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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 7, janvier-février 2000

SNCF qui pleure, SNCF qui rit ?

Mis en ligne le 1er février 2000 Convergences Entreprises

A la SNCF, les discussions d’application, prévue en 2000, de l’accord 35 heures signé par la CGT et la CFDT au printemps dernier touchent à leur fin. La majorité des CHSCT (Comité Hygiène et Sécurité), seule instance de base consultée, a approuvé cette mise en place, même si c’est la plupart du temps avec des formules plus que réservées.

Ça roule pour la SNCF...

Les dirigeants SNCF, eux, se disent satisfaits à tous points de vue : la SNCF va bien et les principaux syndicats dialoguent comme elle en rêve ou à peu près.

Est-ce bien la même entreprise qui pleurait un déficit chronique, qui faisait campagne en 1999 pour des mesures d’économies draconiennes sur les salaires et les effectifs et qui, coup sur coup, annonce le rachat d’un réseau de transport urbain routier (Via GTI), une participation à 45 % dans une société suisse de wagons spécialisés, se place pour le rachat des chemins de fer polonais (on croirait un film de série B !), privatise le SERNAM et annonce des bénéfices ?

En réalité la SNCF voit son trafic et ses recettes augmenter depuis des années. Le trafic marchandise a redécollé depuis quelques années et le trafic voyageur est en hausse constante. L’argent s’accumule dans les caisses et la SNCF annonce des bénéfices en 1999. Mais en 1995 on comptait 180 000 cheminots et en 1998 173 000. Et l’accord 35h doit apporter son lot de productivité supplémentaire.

Dans bien des catégories, cette réduction du temps de travail se traduisant par des repos supplémentaires, il faudra bien combler les trous. Or les 22 500 embauches annoncées sur trois ans ne feront que combler les départs en retraite (19 500) et couvrir des activités croissantes.

...Moins bien pour les cheminots

Ces derniers mois de discussions avec les représentants des syndicats signataires, dans tous les chantiers, visaient donc à trouver la formule qui permette de faire travailler plus en moins de temps (flexibilité).

Bien des cheminots des secteurs déjà en 3X8 considèrent que le régime de travail qui leur est proposé actuellement est une amélioration avec plus de repos, même s’ils restent inquiets sur les conditions de son application et surtout sur les effectifs nécessaires. Par contre aux ateliers et à l’Equipement (entretien des installations) des baisses d’effectifs sont déjà annoncées ainsi que le développement du travail de nuit, en 2X8 et 3X8.

Et pour les agents de conduite, qui ont été les principaux acteurs de la grève de ce printemps contre le projet d’accord, les mesures déjà en application, se traduisent généralement par un allongement de la durée moyenne journalière de travail !

La CGT et la CFDT, signataires, ont participé à toutes les discussions, ont défendu l’accord nationalement et localement, même si, à la base c’était loin d’être l’unanimité parmi leurs militants que l’on a souvent vus à l’initiative des grèves. Car bien que cela ne se soit pas toujours vu ou su, il y a eu de très nombreuses grèves, le plus souvent très localisées. Les autres syndicats, particulièrement SUD et la FGAAC (agents de conduite autonomes) ont pris position contre l’accord, sans pour autant proposer de lutte, voire même parfois en refusant de se joindre à celles qui ont eu lieu.

Divisions donc, qui se cristallisent d’autant plus que les élections professionnelles approchent (mars 2000).

Les cheminots à la base, malgré la complexité de la situation, ne sont pourtant pas restés passifs. Même si certains attendent de voir l’application concrète, d’autres sont déjà convaincus qu’il faudra intervenir pour empêcher les mauvais coups annoncés. Si c’est le cas, les questions des embauches et des salaires devront être au centre des revendications puisqu’elles sont au cœur de tous les problèmes.

Le 6 janvier 2000

Bertrand LEPAGE

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