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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 7, janvier-février 2000

Editorial

Vive le bogue social pour l’an 2000 !

Mis en ligne le 1er février 2000 Convergences Politique

L’an 2000 s’annonce sous de bons augures nous dit-on. La croissance en 1999 aura été plus forte que prévu. Les affaires marchent bien et les bénéfices des entreprises sont florissants. La Bourse, à quelques cahots près, a permis en un an aux actionnaires de grossir leur fortune de plus 50 %, en dormant. Jospin et Chirac en dépit de quelques affaires sont toujours bien placés dans les sondages. Les politiciens de tous bords peuvent vaquer à leur occupation favorite, la préparation des municipales de 2001, voire des présidentielles ou des législatives de 2002.

Jospin promet le plein emploi… dans dix ans. Et chaque mois, quand tombent les chiffres du chômage, le gouvernement se réjouit bruyamment de la moindre baisse. Même s’il reste officiellement encore plus de 10 % de sans-emplois. Il se fait toutefois plus discret sur l’augmentation de la précarité des emplois créés, comme sur ses tours de passe-passe éliminant des statistiques un certain nombre de chômeurs bien réels.

En attendant, l’application de la loi dite des 35 heures se poursuit, imposant la flexibilité des horaires, l’intensification du travail, réduisant ou bloquant les salaires. Le budget de la santé pour l’an 2000 consacre la politique de restrictions qui pèsera particulièrement sur la population la plus défavorisée. Même s’il n’y a plus de « trou » de la sécurité sociale, puisqu’un excédent de 2 milliards est prévu pour cette année. Les retraites sont la prochaine cible et le gouvernement n’en finit pas de consulter pour trouver la meilleure façon de faire passer un nouveau sale coup aux moindres frais. Et les suppressions d’emplois continuent d’assurer la montée des profits.

Ce n’est donc pas parce que la « conjoncture » est bonne pour les patrons que les affaires du monde du travail vont s’améliorer.

Le début d’application des lois sur les prétendues 35 heures a provoqué des mouvements de résistance dans de nombreuses entreprises. Et avec l’avènement de la seconde loi en ce début d’année, ceux-ci ont toutes les raisons de se multiplier. Les restrictions sur le budget de la santé ont réveillé un mouvement dans les hôpitaux qui pourrait n’en être qu’à ses débuts. La volonté gouvernementale de taper dans tous les budgets des services publics et de réduire leurs effectifs se traduit ici ou là par des protestations, des débrayages, voire des grèves ou des manifestations. Ces réactions restent cependant éparpillées et n’ont pas eu jusque-là le pouvoir d’empêcher réellement les patrons de marquer des points et d’imposer des conditions plus défavorables aux travailleurs.

Les directions syndicales, les partis de la gauche gouvernementale, se satisfont de cette division. Ils ne cherchent pas réellement à unifier les luttes des travailleurs, ils font au contraire de leur mieux pour aider ce gouvernement à faire passer sa politique.

Pour inverser le courant, une riposte d’ensemble des travailleurs est toujours nécessaire. Les militants d’extrême gauche, ceux de Lutte Ouvrière et de la Ligue Communiste Révolutionnaire, doivent jouer leur rôle pour aider à la généralisation des luttes et assurer le contrôle de celles-ci par les travailleurs eux-mêmes.

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