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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 12, novembre-décembre 2000

Porcelaine de Limoges : ça casse !

Mis en ligne le 1er décembre 2000 Convergences Entreprises

Depuis septembre, des conflits sociaux se multiplient dans la région. Contre l’application des 35h dans des bureaux de poste des villes de campagne. Contre la sanction d’un délégué CGT de l’entreprise SVE-ONYX. Contre le blocage des salaires sur 2 ans inclus dans un accord de 35 heures aux usines LEGRAND. Enfin pour des augmentations de salaires.

Dans le bâtiment, les travailleurs du chantier SOCAE et de RAZEL de la Fac de droit se sont mis en grève 10 jours pour demander une prime de 1000 F par mois pour la durée du chantier. Ils ont obtenu 750 F et les jours de grève en partie payés, en partie récupérés.

Sur le chantier de l’autoroute A 89, les travailleurs de GTM se sont mis en grève 7 jours à la suite des hausses de l’essence. Ils ont obtenu une augmentation de 200 F de la prime de transport et 240 F d’indemnité journalière calendaire, au lieu des 225 F qu’ils touchaient. C’était le premier conflit pour la majorité des 150 grévistes et la solidarité les a fortement marqués.

Depuis le 25 octobre, une grève secoue la plus grosse usine de porcelaine de Limoges, Bernardaud, qui réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires à l’exportation, notamment aux USA. Tout a démarré suite à une altercation entre un chef et un ouvrier d’entretien. La goutte d’eau de trop ! A force d’être victimes de mesquineries, brimades, retenues sur salaire sous prétexte de malfaçons, changements de poste avec déqualification, les ouvrières et ouvriers se sont mis en grève. D’abord contre le « harcèlement moral » dont ils sont quotidiennement victimes. Ensuite sur la question des salaires, avoisinant le SMIC pour la majorité d’entre eux, après 10 ou 30 ans de présence.

A une centaine, ils ont accompagné l’ouvrier d’entretien sanctionné au commissariat de police pour porter plainte. Puis ils ont propagé la grève à l’autre site de l’usine, à Oradour, à 20 km de Limoges. Depuis 14 jours, la production est paralysée sur les deux sites.

En 1996, sous la menace de licenciements individuels, la direction avait imposé une baisse de 10 % des salaires. L’effectif est passé de 480 personnes sur les 2 sites à 390 personnes. La production a augmenté de 15 % par an. Les salaires, depuis 4 ans, sont restés les mêmes ! « 42,02 F de l’heure pour 30 ans de maison », dénonce un gréviste. Les grévistes veulent l’arrêt du harcèlement moral, 10 F d’augmentation de l’heure, des semaines de travail de 31 heures mini à 39 heures maxi, contre le projet de la direction d’une fluctuation 28 à 42 heures dans le cadre des 35 heures, avec deux semaines non travaillées.

A ce jour, les grévistes ne cèdent pas. Ils viennent d’être rejoints par une partie du personnel des bureaux.

H.L., le 7 novembre 2000

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