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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 69, mai-juin 2010

Editorial

Sauvons-nous nous-mêmes

Mis en ligne le 29 mai 2010 Convergences Monde

Le dimanche 2 mai, il fallait sauver la Grèce… En étranglant les Grecs. Cent dix milliards de prêts étaient mis sur la table par les pays de la zone euro et le FMI pour rassurer les spéculateurs qui avaient fait flamber les taux d’intérêts de la dette grecque. En échange, le gouvernement grec s’engageait à imposer un plan d’austérité draconien à la population pauvre, pour être en mesure de verser aux banquiers leur rançon.

Le dimanche 9 mai, il fallait sauver l’euro… L’accord était conclu in extremis entre les dirigeants européens, après quelques coups de fil pressants d’Obama, à 2 heures du matin heure de Bruxelles. Il fallait donner des centaines de milliards de plus en pâture à ce monstre – « Le Marché » – qui menaçait de bouffer l’euro après avoir croqué la dette grecque. Car qui sait s’il n’allait pas dévaster la Bourse de Tokyo à son ouverture ? 750 milliards d’euros étaient alignés cette fois, 500 de l’Europe et 250 du FMI.

On l’a échappé belle, a dit la ministre de l’économie Christine Lagarde.

Mais qui, « on » ?

Les banquiers, peut-être.

Le 10 mai au matin, les cotes de la bourse remontaient, les banques retrouvaient « les milliards d’euros de capitalisation récemment évanouis » (Le Monde du 12 mai). Et, outre les 750 milliards d’euros de prêts consentis aux États en difficulté de paiement, la Banque centrale européenne (BCE) s’engageait, sur demande de 47 banques européennes, à racheter les titres de dettes publiques et privées des pays fragilisés. En clair, la BCE leur reprenait ces titres « pourris » qui plombent leurs bilans. Pour quel résultat, personne ne le sait car, en fin de semaine déjà, les bourses européennes rechutaient !

La seule certitude, c’est le branle-bas de combat d’austérité organisé partout contre les travailleurs, non seulement en Grèce mais dans toute l’Europe.

Dès le mercredi 12 mai, le gouvernement espagnol du socialiste Zapatero décidait un durcissement du plan de rigueur annoncé en janvier avec, notamment, une baisse de 5 % des salaires des fonctionnaires, la suppression de la réévaluation des retraites en fonction des prix et la suppression d’un certain nombre d’aides sociales.

Le 13 mai, c’était au tour du gouvernement portugais d’annoncer des mesures s’ajoutant à celles déjà programmées en mars dont, notamment une hausse des impôts sur le revenu de 1 % à 1,5 % et une hausse de la TVA de 1 %. Pour donner le bon exemple, socialisme oblige, il proposait une baisse de 5 % des salaires des hauts cadres de la fonction publique, des députés et des ministres.

Ce sur quoi, illico presto, Luc Chatel, au nom du gouvernement français, affirmait qu’il n’était pas question de ça chez nous ! Mais de tout le reste, contre les travailleurs : réductions d’effectifs dans la fonction publique ou les hôpitaux, amputation à venir des retraites, économies sur les services sociaux et les handicapés ! Et tout ce qu’on ne nous a pas encore annoncé.

Ces politiques baisseront le niveau de vie et donc la consommation, accroîtront le chômage. Qu’importe aux capitalistes que la consommation baisse et que la production recule, pourvu que la masse salariale baisse plus vite que la production… et que la courbe des bénéfices monte !

La seule relance qui pourrait changer le cours de choses, c’est celle des réactions et des luttes des travailleurs et des peuples. Et surtout leur jonction. Autant de plans d’austérité qui s’abattent les uns après les autres, autant de flambées de colère qui s’organisent et s’épaulent ! Œil pour œil, dent pour dent ! Face à une révolte des classes populaires d’Europe, qui ne respecteraient plus ni les banques ni les bourses ni les secrets commerciaux ni les droits de propriété, et qui fortes de leur mobilisation générale iraient fourrer leur nez dans les comptes des entreprises et des États, le monstre du Marché deviendrait tigre en papier !

16 mai 2010

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Numéro 69, mai-juin 2010

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