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Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 135, janvier 2021

Républicains et Démocrates : adversaires mais pas ennemis !

À quand la classe ouvrière américaine Great again ?

Mis en ligne le 17 janvier 2021 Convergences

Le choc des images de la semaine dernière montrant le Capitole à Washington – équivalent de notre Chambre des députés – assailli et occupé par des milliers de manifestants organisés et équipés pour y faire du grabuge, n’a pas fini de faire réfléchir. Dans le beau monde politicien, toutes tendances confondues et jusqu’à Marine Le Pen, on s’est indigné de la violence et des règles démocratiques bafouées. Certains ont même crié à l’infamie ! Pourtant, que les classes populaires fassent à l’occasion irruption dans des lieux de pouvoir qui décident de leur vie n’est pas en soi scandaleux ! Ce qui inquiète en revanche, c’est que ces envahisseurs appartiennent pour l’essentiel à des groupes d’extrême droite racistes blancs, machos, porteurs d’idées sociales obscurantistes, pour tout dire « fachos ». Certains portaient des T-shirts nazis. Ils avaient été chauffés à blanc et appelés à marcher sur le Capitole par un Trump jusqu’au-boutiste, persistant à contester les résultats de l’élection présidentielle.

Un signal d’alarme…

Ces scènes de Washington ont renforcé chez bien des travailleurs, ici, l’image d’un président « dingue  » à la tête d’un pays où tout serait « dingue ». Jugement hâtif ! Depuis son élection en 2016, Trump, qui a derrière lui une carrière d’affairiste véreux, s’est attaché par des rodomontades nationalistes et protectionnistes, une base électorale en partie populaire qui voit en lui une force antisystème. Là est le problème, car il est au contraire l’image même du système capitaliste ! Son calcul politique, après avoir nié sa défaite (mais engrangé quand même 75 millions de voix), est probablement de ne pas passer le reste de sa vie à faire du golf en Floride et de s’appuyer sur ce milieu militant d’extrême droite pour un come-back ultérieur. Quitte à ne pas s’embarrasser des règles de la démocratie bourgeoise. De Gaulle non plus ne s’en était pas embarrassé quand il est venu au pouvoir en 1958 en s’appuyant sur un putsch militaire à Alger. Trump et ses sbires n’ont pas voulu prendre le pouvoir, mais faire néanmoins un coup de force, et s’afficher ainsi comme candidats pour un futur pouvoir, pourquoi pas fascisant. Forts de l’appui populaire qu’ils croient avoir.

Biden, pas plus que Trump, ne défendra les travailleurs

Du côté des élites politiques, c’est la dénonciation générale du coup de force. La moitié des élus républicains se détournerait de Trump… mais pas l’autre moitié ! À noter qu’aucune des forces de police pourtant présentes au Capitole (police du bâtiment, de la ville, fédérale et autres) n’a fait barrage. Sur des images, on voit même des policiers enlever les barrières pour faciliter le passage des manifestants – ce qu’ils n’auraient évidemment pas fait s’il s’était agi de manifestants du mouvement Black Lives Matter. C’est à l’image des complicités politiques, car, par-delà leurs affrontements, démocrates et républicains américains contribuent à maintenir un ordre social inégalitaire dans lequel les Blancs dominent les Noirs, les hommes les femmes, et où, surtout, les milliardaires et Wall Street récoltent les gains de ces divisions en exploitant le monde du travail à outrance, quels que soient les sexes et les couleurs de peau.

Les nôtres sont des millions…

Biden, pas plus que Trump, ne défendra les travailleurs, même s’il désigne comme ministre du Travail un ex-syndicaliste ! Les illusions populaires envers ce politicien tout dévoué durant sa longue carrière aux intérêts capitalistes ne sont pas grandes. Dans un pays où la situation sociale est très fortement dégradée par les conséquences d’une pandémie qui a fait 370 000 morts, l’extrême droite n’est pas la seule – fort heureusement – à pouvoir peser. Aux États-Unis, l’année a été marquée par des mobilisations. S’ils étaient

10 000 à 20 000 à monter au Capitole mercredi dernier, ils étaient au total 25 millions à se mobiliser contre le racisme et les violences policières il y a encore quelques mois, c’est-à-dire à condamner à leur façon un ordre social inégalitaire intolérable. L’avenir reste à ces millions-là !

  Éditorial des bulletins l’Étincelle du 11 janvier 2021

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Numéro 135, janvier 2021