité, des fûts de produits chimiques étaient manipulés par les chauffeurs intérimaires d’un autre prestataire, Vinci. Des salariés de la maintenance d’Altis étaient envoyés sur les postes de travail vacants. Soumis à l’arbitraire, aucun salarié d’Altis ne se réjouissait de prendre la place de collègues qui avaient travaillé autrefois sous le même contrat qu’eux. Dans cette configuration, les syndicats d’Altis n’ont malheureusement rien entrepris.

Après avoir distribué des tracts aux équipes d’Altis pendant quatre jours, les quarante salariés de Geodis bloquaient courageusement l’accès du site. Geodis déclarait alors que l’issue pourrait être un PSE... à la charge d’Altis, et renvoyait les salariés chez eux avec la garantie d’être payés jusqu’en janvier.

Une bataille qui en anticipe d’autres...

Les salariés ont dû mener des actions répétées aux portes du site. Leurs tracts ont su remporter la sympathie des salariés d’Altis. Lors du blocage du site, les salariés d’Altis avaient de bon gré garé leur véhicule à l’extérieur. La direction d’Altis n’était donc pas seulement sous la pression d’un prestataire mécontent, mais devait également faire face à une mobilisation.

De retour sur le site après sept semaines d’absence, les désormais anciens salariés de Geodis auront cependant à subir la vengeance d’Altis : horaires dégradés, postes déqualifiés, les plus de 57 ans étant explicitement poussés vers la sortie. La direction d’Altis tente également de diviser : elle a payé le champagne et les petits fours aux salariés d’Altis qui avaient été envoyés remplacer les Geodis pendant qu’ils étaient sur le banc de touche.

La majeure partie des salariés du site sont pourtant conscients que leur avenir n’est pas assuré. IBM, l’ancien propriétaire, continue de passer commande sur le site, mais les actionnaires d’Altis, société « indépendante », se plaignent de ne pas faire de profits. Les salariés n’ont donc rien à attendre d’une loi contre les « licenciements boursiers ». Ils n’ont d’autre choix que de se préparer à une prochaine mobilisation.

5 mars 2013, Laurent VASSIER

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Numéro 86, mars-avril 2013

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