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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 74, mars-avril 2011 > Tunisie, Egypte, Lybie, Algérie...

Tunisie, Egypte, Lybie, Algérie...

Mouvement de protestation au Maroc : ce n’est qu’un début !

Mis en ligne le 10 mars 2011 Convergences Monde

Les manifestations très suivies du 20 février ont prouvé que les histoires de bon roi du Maroc ne sont que des fables. De 40 000 à 250 000 personnes ont défilé avec des mots d’ordre très divers. La colère de la population a explosé en cette journée de mobilisation. En témoignent les dizaines d’agences bancaires, de commerces et de bâtiments publics qui ont été incendiés. La répression a fait 5 morts et 130 blessés, dont plusieurs dizaines de policiers. Des manifestations, dans de nombreuses villes du pays, ont eu lieu encore le samedi suivant 27 février et le 5 mars.

Des partis d’opposition demandent la mise en place d’une monarchie constitutionnelle et n’inscrivent dans leurs revendications ni la démission du roi et de son gouvernement, ni des revendications sociales. Mais une entrée en masse des classes populaires dans la lutte pourrait bien changer la donne et imposer des mots d’ordre aussi combatifs que ceux qui sont criés en Égypte et en Tunisie.

La contestation prend aussi la forme de grèves ouvrières, comme celle des mineurs près de la ville de Khénifra, relatée dans la traduction de l’article qui suit.

Une grève de mineurs dans la région de Khénifra

Selon le journal Al Mona­dil(a) [1], la grève continuait le 2 mars dans les mines du Jbel Awam, dans la région de Khénifra.

« … La silicose mange les poumons, la souffrance au travail est grande et les ouvriers se retrouvent sans assurance contre les maladies professionnelles. Du fait que les assureurs demandent des prix élevés, les entreprises minières refusent de payer. Les mineurs sont les victimes, tandis que le patronat empoche d’énor­mes profits, dans un contexte où le prix des minéraux est élevé sur le marché mondial depuis quelques années. Les travailleurs demandent aussi à être déclarés et que leurs salaires soient augmentés.

Le patronat est encouragé dans cette exploitation sauvage par l’absence de toute législation, l’État accédant à sa demande de repousser toute obligation d’assurer les maladies professionnelles. Or il est connu que les conditions de travail se sont beaucoup détériorées dans ces mines, du fait de l’intervention d’entreprises sous-traitantes – de fait des marchands de main-d’œuvre. Des luttes ont eu lieu contre la précarisation extrême qui en découle, toujours réprimées par des procès et des licenciements – tous les recours et demandes de dédommagements traînant en justice.

Cette nouvelle levée ouvrière dans cette région combative survient de façon spontanée. La grève a été organisée par les mineurs eux-mêmes, sans intervention syndicale. Bien des bureaucrates syndicaux sont connus pour leur alliance avec le patronat. L’UMT (Union marocaine du travail), aussi bien que de l’UGT (Union générale des travailleurs), ont laissé quelques mauvais souvenirs d’une grève lâchée en 2007.

La lutte en cours est due bien sûr aux conditions catastrophiques de travail, mais aussi, et c’est le nouvel élément, à l’ambiance contestataire grandissante que vit le Maroc depuis les débuts du mouvement de protestation pour la démocratie, le 20 février, à la suite des événements qui bouleversent la région, du Yémen à la Tunisie en passant par l’Égypte et la Libye. »


[1Journal Al-monadil [ou Militant(e)] du 2 mars 2011, de sensibilité d’extrême gauche. Cet article est la traduction de passages du texte original. http://www.almounadil-a.info/articl...

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