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Romans

Trois romans pour appréhender l’histoire de l’Iran

Parisa Reza

31 mars 2020 Article Culture

  • Les jardins de consolation, Gallimard, NRF, 2015, 21 euros (téléchargeable à 14,99 euros).
  • Le parfum de l’innocence, Gallimard, NRF, 2017, 20 euros (téléchargeable à 14,99 euros).
  • Les confessions d’un anarchiste, Gallimard, NRF, 2019, 20 euros (téléchargeable à 14,99 euros).

Issue d’une famille d’intellectuels et d’artistes iraniens, Parisa Reza est arrivée en France à dix-sept ans, peu avant la révolution islamique de 1979. À travers trois romans, écrits d’une plume légère sous forme de saga, elle nous offre un aperçu vivant des transformations sociales et politiques de son pays d’origine. Chacun d’entre eux donne envie de se plonger plus profondément dans cette histoire riche et pleine de contradictions.

Les jardins de consolation trace le parcours d’un couple de paysans qui débarque dans la région de Téhéran pour échapper à l’arriération des lointaines campagnes. On est alors en 1920, la république socialiste du Gilan est en train d’être écrasée au nord et un nouveau Shah s’empare du trône. Ce dernier aspire à réformer le pays pour en faire un État capitaliste moderne. Une transformation dont notre famille paysanne sera le témoin direct. Leur enfant, Bahram, pourra aller à l’école, avant de s’éveiller comme tout le pays à la politique, s’enthousiasmant pour le nationaliste Mossadegh… jusqu’à ce que survienne le coup d’État en 1953.

Parade à Persépolis en octobre 1971 pour le 2 500e anniversaire de l’empire perse célébré en grande pompe par le shah Mohammed Reza Pahlavi

Le parfum de l’innocence se déroule dans les années 1970. Bahram est devenu professeur d’université. Blasé par le rétablissement de la dictature, il a tourné le dos à la politique et élève seul sa fille, Elham. La mère de celle-ci, fille d’un aristocrate communiste, est partie depuis de longues années se soigner en Suisse… à ce qu’on lui a dit. Angoissée par cette fuite maternelle aux allures énigmatiques (qui ajoute un léger suspens au récit), Elham plonge dans les contradictions d’un amour pour un élève-officier, fils de général et monarchiste convaincu. L’autrice laisse ainsi transparaître les divisions internes de la bourgeoisie iranienne entre une intelligentsia démocrate écartée de toute responsabilité et les partisans d’une modernisation aux allures grandiloquentes sous la poigne du Shah.

Révolutionnaires constitutionnalistes à Tabriz, province d’Azerbaïdjan oriental (Iran)

Les confessions d’un anarchiste est sans doute le meilleur des trois. Écrit comme un journal intime, il nous ramène en 1908, au cœur d’une ville assiégée, Tabriz, dernière place forte de la révolution constitutionnaliste. Le Shah a bombardé le parlement et s’efforce à mettre fin à cette révolution démocratique. Le narrateur, un anarchiste français en exil, nous entraine à la suite d’un prince communiste (en Perse les princes sont nombreux). On y découvre un peuple qui s’éveille aux idées politiques, celles des Lumières, mais aussi aux idées communistes apportées par les sociaux-démocrates russes, des voisins qui ont vécu une expérience révolutionnaire analogue en 1905. Une belle manière de découvrir cet épisode méconnu de la lutte des classes.

Maurice Spirz

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