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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 14, mars-avril 2001

Citroën (Aulnay sous Bois) : La direction tente de redistribuer les cartes syndicales

Mis en ligne le 1er avril 2001 Convergences Entreprises

L’usine de montage Citroën Aulnay fait partie du groupe PCA (Peugeot Citroën Automobiles) et compte 6800 salariés dont un volant de 1500 intérimaires. Depuis deux ans, un peu plus de mille travailleurs ont été embauchés en CDI pour faire face à la montée de la production (1800 véhicules par jour actuellement). Une équipe de nuit et un équipe de VSD ont été instaurées.

En 1999, l’application de l’accord sur la RTT signé par tous les syndicats sauf la CGT s’est traduite par une aggravation des conditions de travail : postes surchargés, samedis travaillés et non payés dans le mois puisque versés dans un compteur d’heures. De plus, le non paiement en heures supplémentaires des samedis a amputé les feuilles de paie de 1000 F au moins pour un salaire d’ouvrier sur chaîne.

Des élections surprenantes

La tension est forte dans l’usine et le mécontentement aurait eu la possibilité de se manifester au travers du vote aux élections de délégués du personnel et du comité d’entreprise, par une progression électorale de la CGT. Cela, d’autant que les travailleurs étaient au courant de la progression de la CGT à Poissy (+20 %) et à Saint-Ouen (+10 %). Mais le 18 janvier les résultats, à Aulnay, n’allaient pas dans ce sens. La CGT reculait de 6 % dans le collège ouvrier, recueillant 35,74 % des voix, soit 1264 votants. Dans ce même collègue la SIA (ex CSL), le syndicat du patron, reculait de 2,17 %, la CFDT progressait de 2,25 %, FO faisait un bond de 5,35 %, la CFTC avançait, elle, modestement de 0,6 %.

La direction contre la CGT

Comment expliquer un tel vote ? Il importe d’abord de le relativiser. Si la CGT baisse de 6 % en 2001, elle avait gagné 7,86 % des voix il y a deux ans. Par contre si la SIA (ex CSL) perd 2,17 %, cela s’ajoute aux 11,4 % qu’elle avait déjà perdus aux élections de 1999.

La nouvelle direction de PCA voudrait d’une part se débarrasser de l’image d’un patron de combat qui lui est défavorable et d’autre part bénéficier de la collaboration de syndicats reconnus nationalement pour signer des accords d’entreprise. Dans le cadre de cette politique elle a proposé un accord de « droit syndical » paraphé par tous les syndicats au niveau des confédérations, mais refusé par la CGT de certaines usines du groupes, dont Aulnay. Aux élections d’Aulnay du 18 janvier 2001 la direction a évité de répéter l’erreur qu’elle avait commise à Poissy. Avant les élections de DP/CE en 2000 elle avait dissous la SIA (CSL) dans l’espoir que les voix de la CSL se reporteraient sur FO, la CFDT, etc. Or les voix se sont déplacées en majorité sur la liste CGT qui a progressé de 20 %.

Autre sujet d’inquiétude pour elle : la CGT a progressé dans les autres usines du groupes. A Aulnay la direction a donc adopté une stratégie différente. Elle n’a pas dissous la SIA (ex-CSL) mais a assuré un soutien à peine voilé aux autres syndicats. Par exemple elle a assuré des quotas d’embauche en CDI à FO, à la CFDT, la CFTC et la SIA bien sûr. L’idée étant que les ouvriers embauchés avec l’appui de ces syndicats voteraient pour. La direction n’était pourtant pas sûre de parvenir à ses fins. Par exemple, des chefs (AMI) ont appris au dernier moment de la journée de travail, le 18, à certains intérimaires, qu’ils étaient embauchés en CDI depuis le 1er janvier 2001 et qu’ils pouvaient donc aller voter. Pendant les trois mois précédant les élections elle a sorti certains travailleurs de postes sur chaîne, allégé le travail d’autres. A l’adresse de « son milieu », elle a organisé des sorties, des repas, pour tenter de créer une ambiance sympathique.

Le départ de 700 travailleurs en préretraite dans le cadre du plan CASA (3 départs, une embauche) aurait dû accentuer gravement les pertes de la CGT car ces ouvriers, anciens dans l’usine, votaient majoritairement pour la CGT. Or elle ne perd que 151 voix. Cela signifie qu’un bon nombre d’embauchés en CDI depuis un an et demi ne se sont pas laissés impressionner.

Médhi Beaucaran

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