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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 66, novembre-décembre 2009 > DISCUSSION

DISCUSSION

Quelle politique mener contre la privatisation mais aussi contre les restructurations et suppressions d’emplois à La Poste ?

Mis en ligne le 30 novembre 2009 Convergences Politique

Ce texte a été soumis à la discussion du NPA pour le Conseil Politique National des 7 et 8 novembre derniers.


Il y a un peu plus d’un an, une grève nationale d’une journée contre la privatisation de La Poste avait été suivie par 37 % des postiers, puis celle du 22 septembre 2009, à l’appel de toutes les organisations syndicales, a compté 40 % de grévistes. Le 3 octobre dernier, le nombre de participants à la « votation citoyenne » a dépassé les deux millions.

Mais il est évident qu’il faut engager un rapport de force d’une autre ampleur pour imposer le retrait pur et simple du projet. Quelle stratégie adopter face aux nombreux écueils qui se présentent ?

Premier écueil, les luttes que mènent depuis des années les postiers contre les suppressions d’emplois à marche forcée (plus de 40 000 depuis 2002) restent dispersées. Les fédérations syndicales, CGT en tête, de loin le syndicat le plus puissant à La Poste au niveau national, n’ont pas mené, sans grande surprise, une politique de coordination et d’extension de ces grèves, y compris en janvier 2001, au moment où cela aurait été possible, avec plus de mille sites en grève sur toute la France.

Aujourd’hui ces mêmes fédérations se sont entendues sur un axe minimal lors d’une rencontre le 14 octobre : lancer une pétition à faire signer dans les services, remettant à la mi-novembre la décision d’un nouveau mouvement sans donner plus de précisions. La CGT met en avant le mot d’ordre « Ni privatisation ni statu quo », laissant ainsi entendre que la garantie d’un financement 100 % public pourrait contenter ses instances…Rien à attendre donc de son côté pour ce qui est de la préparation d’une véritable offensive.

Pour ce qui est du Comité national, sa politique consiste à mener une bataille pour gagner l’opinion à la défense de ce service public, dernier visé dans la longue liste de privatisations menées tant par les gouvernements de gauche que de droite. L’objectif du Comité est de s’adresser prioritairement aux usagers, préoccupation légitime. Cependant si l’objectif n’est pas contradictoire en parole avec la nécessité de militer pour un mouvement offensif des postiers qui ébranle la direction du groupe et le gouvernement, il le devient de fait s’il constitue le principal axe d’intervention. Pour les différents partis de gauche, dont le PS, cette campagne est surtout une occasion de se redorer le blason à bon compte. La politique du NPA et des révolutionnaires plus largement, y compris dans le cadre d’un front unique comme celui que constitue le Comité contre la privatisation, ne doit pas dévier de son objectif principal : contribuer, même avec leurs faibles forces, à populariser et à construire un mouvement où les travailleurs prennent les devants, deviennent eux-mêmes l’arme principale d’une lutte qui dépasse, il est vrai, les postiers eux-mêmes. Les salariés de France Télécom, ceux des services publics eux aussi dans la tourmente des suppressions d’emplois, plus largement ceux des entreprises privées confrontés à des plans de licenciement, constituent d’ailleurs une grande partie de ces « usagers », qui récusent le projet de privatisation de La Poste et se sont exprimés lors de la votation du 3 octobre.

Un référendum ?

Pour le NPA, se rallier au mot d’ordre d’appel à un referendum sous prétexte de ne pas fissurer le front constitué, c’est emmener les travailleurs sur une voie de garage. Ce referendum, qui n’aura jamais lieu, serait-il un objectif pour appeler largement à une manifestation nationale, ainsi que titre le TEAN du 8 octobre ? Mettre en avant la voie du referendum, qui véhicule des illusions institutionnelles, permet de contourner les perspectives de lutte sur un terrain de classe. Loin de constituer un « levier » pour impulser une grève des postiers, il nous détourne d’une adresse claire et franche aux travailleurs. D’autre part, le sort de ceux-ci ne peut être décidé par voie référendaire dans un système où les institutions sont détenues par la bourgeoisie. En 1995, c’est par la voie de la grève que l’opinion avait été gagnée à la cause des cheminots. La même chose s’est vérifiée aujourd’hui pour les travailleurs de Continental et d’autres entreprises en lutte.

Le NPA doit donc défendre clairement la perspective d’une grève massive des postiers, avec le soutien actif des usagers, voire des travailleurs d’autres secteurs. Populariser un tel axe, c’est se placer sur le seul terrain qui peut changer le rapport de force.

Maria, comité NPA Paris XIe, pour la Fraction l’Étincelle de LO

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