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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 14, mars-avril 2001 > DOSSIER : France-Afrique : Le pillage continue

DOSSIER : France-Afrique : Le pillage continue

La Côte d’Ivoire, chasse gardée française

Mis en ligne le 1er avril 2001 Convergences Monde

La Côte d’Ivoire est l’un des principaux maillons du dispositif impérialiste français en Afrique. Le pays est devenu le principal exportateur africain en cacao, café, bois tropicaux, bananes et agrumes, quasi uniquement en direction de la France et au profit de sociétés françaises. Celles-ci y sont chez elles, bénéficiant des meilleurs conditions pour s’enrichir : main-d’oeuvre bon marché (500 F par mois pour un ouvrier qualifié, 300 F par mois pour un manœuvre, moins pour un travailleurs des plantations). Bolloré, Bouygues, Total-Fina (Elf), Rhône Poulenc ont pignon sur rue à Abidjan. On compte deux mille entreprises françaises dont cent cinquante plus importantes emploient 30 000 salariés.

La tutelle française

Pendant le règne d’Houphouët Boïgny les ministères furent truffés de conseillers français. L’encadrement et la formation des cadres militaires ivoiriens était assurée en grande partie par la France qui dispose encore aujourd’hui d’une base militaire à Abidjan, le 43e BIMA, force d’appoint à l’Etat ivoirien à chaque fois qu’il en a eu besoin. La Côte d’Ivoire s’alignait sur toutes les positions de la France, servant parfois de base de départ aux interventions militaires de celle-ci.

Lors de la vague de contestation qui a menacé le régime en 1990, c’est Mitterrand qui par un appui financier massif et immédiat a permis à Houphouët de calmer la situation sociale et de reprendre du poids sur ses fonctionnaires et militaires en payant arriérés de salaires et bourses des étudiants. Pour la forme de nouveaux partis ont pu se présenter aux élections mais le truquage systématique donnait toujours la majorité à l’ancien parti unique, le PDCI. Mitterrand, devenu le chantre de la démocratie en Afrique, n’y vit rien à redire.

A la mort d’Houphouët c’est la France qui a pesé de tout son poids pour maintenir la dictature du PDCI et aider à l’avènement de l’un des barons de ce parti, Henri Konan Bédié. Pour dévoyer le mécontentement social et faire face à la contestation politique de Laurent Gbagbo et son parti FPI et Alassane Ouattara ancien premier ministre devenu dirigeant du nouveau RDR, Bédié a lancé la campagne de l’ivoirité. Une propagande xénophobe désignait comme responsables de la situation économique catastrophique les travailleurs étrangers et les populations du Nord, partisan d’Ouattara. Malgré des pogroms tout le personnel politique français, gauche et droite réunis, a soutenu Bédié.

D’un homme de paille à l’autre

En décembre 1999 une partie de l’Etat-major a choisi de faire revenir son ancien chef, l’ex-général Gueï, à la tête du pays en faisant croire qu’il était l’émanation de la révolte des petits soldats. Les conseillers et barbouzes français ont alors pullulé avec la venue sur place de l’ancien chef d’Etat-major français Lacaze. Et la campagne de l’ivoirité a repris de plus belle, cette fois avec l’aide du FPI, un parti proche de la gauche française. Gueï déboulonné par trois jours d’émeutes, Gbagbo s’est alors proclamé président, prétendant être démocratiquement élu alors qu’il n’avait rassemblé que 7% des voix. Victoire de la démocratie pour le PS.

Le lendemain même Gbagbo montrait ce qu’il valait, en organisant des pogroms dans les quartiers populaires d’Abidjan. Des centaines de jeunes et de travailleurs ont subi violences, viols et assassinats organisés par le pouvoir, nervis du FPI et gendarmerie ensemble. Jospin s’est contenté des belles phrases de Gbagbo sur le retour à l’ordre et la mise en place de commissions d’enquête, accordant immédiatement à la Côte d’Ivoire l’annulation de la dette, une allocation de 600 millions de francs et une caution auprès des financiers internationaux.

Une aide du socialiste Jospin au socialiste Gbagbo ? Non, une aide du représentant actuel de l’impérialisme français à ses hommes de paille. La preuve, Chirac, autre représentant de l’impérialisme français mais de droite, à lui aussi apporté sa caution. Lors du sommet franco-africain de Yaoundé il a assuré que tous les conseillers français avaient rejoint leurs postes dans les ministères ivoiriens, déclarant :« laissons Gbagbo travailler ! ». Devinez pour qui ?

Le 13 Mars 2001, El SAHI

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