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DOSSIER : À propos des vaccins contre le Covid-19

Trusts pharmaceutiques et santé… des profits !

Mis en ligne le 17 janvier 2021 Convergences

L’impératif du profit pose de nombreux problèmes dans le développement des traitements, et les multiples conflits d’intérêts qui existent entre le monde médical et les trusts pharmaceutiques ont provoqué des désastres.

Dans le cas de Pfizer, l’entreprise s’est opposée à la menée d’études indépendantes qui viseraient à évaluer l’impact sur les populations à risque et sur la transmission avant l’autorisation de mise sur le marché, craignant que cela induise des retards et donc des pertes [1]. Ce n’est pas faute de volontaires, puisque l’Inserm se tient prêt depuis octobre pour mener de telles études.

Les multinationales tiennent à contrôler au mieux leur communication : les diverses annonces ont un impact très important sur les envolées boursières. Cela pousse ces groupes à publier de simples communiqués de presse, sans attendre les publications scientifiques, ce qui exerce aussi une forte pression sur les négociateurs.

Cependant, le déploiement d’un vaccin reste très encadré, notamment en ce qui concerne les effets secondaires, puisque les données sont contrôlées par des équipes indépendantes et publiées dans des revues à comité de lecture. On peut donc être raisonnablement confiants quant à l’efficacité du vaccin pour réduire les formes graves de la maladie et sur l’absence d’effets secondaires sévères à court et moyen terme.

L’inégalité organisée de l’accès au vaccin

Au mépris de la plus élémentaire équité et même de l’efficacité sanitaire, les puissances impérialistes se sont réservé la part du lion dans l’accès aux premières doses du vaccin. À eux seuls, les États représentant 13 % de la population mondiale ont mis la main sur 51 % des doses des principaux vaccins en cours d’expérimentation, estimait en septembre l’ONG Oxfam. Au point que, pour Pfizer et Moderna, les précommandes des pays riches portent sur environ 80 % de leur production pour l’année 2021. À quoi il faut ajouter des difficultés logistiques impossibles à résoudre pour les pays les plus pauvres : les congélateurs pour maintenir le vaccin de Pfizer à moins 70 °C sont vendus à 10 000 euros pièce.

Dans ce contexte, le vaccin d’AstraZeneca se distingue, puisqu’il est vendu à 2,5 euros la dose et est stockable dans des conditions de conservation usuelle (réfrigérateur ou congélateur domestique). En effet, les chercheurs de l’Université d’Oxford ont conditionné leur collaboration avec l’entreprise au fait que le vaccin soit rendu disponible de manière universelle, à la suite de quoi le groupe s’est engagé à ne pas faire de profits sur l’opération.

La question des brevets et les différents « secrets » qui entourent la production et la commercialisation dans une entreprise capitaliste sont autant de freins à la production des vaccins, et donc à leur déploiement.

Le nécessaire contrôle de l’industrie pharmaceutique

Non seulement, ces pratiques retardent l’accès aux traitements pour ceux qui en ont le plus besoin, mais elles sont de plus à l’origine de scandales sanitaires d’ampleur – l’affaire du Médiator des laboratoires Servier est toujours d’actualité, le procès auquel elle a donné lieu n’est d’ailleurs pas terminé. Ces scandales nourrissent en retour une défiance légitime de la part de la population. Notons, tout de même, que ces scandales ne concernent pas, pour la plupart, des vaccins.

Tout cela pose la question de qui contrôle l’industrie pharmaceutique et sa production qu’il serait indispensable de faire échapper à la mainmise de trusts capitalistes – ce qui serait d’ailleurs vrai de toute la production.

Pour l’imposer, il faut alors un rapport de force, que seuls les travailleurs peuvent construire. C’est la question du contrôle de la population sur la production qui se pose, mettant à contribution et associant tout autant les chercheurs, les ingénieurs, les techniciens que les ouvriers sur les chaînes de production. Un contrôle démocratique non seulement à l’échelle de l’entreprise, mais aussi aux différentes échelles du territoire, en informant et en faisant appel aux associations de patients comme aux médecins.


[1Voir l’article de Mediapart : « Covid-19 : la recherche publique sur le vaccin retardée par les laboratoires », 8/12/2020.

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Numéro 135, janvier 2021