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Archives > Convergences révolutionnaires > Numéro 130, janvier-février 2020 > La grève de 2019-2020 > Les grévistes en action

La grève de 2019-2020

Les grévistes en action

Ce 30 décembre, à Schwindratzheim (Bas-Rhin)

Pour la caisse de grève et la visibilité, c’est réussi !

Mis en ligne le 21 janvier 2020 Convergences Politique

Arrivée à 6h45 sur le parking du péage. La température est glaciale mais la centaine de gilets fluorescents qui illumine le parking réchauffe franchement l’ambiance : gilets oranges des cheminots, qui en sont à leur 26e jour de grève, gilets jaunes, et même quelques enseignants et étudiants, tous réunis pour une opération « péage gratuit ».

Ce sont les Gilets jaunes qui ont proposé cette idée aux cheminots. Ils se sont vite entendus. Ni les uns ni les autres n’avaient envie de respecter cette trêve à laquelle les confédérations appelaient toutes à leur manière. Pas question d’attendre gentiment le 9 janvier. Les cheminots s’étaient donné les moyens de continuer la grève même avec une intersyndicale en vacances. En discutant quotidiennement en assemblée générale et en élisant, dès le 5 décembre, un comité de grève, ils ont fait vivre concrètement le slogan « la grève aux grévistes ».

« Si on est là aujourd’hui, c’est pour montrer que chez nous, ça tient ! » comme le résume un gréviste du technicentre Alsace. Pour rester visibles donc, en dépit de l’épais brouillard, inviter des travailleurs d’autres secteurs à la manifestation du 9 janvier et remplir la caisse de grève.

On se déploie. Les gendarmes refusent que les barrières soient levées, mais ils ne peuvent pas être partout. Le mot d’ordre pour aujourd’hui : « les cheminots ne vous bloquent pas, ils vous ouvrent la voie ! » Les voitures s’arrêtent, le tract circule. « Public-privé même combat » en gros caractères, l’appel à la manifestation du 9 janvier, et la signature du comité de grève cheminot. Des routiers klaxonnent, certains s’arrêtent et commencent à discuter. « On est avec vous les gars, mais pour nous c’est pas possible la grève. Si on le fait, c’est notre permis qui saute. »

De nombreux automobilistes, en fait des travailleurs qui vont au boulot, lâchent des mots d’encouragements. Certains promettent de venir à la manifestation. Et les caisses de soutien à la grève se remplissent petit à petit. Au lieu des 3 euros de péage, ce sont souvent des billets de 10 ou 20 euros qui tombent dans les boîtes métalliques. Après deux heures de levée de barrières, 780 euros ont été récoltés. « C’est quand même 200 euros de plus que la dernière fois [pendant la grève de 2018], ça montre que les gens soutiennent la grève » rappelait un collègue dans la réunion du comité de grève qui a suivi l’action, « c’est aussi que tout le monde se sent concerné ». Ce soutien, les cheminots ont d’ailleurs pu le mesurer chaque fois qu’ils ont rendu visite aux travailleurs d’autres entreprises : même quand ces derniers ne se sentaient pas de les suivre dans la grève, ils se reconnaissaient dans le mouvement.

Des journalistes étaient présents pendant l’opération et elle ouvrira les JT nationaux de France 2 et France 3.

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