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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 12, novembre-décembre 2000 > DOSSIER : La crise de l’école : le mirage de la démocratisation (...)

DOSSIER : La crise de l’école : le mirage de la démocratisation scolaire

L’école en crise : le mirage de la démocratisation scolaire

Mis en ligne le 1er décembre 2000 Convergences Société

Ces dernières années ont été marquées par des mobilisations sociales d’ampleur sur le terrain de l’éducation. Elles confirment à la fois une exigence sociale en direction de l’école et aussi des capacités de résistance à l’offensive libérale qui, là comme ailleurs, entend imposer de profondes réformes du système éducatif. Elles ont également mis en évidence la réalité d’une crise scolaire que le chômage massif et la crise sociale ont rendu encore plus aiguë, suscitant des attentes légitimes mais parfois illusoires comme celle d’assurer un débouché vers l’emploi.

Or la crise de l’école a des racines plus profondes que le manque de moyens ou le manque de débouchés sur le marché du travail. C’est le mythe de l’école républicaine qui a commencé à prendre du plomb dans l’aile, le mythe d’une prétendue démocratisation de la société grâce à la massification scolaire. Si la massification de l’accès à l’enseignement secondaire, le doublement en une dizaine d’années de la proportion d’une classe d’âge parvenant au baccalauréat, a bien été réelle, elle n’aura pas été synonyme de démocratisation. Malgré la scolarisation accrue, la ségrégation sociale à l’école s’est même renforcée.

L’offensive d’un Allègre, et la politique de Jack Lang n’est guère différente, s’est d’ailleurs appuyée sur ce sentiment d’échec. Car paradoxalement – ou cyniquement – c’est en dénonçant l’hypocrisie de la prétendue « égalité républicaine » que les réponses libérales ont semblé trouver une nouvelle jeunesse : puisque les prétentions de l’école à l’égalité ont fait long feu, autant en tirer les conséquences et mettre en œuvre de façon « moderne et efficace » une politique d’accompagnement des inégalités, une politique ouvertement ségrégative.

C’est donc bien une revendication minimale que d’exiger davantage de moyens pour l’école afin d’assurer à tous la possibilité de faire réellement des études. Mais même ainsi cette école serait encore celle du conformisme social, de la légitimation et de la reproduction (même masquée) des inégalités. C’est son rôle comme son fonctionnement que nous contestons, et pas seulement ses insuffisances.

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