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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 61, janvier-février 2009

Nouvelle assurance-chômage : au bonheur des patrons

Mis en ligne le 10 janvier 2009 Convergences Politique

Ce n’est pas une plaisanterie. Au moment où toutes les prévisions annoncent une augmentation du chômage, où les annonces de licenciements se multiplient ainsi que les « dégraissements » en douce des effectifs des travailleurs précaires, les organisations patronales et les représentants des confédérations syndicales, après moult concertations et réunions autour du tapis vert, ont pondu avant Noël un texte d’accord qui va permettre aux employeurs de rafler à l’avenir l’essentiel des excédents des caisses de l’Unedic, sous la forme d’un abaissement des cotisations chômage. Comme le réclamait le Medef.

Moins de cotisations chômage… surtout pour les patrons

Tous les six mois, à partir de juillet prochain, la partie de l’excédent semestriel dépassant les 500 millions d’euros sera convertie en réduction des cotisations chômage (62,5 % pour la part patronale, 37,5 % pour la part salariale), plafonnée à 0,5 % par an.

Ces caisses de l’assurance-chômage sont actuellement excédentaires… puisque moins d’un chômeur sur deux est indemnisé, en vertu de précédentes règles qui ont, au fil d’accords successifs, restreint les durées d’indemnisation, aggravé et multiplié les motifs de radiation des listes, privant de plus en plus de chômeurs de couverture.

Cynisme oblige, cet accord – pour être validé, il devra être signé par au moins une centrale syndicale en janvier, la CFDT ayant déjà annoncé qu’elle signerait si elle n’était pas toute seule – est présenté comme une amélioration pour les chômeurs.

L’enrobage

Il faudra, il est vrai, avoir travaillé quatre mois au lieu de six actuellement pour pouvoir être indemnisé.

Avec un bémol, car les mêmes ne pourront ouvrir de nouveaux droits l’année suivante que s’ils ont travaillé au moins six mois. L’Unedic avance le nombre de 70 000 à 98 000 bénéficiaires potentiels pour cette mesure. Le Medef en annonce 200 000, la CFDT va jusqu’à 300 000… Qui dit mieux ?

Haro sur les plus de 50 ans

Cela, c’est pour faire passer la pilule, mais derrière il y a, avec la simplification des filières ramenées de quatre à une, une mesure pour amener tous les chômeurs à une indemnisation maximale de 24 mois – un mois de plus que le minimum du système actuel – et le principe « un jour travaillé, un jour indemnisé ».

Mesure en apparence favorable pour les nouveaux entrants, mais la durée d’indemnisation va dans le même temps être raccourcie pour d’autres chômeurs, lesquels vont au mieux être virés plus tôt qu’actuellement vers les minima sociaux. Il s’agit en particulier des chômeurs âgés de plus de 50 ans qui pouvaient jusque-là bénéficier d’une indemnisation allant jusqu’à 36 mois dans leur filière. La CGT estime qu’ils seront 900 000 dont la couverture serait ainsi amputée de un à neuf mois !

71 millions d’économies

L’Unedic a estimé qu’au total, entre nouveaux entrants et nouveaux sortants, le régime économiserait 71 millions d’euros.

Donc tout baigne ! Davantage de chômeurs (peut-être 3 millions en France en 2009, et selon l’OCDE, 20 à 25 millions de plus dans le monde d’ici à 2010), moins de dépenses pour l’assurance chômage, moins de cotisations chômage surtout pour les patrons…

Si vous trouvez qu’il y a quelque chose qui cloche, il va falloir secouer tout ça. Par un grand mouvement de tous les travailleurs, salariés et chômeurs.

2 janvier 2009

Louis GUILBERT

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