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DOSSIER : Congrès de fondation du NPA : Parti révolutionnaire ou parti de la gauche de la gauche ?

Pour une orientation lutte de classe

Mis en ligne le 10 janvier 2009 Convergences Politique

Le projet de texte d’orientation est explicite : « le parti que nous construisons est un parti pour les luttes » . De même le but assigné à ces luttes : « Nous avons besoin d’une réponse à un niveau supérieur. Nous devons tout faire pour aider à unifier et à coordonner ces luttes de résistances en indiquant qu’il s’agit de construire un ‘tous ensemble’ » .

Priorité aux luttes donc. Et en effet, il existe de nombreux combats dans lesquels le NPA entend intervenir que cette « Résolution générale sur la situation politique et sociale » énumère : contre la guerre, contre l’oppression des femmes, contre l’homophobie, pour la préservation de la planète, pour une véritable démocratie... tant le capitalisme démultiplie ses attaques. Le même texte d’orientation propose même d’engager pas moins de quinze à vingt campagnes sur tous les fronts. Toutes utiles, nous n’en doutons pas. Mais toutes possibles, en même temps, par un parti qui sera fort au mieux d’une dizaine de milliers d’adhérents ?

Si l’on parle d’une orientation pour l’année qui vient, il semble bien qu’il faille hiérarchiser et choisir. De même qu’il faut hiérarchiser et choisir si l’on vise sérieusement à intervenir dans la lutte de classe, voire à contribuer à construire le « tous ensemble ».

Le mouvement d’ensemble

Un véritable mouvement d’ensemble – c’est-à-dire un mouvement englobant des pans entiers de la société et capable de bousculer celle-ci, ses mœurs, ses habitudes et ses relations de classes – sera sans doute fait de l’addition et de la convergence de multiples luttes contre l’oppression comme contre l’exploitation. Il peut partir de n’importe laquelle d’entre ces luttes. Mais le noyau autour duquel elles peuvent s’agréger sera forcément la mobilisation de l’ensemble des salariés et même sans doute, plus spécifiquement, la grève générale ouvrière. Ne serait-ce que parce que sous le règne du capitalisme, toutes les oppressions qu’il crée ou qu’il perpétue ont leur source dans l’exploitation du prolétariat par la bourgeoisie. Si les femmes, les jeunes ou certains travailleurs en raison de leur couleur de peau subissent plus durement le chômage, les bas salaires et les exactions de la police, c’est d’abord parce que le chômage et les bas salaires persistent et que la police existe pour protéger la société d’exploitation qui impose ce chômage et ces salaires.

Et puis, surtout, le remplacement du capitalisme par une autre société ne peut sortir que de la lutte des travailleurs. Contester le capitalisme, c’est remettre en cause la toute puissance du capital, des actionnaires, des patrons, ceux qui exercent le pouvoir au cœur du capitalisme dans l’entreprise. C’est là que le pouvoir, éventuellement ébranlé d’abord par d’autres forces sur d’autres terrains, peut être renversé et arraché aux classes possédantes par celle des travailleurs qui pourront alors faire tourner la société autrement.

L’implantation dans la classe ouvrière

Pour être en situation d’avoir une politique qui puisse contribuer à l’émergence du « tous ensemble », il faut avoir les militants en position de la mettre en œuvre. La tâche d’un parti des luttes est donc de travailler en priorité à son implantation dans la classe ouvrière, tant dans l’industrie que dans les services, et donc à se structurer en priorité également, même si ce n’est pas exclusivement bien sûr, en comités autour des entreprises et des secteurs.

C’est ce que tente, à sa modeste échelle la Fraction L’Étincelle de Lutte ouvrière. En envisageant d’intégrer le NPA nous n’entendons certainement pas renoncer à cette orientation qui nous semble essentielle pour l’avenir du mouvement communiste révolutionnaire. C’est pour cela que nous proposons, alors que le nouveau parti est toujours en construction et le sera certainement pour un bon moment encore, de le faire à certaines conditions susceptibles d’assurer que cette orientation puisse être préservée, en espérant qu’elle soit aussi reprise par le NPA (voir notre lettre à la direction de la LCR et du NPA, que nous publions en annexe et l’explication de l’amendement proposé aux statuts provisoires pour ce premier congrès).

C’est cette orientation lutte de classe que nous proposons pour le NPA. Même si ses forces sont limitées, le nouveau parti disposera certainement d’assez de militants en situation d’intervenir dans un nombre significatif de secteurs de l’industrie et des services. Il pourrait donc en la reprenant à son compte lui donner un autre impact et du coup prendre effectivement toute sa place dans la lutte de classe. C’est le sens de la résolution que nous proposons en ajout aux textes d’orientation du congrès de fondation de février prochain.

Maurice SPIRZ

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