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La grève de 2019-2020

Les grévistes en action

Métro parisien

La ligne 11 n’est pas restée sous terre

Mis en ligne le 21 janvier 2020 Convergences Politique

Le 5 décembre, la grève a démarré très fort sur la ligne 11 (Châtelet-Mairie des Lilas), qui avait déjà été complètement fermée le 13 septembre. Ce sont principalement les conducteurs et conductrices de métro qui se sont massivement mis en grève illimitée, avec plus d’une centaine de grévistes sur un effectif total de 120 agents sur la ligne. Les agents d’exploitation, chargés de l’accueil des voyageurs en station, « agents exploités », comme un gréviste aimait à surnommer lui-même sa profession, étaient en grève pour les temps forts.

La 11 est une petite ligne, « familiale » selon la perception des grévistes, où tout le monde se connaît. Les premiers temps de la grève ont été consacrés à la tenue du piquet à la porte des Lilas, dans le but de faire pression sur les non-grévistes qui conduisaient les quelques métros circulant sur la ligne le matin et le soir en heure de pointe. Dans une ambiance plutôt bon enfant, les grévistes brandissaient une gigantesque sucette Chupa Chups et utilisaient le mégaphone qu’ils avaient acheté en se cotisant pour se faire entendre des voyageurs présents. Les slogans alternaient avec la musique de Benny Hill, pour accueillir le directeur de la ligne.

Les manifestations ont permis aux grévistes de rencontrer des soutiens, profs du quartier et membres d’un collectif d’habitants de la place des Fêtes dans le 19e arrondissement. Juste avant les vacances de Noël, une distribution de tracts commune aux grévistes RATP et aux instit’ a été organisée devant les écoles du Pré-Saint-Gervais.

La décision des confédérations syndicales d’appeler à une trêve pour les fêtes et de programmer une nouvelle manifestation pour le 9 janvier a été très mal prise et ce mécontentement s’est exprimé en AG. Le 9 janvier semblait à juste titre très loin, alors que la grève restait massive dans les transports. Les grévistes de la 11 ont donc décidé de rester mobilisés, et de continuer à tenir tous les jours le piquet de grève. La présence de soutiens les a aidés à passer ce cap difficile : à l’occasion de la manifestation du samedi 28 décembre, une banderole a été confectionnée dans le local du collectif Place des Fêtes, qui a ensuite assuré aux grévistes de la 11 une certaine notoriété, avec la fierté de voir leur banderole filmée et en photo dans les médias !

Les déambulations pour aller aux manifestations, le 28 décembre et le 4 janvier, ont permis de faire diffusions de tracts et collectes dans les rues. Au début, les grévistes n’osaient pas tenir les boîtes de collecte, puis ils ont tenu à le faire eux-mêmes, pour discuter, expliquer leur grève, et recueillir de nombreux dons, qui les renforçaient dans l’idée que la grève était soutenue par une bonne partie de la population. À l’image de ce que fait régulièrement la RATP vis-à-vis de ses usagers sur les lignes en travaux comme la 11, grévistes et soutiens ont installé une table de petit déjeuner avec café et croissants devant la station Porte des Lilas, et sont allés à la rencontre des voyageurs.

Ils sont allés également sur le piquet du centre Bus de Lagny, pour soutenir leurs collègues des bus. Une fête de soutien organisée par le collectif Place des Fêtes a permis de manifester le soutien de nombreuses personnes venues à la soirée, et de collecter une somme importante versée à la caisse de grève. Le cap le plus difficile a finalement été celui de la rentrée : quand ils ont constaté que la grève ne s’étendait toujours pas à d’autres secteurs de manière significative, un certain découragement a commencé à s’exprimer. La grève a encore tenu deux semaines, avec une importante participation aux manifestations des 9, 14 et 16 janvier, puis la reprise a été votée le 17, comme à regret, avec le sentiment de ne pas pouvoir faire plus pour le moment, sous la forme de la grève illimitée commencée depuis 44 jours, mais dans l’idée de se remobiliser si d’autres catégories de salariés prenaient enfin le relais dans la lutte.

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