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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 74, mars-avril 2011 > Tunisie, Egypte, Lybie, Algérie...

Tunisie, Egypte, Lybie, Algérie...

À quoi servirait une intervention militaire occidentale ?

Mis en ligne le 10 mars 2011 Convergences Monde

Pas spécialement à en finir avec Kadhafi. L’arrivée au large des côtes libyennes des porte-avions américains a une autre fonction. Pour l’heure, les états-majors occidentaux observent la guerre entre insurgés et garde rapprochée de Kadhafi en testant les capacités de résistance militaire du dictateur. Ils n’ont d’ailleurs guère montré d’empressement à prendre une décision. L’impérialisme se donne avant tout le temps, quelques milliers de morts plus tard et après épuisement de la révolte, de négocier avec le futur vainqueur, qu’il s’agisse des chefs militaires et tribaux qui ont pris la tête des insurgés de l’est du pays… ou de l’un des fils occidentalisés de Kadhafi prêt à marchander une solution de compromis ! On a vu bien d’autres retournements du même style dans le passé, côté occidental comme côté libyen – entre autres. L’essentiel, ce serait de mettre un coup d’arrêt à la révolte populaire et dans le même temps, de conforter les régimes militaires de Tunisie et d’Égypte qui, forts de la présence armée « protectrice » américaine (et européenne !), se sentiraient les coudées plus franches contre les « débordements » de leurs populations respectives. Une telle intervention militaire occidentale lancerait avant tout aux révoltes en cours le signal de la fin de partie. Du moins aux yeux de tous ceux qui sont pressés de donner un coup d’arrêt à ces « révolutions qui n’en finissent pas ». Justement, qui n’en finissent pas… C’est le véritable espoir de la situation.

O.B.


Kadhafi, dictateur mal aimé, mais bien commode

Mal aimé, Kadhafi l’était surtout dans le passé. À l’époque où, officier nationaliste qui voulait conserver le contrôle sur les richesses de son pays, il bravait quelque peu l’impérialisme. Ses tirades lui avaient valu une petite cote auprès des peuples d’Afrique.

Depuis plus de dix ans, les dirigeants des grandes puissances se sont tous réconciliés avec lui. En 1999, les sanctions économiques qu’on lui avait imposées au nom de l’ONU étaient levées. À Kadhafi, la respectabilité et les honneurs ; aux trusts occidentaux, l’accès direct au marché libyen (travaux publics, équipements, ventes d’armes) et aux richesses libyennes, essentiellement les contrats pétroliers.

Alors toutes les compagnies se sont bousculées, des majors américaines à Total, en passant par BP et la compagnie italienne ENI. En 2007, derrière le cinéma d’une Cécilia (Sarkozy à l’époque) obtenant du dictateur de Tripoli, le 24 juillet, la libération d’infirmières bulgares, se précipitait le lendemain 25 juillet Sarkozy (l’homme !) venu sur place négocier quelques contrats, notamment pour le compte d’Areva (une coopération avec la Libye pour le développement de la filière nucléaire), associés à un contrat de prospection de mines d’uranium dans le sud du pays, tout à côté des gisements déjà exploités par Areva au Niger. Quant au geste de Berlusconi accordant en 2008 à la Libye une indemnisation pour les méfaits passés de la colonisation italienne, il n’était pas gratuit : l’aide ouvrait la porte à de nouveaux contrats pour les sociétés italiennes et prévoyait que toute une partie de l’argent versé au nom de l’indemnisation de la Libye soit consacrée à organiser la chasse aux immigrés clandestins venus d’Afrique et tentant de gagner l’Europe.

Ni la mégalomanie d’un Kadhafi ni la dictature qu’il imposait à son peuple ne les gênait. Quant au racisme qu’il cultivait vis-à-vis des travailleurs immigrés venus de Tunisie, d’Égypte ou d’Afrique sub-saharienne (Tchad, Mali…), il les arrangeait.


James Bond n’est plus ce qu’il était

Les deux officiers du célèbre service d’espionnage britannique MI6, chargés de prendre discrètement contact avec les autorités rebelles de Benghazi, n’ont rien trouvé de mieux que de débarquer en hélicoptère du navire qui arrivait dans le port pour en évacuer les ressortissants britanniques. Deux agents secrets, accompagnés de 6 hommes des forces spéciales SAS, armés, atterrissant au grand jour, les insurgés ont cru à une agression et les ont arrêtés. Paumée dans les sables, donc, la tentative du gouvernement de sa Majesté de prendre de vitesse Français, Italiens et Américains auprès de ce Gouvernement provisoire autoproclamé de Benghazi, avec à sa tête un ancien ministre de Kadhafi qui pourrait peut-être demain être maître du pétrole Libyen si Kadhafi tombait, ou contrôler les puits de l’est du pays si celui-ci se coupait en deux.

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