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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 7, janvier-février 2000 > DOSSIER : A la veille du XXXe congrès : où va le PCF ?

DOSSIER : A la veille du XXXe congrès : où va le PCF ?

En Allemagne, le PDS : un parti réformiste relégué dans l’opposition

Mis en ligne le 1er février 2000 Convergences Monde

Les médias présentent le PDS (Parti du socialisme démocratique) comme l’héritier de l’ancien parti stalinien est-allemand, le SED (Parti socialiste unifié), regroupant principalement des vieux bureaucrates nostalgiques de la RDA. Mais ce n’est pas la réalité. La plupart des anciens cadres du SED ont depuis longtemps quitté le PDS. Ils sont à la retraite ou reconvertis dans les affaires. S’ils continuent à militer, c’est dans le SPD ou la CDU. Depuis le second congrès en janvier 1992, la direction ne compte plus qu’un seul dirigeant du SED, Hans Modrow, ancien secrétaire à Dresde et « Gorbatchov allemand » des années 80. Les responsables actuels n’eurent pas de responsabilités politiques a 1’époque du SED et sont des « réformateurs » comme Gregor Gysi et Lothar Bisky.

Le SED avait environ 2,6 millions d’adhérents dans les années 70, pour 17 millions d’habitants en RDA. Il était utile d’y adhérer, pour des raisons « professionnelles ». Par la suite, l’appartenance devint un handicap. Lors du congrès de décembre 1989 où il se transforma en SED-PDS, il avait encore 284 000 adhérents.

Aujourd’hui il en regroupe 98 000, dont 95 000 sur 1’ancien territoire de la RDA et 3 000 à 1’Ouest. Malgré cette chute spectaculaire, et son inexistance à l’Ouest, il reste la principale force politique à 1’Est avec une base sociale importante.

Les résultats électoraux confirment la réalité militante. Lors des élections de 1990, quelques mois avant la disparition de la RDA, le PDS avait obtenu 14,4% des voix. En 1994, il obtient 19,8% aux législatives et en 1998, 21,7%, toujours sur 1’ancien territoire de la RDA, à Berlin-Est environ 40%. A 1’Ouest il n’a pu dépasser les 1 %, sauf dans quelques villes comme Hambourg et Francfort.

Même le quotidien de droite, la Frankfurter Allgemeine Zeitung, doit avouer que « tous les pronostics selon lesquels le chapitre PDS n’allait pas tarder à se refermer, parce que ses membres, très âgés, issus du SED allaient disparaître et que les électeurs de l’Est se détourneraient de ce parti, ce sont révélés faux ». La raison en est très simple.

La débâcle de 1’unification

Dix ans après la chute du mur de Berlin il n’y a pas d’uniformisation des conditions économiques et sociales. Le chômage à 1’Est se situe à 20%, 10,5% à 1’Ouest. Les femmes qui exerçaient une activité professionnelle à 91% en sont les premières victimes : entre 1991 et 1997 leur taux de chômage est passé de 12,3% à 25,7%. L’exode de la population continue.

Les Allemands de l’Est pensent que la situation à l’Est s’est considérablement détériorée depuis 89-90 et que cela continuera. L’inégalité des chances dans la vie professionnelle, les salaires moins élevés, et avant tout le chômage suscitent angoisse, désespoir et révolte. De surcroît, ils craignent que les transferts financiers de 1’Ouest à 1’Est ne faiblissent.

Aujourd’hui une large majorité est déçue de l’unification et la nostalgie pour l’ancien régime est beaucoup plus forte qu’il y a dix ans. C’est sur la base de ce sentiment d’être des « citoyens de seconde classe » que le PDS a pu se renforcer électoralement.

Le projet politique

Dans le programme adopté en 1989 le PDS se revendique de Marx, Engels, Lénine et Luxemburg, mais également de Kautsky, Bernstein et Bebel. C’est un programme éclectique qui se prononce pour le « dépassement du capitalisme et une autre société (le socialisme libéral) » et qui soutient en même temps « 1’economie de marché et les formes multiples de la propriété des moyens de production ». Lors des législatives de 1994 – sous un gouvernement de droite - il se positionnait encore pour une « opposition contre l’austérité ». Mais depuis la formation du gouvernement Schröder il est beaucoup plus timoré dans sa critique de la politique gouvernementale. Dans deux « Länder » en Allemagne de 1’Est, en Mecklenbourg-Pomeranie-occidentale et en Saxe-Anhalt il participe à une coalition gouvernementale avec le SPD.

La direction du PDS souhaite participer un jour à un gouvernement national avec les Verts et le SPD, tout en maintenant un profil « gauche » et de défense de « 1’identité est-allemande ». Même si la formation d’un tel gouvernement n’est nullement à 1’ordre du jour et même très improbable pour les années à venir, cette perspective ne constitue pas une politique qui permettrait aux travailleurs allemands d’imposer leurs intérêts de classe.

Le 5 janvier 2000, Marc DORMOY

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