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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 61, janvier-février 2009

Gaza : Israël, principal obstacle à la paix

Mis en ligne le 10 janvier 2009 Convergences Monde

Des morts par centaines, des blessés par milliers, la destruction massive de maisons, de routes, ou d’écoles, des dizaines de milliers de nouveaux sans-abri : tel est le bilan, qui ne cessera de s’alourdir dans les jours qui viennent de l’opération « plomb durci » lancée par Israël. Pour pilonner les villes et villages de la bande de Gaza l’état sioniste a utilisé les grands moyens : l’aviation, la marine, les tanks, l’infanterie et les armes de toutes sortes.

Et, encore une fois, le prétexte avancé pour justifier cette boucherie était de s’en prendre au « terrorisme » du Hamas, ce parti islamiste qui avait été le grand gagnant des élections législatives palestiniennes de 2006. C’était déjà au nom de la lutte contre le Hamas que l’État d’Israël avait lancé, quelques jours avant la guerre de 2006 contre le Liban, une pluie de bombes sur Gaza, faisant 163 morts palestiniens !

Étouffée par le blocus

Depuis lors, l’étouffement de la bande de Gaza par Israël est continu. Les frontières sont fermées, à peines entrouvertes pour les diplomates et quelques camions d’aide humanitaire. La façade maritime est constamment patrouillée par les vedettes israéliennes, empêchant les pêcheurs de Gaza de se rendre dans leurs zones de pêche. L’aéroport a été détruit en 2000. L’économie s’effondre dans ce qui est devenue une prison géante. Quelques heures d’électricité par jour, manque d’essence, d’eau potable, de médicaments, de tout. Les rares biens qui proviennent de l’extérieur circulent par les tunnels de contrebande et se monnayent au prix fort : bidons d’essence, moutons ou ordinateurs passent ainsi sous la frontière égyptienne (l’Égypte se retrouvant main dans la main avec Israël pour fermer son poste frontière de Rafah avec Gaza). Ces tunnels, par lesquels le Hamas fait aussi transiter des armes, sont également la cible des opérations israéliennes.

Le résultat prévisible a été un accroissement spectaculaire de la pauvreté et du chômage dans cette petite bande de territoire de 360 km2 où s’entassent près de 1,5 million d’habitants.

Quelle trêve ?

Certes, le Hamas a repris ces dernières semaines ses attaques à la roquette artisanale contre le sud d’Israël. Ces roquettes, qui ont fait quatre morts dans la population civile du sud d’Israël depuis le début de l’opération militaire, sont les moyens du pauvre de s’opposer à la première puissance militaire du Moyen-Orient. Une trêve de six mois avait bien été conclue en juin 2008 entre le Hamas et Israël par l’intermédiaire de l’Égypte. Mais qui l’a rompue ? Le 4 novembre 2008, en pleine trêve, l’armée israélienne tuait dans des opérations au sol et aériennes six hommes du Hamas (une « opération ponctuelle » , d’après l’armée). C’est après cette attaque que le Hamas a repris ses lancements de roquettes. Israël avait aussi tacitement accepté un allégement du blocus pendant la trêve : il n’en a rien été, l’armée bloquant même à plusieurs reprises des camions d’aide alimentaire de l’Onu. Peut-on alors vraiment parler d’une trêve ?

60 ans d’oppression

Cette attaque de Tsahal contre la bande de Gaza est un nouvel épisode de la guerre qu’Israël mène contre les Palestiniens. Parmi les plus anciens habitants de Gaza, beaucoup ont été expulsés de leur village en 1948 par les groupes paramilitaires sionistes et ont dû rejoindre un des huit camps de réfugiés que compte Gaza. En 1967, la bande de Gaza a été occupée ainsi que la Cisjordanie à la suite de la guerre des Six Jours. Les accords de 1993 entre l’OLP et Israël n’ont en rien apporté la paix annoncée et rien n’a changé dans la situation des Palestiniens. Certes, en 2005, les colonies israéliennes ont été démantelées à Gaza et les troupes se sont retirées au profit de l’Autorité Palestinienne, remplacées depuis 2007 par les autorités du Hamas. Mais, on le voit, Israël continue à intervenir dans l’enclave. Et en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, la colonisation se poursuit et même s’accélère. Le mur de séparation construit par Israël coupe des villages palestiniens entiers de leurs terres et restreint encore plus les déplacements de la population.

Après 41 années d’occupation, de vexations, d’humiliations, de blocus économique, rien d’étonnant à ce qu’un parti comme le Hamas ait pu emporter l’assentiment populaire. Car le Hamas se présente aujourd’hui comme le champion de la lutte des Palestiniens trahie par le Fatah et l’OLP, qui laissent faire l’occupant.

Ironie de l’histoire, dans les années 1970, pour contrer l’essor et l’influence de l’OLP laïque de Yasser Arafat, c’est l’occupant israélien qui avait favorisé les courants islamistes, ancêtres du Hamas, qui se contentaient alors d’éducation religieuse et d’œuvres caritatives... Mais la créature s’est retournée contre son maître : la colère de la jeunesse palestinienne lors des deux premières Intifadas a incité les Islamistes à s’engager eux aussi dans la lutte contre l’occupant. L’OLP, engluée ces dix dernières années dans une politique de collaboration avec Israël et dans la gestion d’une Autorité Palestinienne largement corrompue, a perdu son crédit au profit du Hamas qui a pu récolter ces dernières années une part de l’amertume immense de la population palestinienne.

Les grandes puissances complices

Israël qui, depuis des décennies s’est rendu coupable de crimes de guerre contre les Palestiniens et a violé systématiquement à peu près toutes les conventions de Genève concernant notamment les prisonniers, les assassinats « ciblés », la prise d’otages et la protection des populations civiles, bénéficie encore une fois du soutien inconditionnel des États-Unis. De façon plus hypocrite, les puissances européennes font de même en renvoyant dos à dos l’oppresseur et l’opprimé et, au mieux, demandent à Israël plus de « mesure », ou des réactions moins « disproportionnées ». Rappelons d’ailleurs que récemment le Conseil des ministres de l’Union européenne a décidé de « rehausser » ses relations diplomatiques avec Israël, en jetant un voile pudique sur les exactions de l’État hébreu non seulement contre les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza mais aussi contre ceux possédant la nationalité israélienne.

Mais, quelle que soit l’issue des opérations militaires, la politique criminelle de l’État sioniste ne fera qu’exacerber un peu plus contre lui la haine des populations arabes de tout le Moyen Orient et, partant, renforcera les courants islamistes, du Hamas au Hezbollah en passant par le Djihad islamique. En ce sens, elle est l’obstacle majeur à tout « processus de paix » dans la région.

4 janvier 2009

Michel CHARVET

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