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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 14, mars-avril 2001

Editorial

Municipales : L’extrême gauche se renforce, une suite s’impose !

Mis en ligne le 1er avril 2001 Convergences Politique

Les différentes organisations d’extrême gauche se renforcent sur le plan électoral. C’est le résultat politique notable du premier tour des dernières municipales. La désillusion envers la gauche gouvernementale, qui pendant 15 ans avec la montée de l’extrême-droite a été synonyme de démoralisation politique, se transformerait-elle en la recherche de perspectives du côté de la lutte de classe, de l’organisation et des idéaux du mouvement ouvrier ? En tout cas les scores, additionnés ou non, de 8, 10, voire 12, 15 et 19 % de l’extrême gauche, dans une bonne trentaine de villes, montrent qu’il y a une véritable attente du côté des organisations révolutionnaires dans les milieux les plus populaires du pays.

Quels scores ? De qui ?

Les élections régionales et les européennes avaient confirmé les résultats d’Arlette Laguiller aux présidentielles de 1995. Les municipales les renforcent, avec quelques traits nouveaux.

Tout d’abord, Lutte Ouvrière et la Ligue Communiste Révolutionnaire obtiennent des résultats comparables, l’une et l’autre avec des pointes de 19,44 % (LO à Liévin) et 18,94 % (LCR à Miramas), dépassant l’une et l’autre les 10 % dans une bonne dizaine de villes. Mais il y a également le Parti des Travailleurs qui, ayant réussi à présenter 146 listes, fait lui aussi, parfois, des pointes non négligeables (10,97 % à Chevilly-Larue) et plus de 5 % dans bien d’autres villes. Si l’on totalise les résultats des uns et des autres, le nombre de villes où l’extrême gauche dépasse les 8 % n’est pas négligeable.

Certes, les scores moyens (rapportés aux exprimés là où nous nous présentions) des uns et des autres ne dépassent pas les 5 %. Mais dans les communes où l’extrême gauche était déjà présente, elle a le plus souvent doublé ou triplé ses scores. C’est ce qui est le plus significatif dans ce scrutin. La présence et l’activité locale des organisations révolutionnaires ont pour une fois une véritable traduction électorale.

Autre fait caractéristique : les scores les plus importants ont été réalisés dans les villes et les quartiers les plus populaires, les plus prolétariens. Un score, disons de 8 %, dans telle ou telle ville, cela signifie le plus souvent des scores d’extrême gauche de 15 ou 20 % dans les bureaux de vote des quartiers ouvriers. Cette fois, les listes d’extrême gauche ont drainé incontestablement une partie non négligeable de l’électorat communiste et de la jeunesse qui n’a pas renoncé à se battre contre cette société.

Des votes clairement anti-gouvernementaux

Notons que le fait que LO ait annoncé au préalable qu’elle n’appellerait pas à voter pour la gauche plurielle au deuxième tour n’a en aucune façon nui à ses scores ce qui ne clôt sans doute pas la discussion entre nos deux organisations sur le positionnement au deuxième tour. Notons également que la fraction croissante de l’électorat ouvrier qui a voté pour l’extrême gauche, ne considère pas, quant à elle, que l’identité révolutionnaire soit « ringarde ». Bien au contraire. Certes, la liste « Motivé-e-s », à Toulouse, a recueilli 12,38 %, reléguant le total LCR, LO et PT à 4,48 % (mais en 1995 la seule liste LO ne faisait que 2,36 %). Mais juste à côté, dans la plus grande banlieue de Toulouse, Colomiers, la liste LO (la seule à se présenter) recueille 10,46 % des voix. Un score après tout que l’extrême gauche unie sur une même politique anti-gouvernementale aurait pu sans doute approcher dans les différentes banlieues populaires de la ville.

Les échéances

Nous ne nous attarderons pas sur le fait que pour ces municipales nous nous soyons présentés séparément, même s’il y avait à dire sur les motifs. Cela n’a guère perturbé l’électorat. Certes, nous avons moins de conseillers municipaux que s’il y avait eu listes communes. Mais de toutes façons, tous ceux qui ont voté pour nos listes savent bien que ce n’est pas le nombre des élus qui aurait changé le rapport des forces, que celui-ci se change ailleurs. Par contre, évidemment, unis, nous aurions pu accroître largement le nombre de communes où les révolutionnaires auraient été présents.

En revanche, chaque organisation a pu mesurer non seulement l’impact de son travail local et de sa propre audience, mais que son orientation anti-gouvernementale et anti-patronale avait ici plus compté que d’obscures considérations tactiques. Ces résultats devraient permettre à la fois, en tout cas nous l’espérons, d’atténuer les différentes formes de sectarisme qui se retrouvent dans nos organisations respectives, tout en les incitant à se retrouver sur une politique commune, et pas seulement au moment des élections.

Pour ce qui est des élections, les prochaines échéances auront lieu dans un an. Il est évident qu’aux législatives comme aux présidentielles la LCR et LO auraient intérêt à s’entendre sur un même programme politique sans compromis contre la gauche gouvernementale et patronale pour confirmer, mais sur l’ensemble de l’électorat cette fois, les scores de ces municipales.

Nos deux organisations ne sauraient pourtant s’en tenir à ce seul terrain électoral sans occulter le message essentiel de ceux qui ont voté pour nous. Si l’extrême gauche peut faire désormais jeu égal avec le PC sur le terrain électoral, cela signifie surtout qu’elle a le devoir de jouer tout son rôle politique sur le terrain de la lutte de classe. Et d’y entraîner les militants du PC, et d’autres militants actifs dans les entreprises et les localités. Là aussi, il y a des initiatives unitaires à prendre de la part de l’extrême-gauche, à l’échelon local et national.

Si l’électorat populaire considère aujourd’hui nos organisations comme un peu plus crédibles, cela signifie aussi qu’il nous appartient de prendre des initiatives politiques sur les problèmes immédiats des travailleurs, des initiatives qui dépassent nos propres forces. Et les problèmes, en cette période dite de « croissance » (pour les seuls nantis), ne manquent pas : retraites, précarité, flexibilité, salaires, services publics… Oui, il y a un front des révolutionnaires à constituer sur ce terrain, sous formes de campagnes, de propositions de mobilisation unitaire, des initiatives susceptibles d’entraîner une fraction de l’électorat qui s’est porté sur nous (sans parler de tous ceux qui n’ont pas le droit de vote !), et notamment, parmi eux, ceux qui cherchent à agir contre le patronat et le gouvernement. Ah, cela ne convaincra pas les dirigeants des appareils réformistes, syndicaux, politiques ou autres, qui ont partie liée avec le gouvernement actuel. Cela peut parfois les secouer, les ébranler et convaincre ceux qui ne leur feront pas confiance à vie. En tout cas, c’est le seul moyen de capitaliser réellement ces résultats qui ne sont encore… qu’électoraux.

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