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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 14, mars-avril 2001 > DOSSIER : France-Afrique : Le pillage continue

DOSSIER : France-Afrique : Le pillage continue

L’Afrique saignée à blanc par la colonisation

Mis en ligne le 1er avril 2001 Convergences Monde

L’empire colonial français se met en place à la fin du XIXe siècle. Outre l’Algérie conquise dès 1830 et les protectorats sur la Tunisie et le Maroc, il comprend en Afrique l’AOF, Afrique occidentale française, l’AEF, Afrique équatoriale française, la Côte des Somalis et Madagascar (plus la Réunion et une partie de Comores). De la conquête à la décolonisation, l’histoire de l’Afrique est celle du pillage des ressources, du massacre et de l’exploitation des hommes et des femmes et de la mise sous tutelle culturelle, au profit d’une partie puissante du capitalisme français. Les méfaits de la colonisation écrivent l’un des chapitres les plus criminels du livre noir du capitalisme.

Une décision d’Etat pour le bénéfice des entreprises françaises

Depuis la Traite des Noirs, des comptoirs commerciaux sont installés des côtes du Sénégal au Golfe de Guinée et offrent des bénéfices substantiels. Mais à la fin du XIXe siècle la colonisation devient alors le moyen pour les capitalistes – dans un cadre de concurrence acharnée entre puissances impérialistes – de s’assurer la maîtrise de nouveaux marchés.

Ainsi, en Tunisie c’est pour soutenir les compagnies françaises que la France décide d’intervenir militairement puis d’imposer au bey la mise en place d’un protectorat pour contenir toute résistance : l’administration tunisienne est mise sous tutelle et doublée d’une administration française. Le choix de la colonisation correspond donc pour le capitalisme à la recherche de nouveaux débouchés, à une concurrence internationale forte et à un vaste mouvement d’exportation des capitaux européens. D’autant que la conquête coloniale elle-même n’a pas été le gouffre financier dont on a parfois parlé pour la France. De 1850 à 1913, les expéditions coloniales n’ont représenté en moyenne que 6,5% des dépenses. Les bénéfices sont rapides pour les capitalistes car ce sont les populations indigènes qui supportent la majeure partie des frais d’administration ; le service de la dette coloniale est colossal.

Face à la conquête française, la résistance africaine est réelle, notamment dans les empires d’Ahmadou entre Sénégal et Niger, de Samory au Soudan ou de Rabah au Tchad. Mais elle est rapidement écrasée. D’autant plus que les expéditions militaires créent et jouent sur les divisions africaines. Les ravages sont nombreux, en particulier dans le Sahara pour la jonction Maghreb-Afrique subsaharienne et en Afrique équatoriale. Les pillages sont systématiques et les populations sont enrôlées de force pour la construction d’infrastructures et dans les « troupes noires ». Toute résistance est réduite, comme à Birni N’Konni, ville de 10 000 habitants rayée de la carte en 1889 au Tchad par la mission Voulet-Chanoine.

Le système colonial

Dans les territoires conquis se met en place une administration coloniale variable selon les endroits, toujours injuste et oppressive.

Ainsi à Madagascar, la colonisation s’appuie sur certaines ethnies et sur les notables locaux qui sont juxtaposés aux cadres européens. La justice est double : les colons bénéficient du régime de droit français, mais les indigènes sont jugés directement par l’administration coloniale. Ils sont également soumis aux travaux forcés. Le marché est protégé pour les entreprises françaises et les terres sont confisquées et accordées à de grandes compagnies. L’ensemble des infrastructures est financé par les impôts payés par les indigènes.

En Afrique tropicale, l’administration coloniale se fait centralisatrice et directement autoritaire. L’Etat choisit de faire pression sur les structures sociales pour recruter la main d’œuvre pour les corvées, la collecte de la capitation (impôts par tête) n’hésitant pas par exemple au Cameroun, à faire fouetter sur la place publique les chefs refusant leur collaboration ou, en Centrafrique, à parquer femmes et enfants dans un camp d’otages pour augmenter la productivité des hommes (la plupart y moururent d’inanition). En Algérie, colonie de peuplement, la IIIe République mène une politique d’assimilation qui repose sur l’inégalité complète entre « citoyens » Européens et « sujets » Musulmans.

L’Afrique pillée

L’économie est essentiellement commerciale et les investissements productifs extrêmement faibles. Il ne s’agit pas de développer mais de spéculer. Les infrastructures mises en place grâce aux travaux forcés sont entièrement dirigées vers l’exportation. En agriculture, la monoculture (cacao, café, coton, hévéa, palmier à huile…) est privilégiée, en dépit de son impact en terme d’épuisement des sols et de la chute des productions vivrières qui fait disparaître l’autosubsistance rurale. L’Afrique sert de réservoir de produits agricoles et de matières premières et de déversoir pour les produits manufacturés métropolitains. Le niveau de vie de la population stagne ou régresse au cours de cette période.

Par ailleurs, les colonies ne fournissent pas seulement des produits agricoles, mais aussi de la « chair à canon », des hommes envoyés en première ligne des guerres menées par la France.

La colonisation a aussi des conséquences sociales et culturelles.

L’administration s’appuie en effet sur les notables locaux, soit apparus avec la colonisation, soit anciens chefs locaux auxquels s’oppose la masse rurale surexploitée. Au nom d’une supériorité de civilisation, le racisme utilisé comme mode de gouvernement menace de détruire l’héritage culturel. La colonisation française en Afrique a donc été bien loin d’une « mission civilisatrice ». En privant les pays colonisés de leurs capitaux et de leurs ressources, en empêchant le développement de l’industrie, elle a renforcé la pauvreté. En favorisant certaines ethnies (notion d’ailleurs très contestable), voire en créant les clivages ethniques, elle a posé les germes des guerres dites « ethniques » présentés aujourd’hui comme une fatalité africaine.

Margot Kervalet

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Réactions à cet article

  • Cette colonisation et ce colonialisme Francais et toujours en action dans mon pays La réunion. La france est entrain de faire un génocide doux sur l’ile de la Réunion, elle a su nous convaincre avec le rmi les allocs les contrats précaire... que la vie serait impossible sans elle. tous les postes importants sont accordés aux « zoreils » ( maitro ) la population réunionnaise est laissé sur le bords du chemin, on est spectateur dans notre péi.l’ agriculture c’est la monoculture de la canne à sucre qui est le pilier de notre économie, en grande partie subventionnée par l’ oppresseur pour maintenir une économie fictive. Alors qu’on a de gros potentiels sur le plan agricole : 6 Récolte de foins sur une année,fourrages de 3 à 4 métre de hauteur, manioc patate songe bananes fruit à pain avocats letchis papayes mangues... Ce génocide culturelle économique et humain qui nous touche et faites avec la complicitée de nos élus réunionnais qui sont les valets de l’état colonial français. 40% DE LA POPULATION ACTIVE et au chomage mais à coté de cela il y a un paradoxe c’ est le département français ou il y a le plus de voiture neuve , on vie audessus de nos moyens. la solution apportée par nos élus pour résoudre le probléme du chomage c’est de de déporter la jeunesse réunionnaise en france maitropolitaine(fuite des cerveaux) ,à coté de cela des charters arrivent chargés de français de france fuyands la france et content de trouver un peuple docile. la conscientisation de mon peuple au probleme de la colonisation et au plus bas car le bourrage decrane commence dés l’école, on nous enseigne la langue de Molière sans prendre en compte que notre langue maternelle c’est le Kréol (80%). IL SERAIT DANS L’ INTERET du peuple Réunnionnais de commencer à travailler pour constuire la future nation sur des bases plus saines. vienne jean eddy 24 ans NASYON RENYONE parti pour l’indépandans(maavéli chez wanadoo.fr

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  • Que dire de cet article si ce n’est un résumé complet en une page avec une insolente précision qui choquerait les fauteurs de tous ces crimes si seulement ils étaient encore de ce monde. Cependant même si les acteurs directs de ces actes ne sont plus de ce monde, le constat est amer dans la mesure où le même système continue sous une forme qui ne dit pas son vrai nom. C’est vrai que la traite des noirs et la colonisation appartiennent aujourd’hui à l’histoire mais, la destruction, le crime, le ravage des peuples et tout le mal commis appartiennent, eux, au présent et même, j’ose le dire ici, appartiendront encore longtemps au futur tant que rien n’est fait pour réparer ces actes odieux commis au nom d’une certaine civilisation des peuples opprimés. J’ai été étonné par la précision dans vos propos surtout concernant la mission Voulet-Chanoine que je connais assez bien pour l’avoir étudié très jeune, notamment son passage par Birni N’konni qui a été complètement effacée de la carte( vous l’avez bien dit). Cependant Birni N’konni n’est que le paroxysme de la folie meurtrière de la mission Voulet-Chanoine. Cette mission avant et après Birni N’konni a décimé des villages entiers de « l’Espace Nigerien » pire qu’un tsunami qui vient de passer. Je peux encore très bien comprendre le ravage du tsunami puisque c’est une catastrophe naturelle mais je ne peux jamais comprendre un tsunami humain qu’était la mission Voulet-Chanoine quelque soit par ailleurs les raisons avancées pour justifier ce crime contre l’humanité. Pire encore aujourd’hui aucune réparation n’est envisagée sous quelque forme que ce soit. Bref, On pourra écrire un livre pour dénoncer ce sombre passé colonial du continent africain mais je me tiens à dire qu’il est temps en absence de bonne volonté de la part de ceux qui ont en ont profité en occident que ceux qui ne ont souffert prennent conscience et barrent la route à cette nouvelle forme de colonisation qui pie aujourd’hui encore les sous-sols de l’Afrique sans que les Africains ne tirent aucun profit. ABBAGANA Doctorant Sciences Economiques Université d’Artois

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