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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 7, janvier-février 2000 > DOSSIER : A la veille du XXXe congrès : où va le PCF ?

DOSSIER : A la veille du XXXe congrès : où va le PCF ?

En Italie, le PRC : la roue de secours des gouvernements de gauche

Mis en ligne le 1er février 2000 Convergences Monde

L’Italie est le seul pays d’Europe de l’ouest à avoir connu une scission importante au sein du parti communiste. Le PCI avait toujours eu une place prépondérante dans un pays où la social-démocratie était très marginale. Dans les années 70, il avait poussé très loin la prise de distance avec l’URSS et décida au début des années 90 de parachever sa mutation en prenant le nom de Parti démocratique de la gauche (PDS).

Une partie de l’appareil et de la base refusa cette évolution, et scissionna pour créer le PPC (Parti de la refondation communiste) qui attira rapidement à lui l’essentiel de l’extrême gauche italienne, notamment Democrazia proletaria, une grande organisation des années 70. Deux courants trotskistes sont présents dans le PRC : Bandiera Rossa regroupant les militants de la IVe Internationale-SU et Proposta issu d’une scission de Bandiera Rossa en 93. Dans les années 90, le PRC a régulièrement recueilli de 3 à 10% des voix aux élections, et revendique 120 000 adhérents.

Il n’a cessé de jouer de l’ambiguïté entre deux orientations : l’une classique d’alliance avec la gauche traditionnelle pour l’avènement d’un gouvernement d’union de la gauche, l’autre de mise en avant des mobilisations ouvrières et de combat anticapitaliste.

En pratique, la perspective était l’alliance avec le PDS face à la Démocratie chrétienne (DC) puis à Berlusconi. Ainsi en 96, se construisit une alliance de centre gauche autour de Romano Prodi, transfuge de la DC. Autour se rassemblaient un petit morceau de la DC, les Verts, les restes du PS, et surtout le PDS, qui avec 20% des voix aux élections était l’axe fort de cette coalition appelée « l’Olivier ». Le PRC fit campagne commune avec « l’Olivier » et l’appoint de ses élus permit à Prodi de former son gouvernement. De 96 à 98, Prodi mena une politique d’austérité conforme à l’insertion dans l’UE et aux principaux objectifs capitalistes. Néanmoins, même en renâclant et en provoquant de mini-crises, le PRC lui apporta son soutien lorsque cela était nécessaire. Ce ne fut qu’en octobre 98 que la majorité de la direction, à une voix près, retira ce soutien, entraînant la chute de Prodi et la constitution du gouvernement mené par le dirigeant du PDS D’Alema. Cette décision provoqua une scission du parti : la majorité des élus au Parlement et un peu moins d’un cinquième des adhérents quittèrent le PRC, emmenés par Cossuta, autrefois très lié à la bureaucratie soviétique.

Depuis, Bertinotti, principal dirigeant du PRC, prône une alliance de centre gauche, dans la suite de la ligne antérieure du parti. Son exemple était jusqu’à ce jour... le gouvernement Jospin. Lorsqu’on écarte certains aspects radicaux de ses discours, ses propositions se résument à une politique néo-keynésienne.

Le PRC a une réelle base parmi les travailleurs et les militants syndicalistes combatifs. Régulièrement, autour de 20% de ses adhérents votent dans les congrès pour les plateformes anticapitalistes proposées par les courants d’extrême gauche. Mais au total, depuis sa création, il a été incapable de proposer une réelle alternative au réformisme, et la plupart de ses dirigeants ne poursuivent pas ce but.

Le 8 janvier 2000, Laurent CARASSO

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