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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 74, mars-avril 2011

À voir : We Want Sex (Equality)

Mis en ligne le 10 mars 2011 Convergences Culture

(Film anglais de Nigel Cole.)

Le film relate le combat des 187 ouvrières d’une usine Ford de la banlieue de Londres, en 1968. Après la visite d’un syndicaliste qui a le courage (!) de se rendre dans un atelier où ne travaillent que des femmes, les ouvrières qui cousent les sièges des automobiles se mettent en grève pour la reconnaissance de leur qualification. Très vite surgit la revendication de « sex equality » : les ouvrières veulent l’égalité salariale. Leur grève prend une ampleur nationale. Dans toutes les classes de la société, les femmes se sentent concernées par cette revendication ouvrière.

Le ton du film est celui de la comédie. Scènes désopilantes des bureaucrates syndicaux qui freinent des quatre fers. Avec la même légèreté, le film décrit les difficultés à étendre la grève, les coups de téléphone fiévreux des patrons anglais aux américains. Quelques moments de bravoure : par exemple quand l’héroïne – une travailleuse sortie de nulle part – vient convaincre une assemblée de bureaucrates syndicaux – tous des hommes – de soutenir la grève.

Quarante ans plus tard, le combat pour l’égalité est encore loin d’être gagné. En France, les partis de gouvernement contournent les lois électorales pour faire élire des hommes. En Allemagne, le gouvernement cherche à faire bonne figure en discutant de quotas de femmes... dans les conseils d’administration des grandes entreprises ! La comédie « We Want Sex (Equality) » ressemble, par moments, plus à un conte qu’à la réalité, mais elle est riche de multiples aspects de la vie des femmes et d’un combat qui, parti d’en bas, parvient à ébranler les sommets de la société. Le film suscite l’enthousiasme, mais attention cependant de ne pas quitter la salle trop tôt : au cours du générique, le réalisateur a inséré de courtes séquences où l’on voit les grévistes de l’époque, héroïnes telles qu’en elles-mêmes, avec ces paroles si souvent entendues après une grève : « nous ne pensions pas être si fortes ».

Laurent VASSIER

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