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Un coup d’État ? L’Amérique sait ce que c’est. Pour le coup, ça n’en était pas un !

Mis en ligne le 19 janvier 2021 Convergences Monde

Cet article est issu d’un article de Speak Out Now

Depuis le 6 janvier, de nombreux commentateurs ont utilisé le terme français «  coup d’État  » pour décrire l’attaque du Capitole, que l’on traduit en anglais par «  Blow by the state  ».

Malgré le caractère odieux de l’opération que Trump a inspirée, ce serait faire erreur d’appeler cela une tentative de coup d’État. Certes, Trump a fait des heures supplémentaires pour rester au pouvoir, en espérant empêcher Biden de devenir le 46e président des États-Unis. Cela dit, un coup d’État consiste à remplacer la direction du gouvernement par une autre, toujours avec le soutien des forces armées. Or Trump n’a pas le soutien de l’armée, même si bon nombre de flics, y compris au sein de la police du Capitole, sympathisent à sa cause.

Ne nous y trompons pas : le gouvernement américain sait très bien ce qu’est un coup d’État, ayant orchestré le renversement de différents régimes à diverses reprises : depuis l’intervention du gouvernement américain à Hawaï en 1893 jusqu’à celles récentes au Venezuela, au Honduras et en Bolivie, les États-Unis ont mené ou soutenu des dizaines de coups d’État et d’interventions similaires dans le monde entier, laissant place à des dictatures militaires. Rien qu’après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont permis de renverser des gouvernements démocratiquement élus en Iran (1953-54), au Guatemala (1954), au Congo/Zaïre (1960-61), en République dominicaine (1964), en Indonésie (1965), sans oublier le Chili en 1973. Et ce n’est qu’une liste partielle ! Chaque fois, l’Agence centrale de renseignement américaine (la CIA) et le Département d’État ont été complices et, dans certains cas, ont organisé et réalisé le coup d’État aux côtés des chefs militaires locaux, généralement des généraux de haut rang intimement liés aux capitalistes et propriétaires terriens. Les objectifs étaient de s’assurer que les intérêts commerciaux américains puissent garder leur emprise sur le pétrole, la banane, le cobalt, le cuivre ou toute autre ressource naturelle à l’intérieur des frontières de ces nations – tout cela aux dépens des travailleurs et des agriculteurs locaux.

La semaine dernière, nous avons assisté à la mise en scène d’un soulèvement par les partisans les plus fanatiques de Trump, encouragés en haut lieu par les politiciens les plus réactionnaires. Mais cela n’en fait pas un coup d’État. Les dirigeants du gouvernement américain savent trop bien à quoi ressemble un coup d’État.

Publié par Speak Out Now - 13 janvier 2021

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Numéro 135, janvier 2021

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