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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 61, janvier-février 2009

En France : les lycéens mobilisés contre la réforme Darcos… et pour leur avenir !

Mis en ligne le 10 janvier 2009 Convergences Politique

Xavier Darcos affirmait le 10 décembre qu’il n’était pas « ministre de l’hésitation nationale »… pour suspendre la réforme des lycées cinq jours plus tard ! Les lycéens, loin de se satisfaire de ce faux recul, sont descendus à nouveau dans les rues le jeudi 18 décembre : ils étaient 150 000 dans toute la France.

L’école dans la mire du gouvernement

Les raisons de la colère sont nombreuses. Les 26 000 suppressions de poste survenues dans l’éducation entre 2003 et 2007 ne suffisent pas au gouvernement. Il en a programmé 80 000 autres entre 2007 et 2012. La réforme des lycées n’est rien d’autre que l’habillage d’une partie de ce gigantesque plan anti-social. En somme, une restructuration comme en connaissent régulièrement les entreprises privées, avec son cortège de dégradations des conditions de travail. Mais c’est en fait toute l’école qui est visée, secteur après secteur. Ainsi les instituteurs sont eux aussi en pleine contestation de « leur réforme ».

L’opposition des personnels enseignants comme non enseignants s’est déjà exprimée au travers de manifestations et de grèves réussies (50 % de profs et 75 % d’instits lors de la dernière journée, le 20 novembre). Mais elle reste cantonnée pour l’instant à des journées ponctuelles. Non pas qu’elles satisfassent vraiment. Mais depuis la grève de mai-juin 2003, le monde de l’éducation hésite à s’engager dans un mouvement reconductible pourtant de plus en plus nécessaire.

La jeunesse en révolte

Les lycéens ne sont pas moins conscients des difficultés. La dernière mobilisation victorieuse de la jeunesse, contre le CPE, avait nécessité trois mois de lutte. L’an dernier, la réforme Pécresse des universités est passée malgré le blocage de nombreux lycées et facs. De plus, la répression se renforce : sanctions et exclusions dans les lycées, interventions musclées et arrestations par la police.

Cela a d’ailleurs conduit nombre d’organisateurs lycéens à changer de tactique et multiplier les assemblées générales et les manifestations afin d’entraîner le plus grand nombre – et parfois jusqu’à leurs profs – dans l’action.

Le mouvement connaît certes des rythmes inégaux d’une région à l’autre. Mais il est profond. Le 15 décembre, dans l’Orne, un seul lycée public n’était pas bloqué. Ailleurs, des lycées privés, d’habitude hors de tout, ont rejoint la lutte. Et, à Cherbourg par exemple, trois collèges ont été bloqués par leurs élèves. Pour imiter les grands ? Rien n’est moins sûr. Extrait de la presse locale : « ‘Monsieur, écrivez dans votre journal que nos revendications sont sérieuses (…). On joue notre avenir !’ ; ‘Mais quel avenir ?’ répond un autre élève, ‘Le chômage c’est tout ce que nous avons au bout du compte !’ . Les élèves répètent en chœur (…) que le malaise de la jeunesse est général » . Une discussion mainte fois reprise devant les lycées bloqués, dans les manifestations par leurs aînés.

Et si Darcos n’a pas cédé avant, certains ont déjà prévu de s’inviter dans les cortèges des salariés le 29 janvier.

Mathieu PARANT


Dans les lycées professionnels

Si la réforme du lycée général a été reportée, celle du lycée professionnel reste. Elle illustre bien l’hypocrisie des discours sur la lutte contre l’échec scolaire justifiant les réformes. Il s’agit de supprimer le BEP en 2 ans et prolongeable par un bac professionnel en 2 ans également. Les élèves sortis du collège auraient le choix entre le nouveau bac pro en 3 ans seulement ou l’apprentissage. Or le BEP apparaît plus à leur portée à des jeunes souvent en échec scolaire, en permettant à plus de 50 % de ceux qui le préparent de poursuivre jusqu’en bac pro et en BTS. Il s’agit surtout pour le ministre de supprimer un quart des postes dans les filières professionnelles.

Les jeunes concernés ne l’entendent pas de cette oreille. Ils ont déjà bloqué leurs lycées l’an dernier. Ils sont souvent en pointe cette année, et bien décidés à poursuivre le mouvement jusqu’au retrait complet des réformes.

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