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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 75, avril-mai 2011 > DOSSIER : Le nucléaire en question

DOSSIER : Le nucléaire en question

Tepco : une longue tradition de mensonges et d’opacité

Mis en ligne le 22 avril 2011 Convergences Société

En 2002, la Tokyo Electric Power Company (Tepco) – premier producteur privé d’électricité au monde – avait été publiquement épinglée pour avoir falsifié pendant des années des rapports de sécurité relatifs à treize réacteurs nucléaires, rapports destinés à la Nisa, équivalent japonais de l’Autorité de Sûreté Nucléaire française [1]. Ces falsifications concernaient notamment des dommages relevés sur la cuve de deux réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi.

Le scandale avait conduit à la fermeture provisoire des réacteurs exploités par Tepco et à la démission des dirigeants de l’entreprise, parmi lesquels le président du Conseil d’administration… par ailleurs président du comité d’éthique de la principale fédération patronale, la Japan Business Federation ! [2]

Ayant bénéficié de la complaisance de la Nisa, Tepco n’avait guère de raison de s’amender. En 2007, un important séisme – déjà – endommage la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (la plus grande centrale nucléaire au monde). On apprit à cette occasion qu’il n’y avait eu sur place que quatre employés pour lutter contre un incendie de transformateur, finalement éteint par les pompiers arrivés une heure et demie plus tard. Et que Tepco avait tardé à informer les autorités des rejets en mer d’eau con­ta­mi­née ! [3]

Depuis, la compagnie jurait « a­voir tiré les leçons » de cet accident. Cela n’a pas empêché Tepco de continuer à négliger les contrôles de sûreté de ses installations, comme elle le faisait depuis dix ans… et jusqu’en février 2011. Pas plus que d’entreposer en piscine trois fois plus de combustible nucléaire usé qu’autorisé.

Tout continuera-t-il comme avant pour Tepco ? Pour l’heure, en tout cas, son action a fait un bond de 11,5 % à la Bourse de Tokyo après qu’un quotidien japonais eut rapporté que sa responsabilité financière dans la crise nucléaire pourrait être plafonnée entre 2 000 et 3 000 milliards de yens (entre 24 et 25 milliards de dollars). [4]

Sylvain MONTEL


[1« Safety Problems at Japanese Reactors Begin to Erode Public’s Faith in Nuclear Power » – H. French, The New-York Times, 16 septembre 2002

[2« Tepco et ses actionnaires » – Le Monde diplomatique, avril 2011.

[3« Damaged Japanese nuclear plant ‘may sit on fault line’ » – The Guardian, 18 juillet 2007.

[4Newsletter du Monde, 15 avril 2011.

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Numéro 75, avril-mai 2011

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