Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 7, janvier-février 2000 > DOSSIER : A la veille du XXXe congrès : où va le PCF ?

DOSSIER : A la veille du XXXe congrès : où va le PCF ?

Les rapports CGT-PCF

Mis en ligne le 1er février 2000 Convergences Politique

Une touchante unanimité s’est faite autour de la prétendue indépendance de la CGT à l’égard du PCF à l’occasion de la manifestation du 16 octobre. De Robert Hue à Bernard Thibault en passant par les médias, tout le monde s’est félicité de ce tournant. Certes, la CGT n’appelle plus (depuis peu !) à voter pour les candidats communistes censés porter naturellement les revendications de la confédération lors des élections. Mais peut-on parler pour autant d’indépendance ?

En tout cas pas d’une indépendance à l’égard de la politique de la gauche plurielle au gouvernement. Ce gouvernement mène une politique cohérente d’adaptation de l’ensemble de la société aux besoins du capitalisme, une politique de privatisation et de déréglementation qui remet en cause les principaux acquis ouvriers. Et la principale centrale syndicale du pays reste l’arme au pied, refuse toute perspective de mobilisation d’ensemble. L’exemple de la Loi Aubry est particulièrement frappant. Voilà une loi qui permet aux patrons de généraliser la flexibilité, d’imposer le calcul annuel des heures de travail et la CGT se contente de dire que « ce n’est pas la loi de la CGT » mais que « elle sera ce que les salariés en feront dans les entreprises ». La CGT découvre avec éclat les vertus de la négociation. Dans les faits, depuis longtemps déjà, des syndicats, faute de riposte d’ensemble, se sont sentis contraints de signer tel ou tel accord mais cela se faisait de manière plus au moins honteuse. La confédération épouse ainsi la politique du gouvernement de faire passer l’essentiel par les accords de branche et d’entreprise.

Ce qui change… et ce qui continue

La CGT n’est plus en tant que telle la courroie de transmission du PCF qui, avec l’effondrement du stalinisme, n’a pas résolu le problème de la place d’une stratégie réformiste distincte de celle de la social-démocratie. En revanche, sa direction la conduit de plus en plus à assumer le rôle imparti aux organisations syndicales, celui d’un accompagnement social de la déréglementation. C’est le sens de l’adhésion de la CGT à la Confédération Européenne des Syndicats (CES) comme du rapprochement avec la CFDT.

Bernard Thibault qui comme ses prédécesseurs à la tête de la CGT est membre de la direction du PCF, est un proche de Robert Hue. Le 16 octobre, Robert Hue voulait une manifestation réussie mais d’une ampleur compatible avec le vote de la loi Aubry par les députés communistes trois jours plus tard. En l’absence de toute autre riposte de dimension nationale, l’investissement de la CGT et avec elle la mobilisation de tout ce que le mouvement syndical et associatif compte de combatif aurait assuré à cette initiative un succès autrement plus important, peut-être une dynamique antigouvernementale. En n’appelant pas à la manifestation, la direction confédérale, comme celle des autres confédérations, a fait exactement ce dont la direction du PCF avait besoin.

Dans les syndicats, voire dans les unions départementales ou locales, nombreux sont les militants et militantes, qu’ils aient encore ou non leur carte au PCF, qui prennent des distances avec l’orientation de ce parti. Ecœurés par la politique de leur parti, désorientés par les bouleversements internationaux ou découragés par les reculs électoraux, ils ont souvent préféré s’investir dans le travail syndical. Parmi eux, beaucoup manifestent une indépendance réelle et sont très critiques à l’égard de la politique du PCF tout en restant attachés à la défense des intérêts de classe des travailleurs et des chômeurs.

L’enjeu est de construire avec eux une véritable alternative au cours actuel de la CGT. Leur détachement du Parti communiste peut les rendre plus disponibles à une élaboration indépendante, dans le cadre d’une réelle démocratie syndicale, avec d’autres militants y compris des militants plus proches de l’extrême gauche sans exclusive ni a priori. La question, certes moins médiatique que les relations Thibault-Hue, mais combien plus importante pour les travailleurs est celle de la construction d’un outil syndical de lutte, respectueux de la démocratie ouvrière et totalement indépendant des patrons et du gouvernement.

Le 4 janvier 2000

Frida FUEGO

Mots-clés : |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article