Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 119, mai 2018 > Étudiants

Étudiants

Étudiants/Cheminots

« Même Macron, même combat ! »

Mis en ligne le 8 mai 2018 Convergences Politique

Nous avons organisé une table ronde avec des étudiantes et des étudiants d’universités parisiennes touchées par le mouvement en cours. Paris 1 (Tolbiac et Sorbonne), Paris 3 (Censier), Paris 10 (Nanterre). Certaines et certains avaient déjà participé à la mobilisation contre la loi Travail en 2016, d’autres sont des nouveaux venus à l’action collective. Ils font part de leur expérience du mouvement. Si celui-ci n’est pas terminé, toutes et tous ont au moins passé brillamment leurs partiels... de politique !

Premiers pas dans la mobilisation

S. (Tolbiac)

Moi, la réforme, j’étais pas tellement contre au début, je me suis dit « c’est bien, au lieu de tirer au sort, ils vont sélectionner les gens qui le méritent le plus ». Je n’avais pas très bien compris que la sélection, c’est pas mieux, parce qu’il y a des disparités entre les différents lycées, tout ça. Comment j’ai commencé à m’intéresser un peu à ce qu’était une AG (Assemblée générale) ? En fait, j’ai juste demandé un briquet. J’ai vu quelqu’un qui sortait des tracts. J’ai dit : « Je suppose que maintenant que j’ai pris votre briquet, vous voulez me filer un tract ? ». Et finalement j’ai été invitée à parler politique, de socialisme et communisme. Puis je me suis réellement intéressée au mouvement. J’ai été invitée à venir en AG : qu’est-ce que moi j’allais bien pouvoir dire en AG alors que je n’avais aucune conscience de ce qui se passait réellement ? (...) J’ai commencé à m’investir un peu plus, à avoir de plus en plus de discussions, à essayer de comprendre le fond du problème.

I. (Nanterre)

Je suis venue aux premières AG mais pas en tant que militante : je suis passée pour voir. Je me suis replongée dans mes cours. Puis j’ai vu que ça reprenait en février, avec des AG qui rassemblaient plus de monde. J’étais inscrite sur les listes du comité de mobilisation (« ComMob »), du coup j’ai vu qu’il y avait à nouveau des AG, je me suis investie de plus en plus et j’ai rencontré des gens du ComMob, j’ai sympathisé avec eux, ils m’ont un peu expliqué comment ça fonctionnait… et je crois qu’à partir de là, je suis devenue une militante du mouvement. Je n’avais jamais été militante d’un quelconque mouvement avant. J’ai toujours essayé de faire les manifs auxquelles je pouvais participer. Mais là, c’était vraiment ma première expérience, et je n’ai jamais fait autant de choses dans ma vie que depuis que la mobilisation prend forme. Tous les jours, on a des discussions avec des gens qu’on ne connaît pas, des discussions politiques, même au-delà de ce qui se passe en ce moment : qu’est qui ne va pas dans notre société, de façon plus profonde ?

C. (Censier)

Je suis rentrée dans le mouvement le 22 mars, assez récemment. Des gens avaient tracté un peu, j’avais lu les tracts et je m’étais dit qu’il fallait que je me bouge. Ce jour-là, les profs étaient absents, et je me suis dit que c’était un bon signe. Ensuite le 5 avril, une AG a voté le blocus, j’ai entendu qu’il se préparait dans un ComMob : c’est là que ça a commencé pour moi.

N. (Tolbiac)

C’est mon premier mouvement, assez intense au niveau du rythme : toujours un truc à faire, une AG, un ComMob, des « déambulations ». [1] Pour moi, c’est tout à fait nouveau. J’ai pu prendre la parole, j’étais pas exclue, j’étais pas spectatrice. On se rend compte qu’on n’est pas toute seule, (...) on essaie de discuter, de prendre en compte les avis de chacun, de construire une ligne politique commune et on peut arriver à des trucs pas mal, genre des cortèges « interfacs », un cadre régional, par exemple une Coordination régionale étudiante. C’est ce qui m’a marquée !

Quand le mouvement s’amplifie

M. (Censier)

Le climat a changé progressivement. Au début, on ne parlait que de la loi, il fallait expliquer son contenu. Les gens étaient curieux. (...) C’était un moment stimulant, on passait des heures à discuter dans la cour ! Après se posait la question de comment ne pas s’arrêter à ces discussions, comment amener les étudiants à l’idée qu’il était possible de lutter contre ces réformes. La question de comment gagner ! Et c’est pour ça qu’on a commencé à afficher partout, parce que la question qui revenait le plus souvent c’était : « mais qu’est-ce qu’on peut faire ? ». Nous on était un petit groupe au début, sur une base affinitaire, à diffuser des tracts, à mettre des affiches partout, et on s’est rendu compte que le nombre de personnes augmentait dans les AG, d’une semaine à l’autre : 20, 100, 200, puis après le vote du blocus 2 000 !

I. (Nanterre)

Jusqu’à la manifestation du 22 mars, le travail qu’on essayait de faire, c’était d’informer sur ce qu’était cette loi, notamment en organisant des barrages filtrants. Des gens prenaient conscience que cette loi n’était pas la seule chose donnant envie de lutter contre le gouvernement, et les gens étaient hyper réceptifs à ça. On a eu de bonnes discussions. Ce n’était pas encore un véritable mouvement, mais il y avait de l’ambiance sur la fac, et aussi chez les cheminots et d’autres secteurs qui commençaient à se mettre en grève.

E. (Nanterre)

En mars, il y a eu aussi sur la fac la commémoration du 22 mars 68. Super ambiance. La direction de la fac avait invité d’anciens du Mouvement du 22 mars... qui votent Macron maintenant [2] ! 100 à 160 étudiants sont venus dire : « Nous, on ne veut pas commémorer, on veut refaire mai 68 ». On a organisé un débrayage de la fac en passant dans les bâtiments et amphis, et on est partis à plus de 300 à la manifestation du 22 à Paris, avec un énorme cortège super dynamique. Pour tout le monde à Nanterre, une franche réussite.

E. (Tolbiac)

Au début, on a eu deux semaines fastidieuses où l’on tractait 6 ou 7 heures par jour (avec des roulements bien évidemment). On allait expliquer la loi à tout le monde, en détail. On avait d’énormes débats, parfois très longs, notamment sur un des trucs centraux derrière la question de la sélection, à savoir la « méritocratie » : toujours et encore favoriser les plus riches et leur accès privilégié à l’éducation supérieure. Pas mal de gens se posaient des questions, qu’on arrivait à convaincre au bout de 30 à 40 minutes de discussion : non, cette loi n’était pas simplement ce qu’elle paraissait être au premier abord, en tout cas dans les médias ; se cachait derrière une attaque antisociale énorme. Il y a eu cette phase-là, fastidieuse, avec des comités de mobilisation peu nombreux, des AG minoritaires et très compliquées à organiser. C’est vers la mi-mars et après la manif du 22 mars que le mouvement a explosé. Finalement, on a commencé à avoir de grosses AG où l’on ne s’interrogeait plus tellement sur le contenu de la loi mais sur ce qu’on pouvait faire en tant qu’étudiant, comment on pouvait réagir, s’organiser, lutter... et gagner !

E. (Nanterre)

Dans les assemblées générales, il y avait deux niveaux de discussion : d’abord, l’explication de la loi, comprendre ces réformes et l’ensemble des attaques du gouvernement qui touchaient les différents secteurs. Ensuite, la question « qu’est-ce qu’on fait ? Comment on gagne face à Macron ? ». Très rapidement, dans toutes les têtes, l’idée s’est imposée que pour gagner il fallait y aller tous ensemble, faire le lien entre les différents secteurs. Très rapidement, les discussions ont dépassé les simples revendications étudiantes. Ça parlait énormément aussi des cheminots comme d’un point d’appui.

Occuper la fac ou manifester dans la rue ?

M. (Tolbiac)

L’occupation de Tolbiac, j’étais pas mal dedans. L’erreur, c’est de l’avoir laissée de replier sur elle-même. On pensait en termes de mouvement, vers l’extérieur... on avait raison mais la fac était pourtant quelque chose à investir. Et elle l’a été par ceux qu’on appelle les « totos » [3] , et avec eux, cela s’est vraiment replié, ce n’était même plus un cadre politique. Ce n’était pas du tout ouvert. À la fin, les étudiants de notre courant NPA-Étincelle ont proposé de l’ouverture, un accueil politique et cela a vraiment changé l’ambiance et l’état d’esprit de l’occupation. Si on l’avait fait dès le début, cela aurait pu être un truc super.

M. (Censier)

Nous, ce qu’on essaye de faire entendre, c’est que c’est important d’aller aux manifestations. Mais des gens nous disent : « à cause de gens comme vous, on se fait déloger parce que vous videz les occupations de tous les occupants ». C’est vrai que ça rend la situation compliquée : tu as beau essayer d’expliquer que c’est parce qu’il y a un mouvement social qu’il y a une occupation, que si vous videz le mouvement social vous allez pas pouvoir faire tenir l’occupation, et que pour faire vivre le mouvement social il faut aller en manifs... ce n’est pas entendu parce qu’il y a une grosse majorité de gens qui ont juste envie d’avoir cette bouffée d’air que leur offre l’occupation. Il y a une espèce de reproduction du modèle de la ZAD autogérée, coupée du reste du pays.

I. (Nanterre)

À Nanterre aussi, parmi les étudiants mobilisés, il y avait deux tendances. Les étudiants du comité de mobilisation qui essayaient de se tourner vers l’extérieur et, je ne dirais pas de l’autre côté (car les deux ne sont pas incompatibles), mais du côté des partisans de l’occupation qui essayaient de créer un endroit alternatif avec des cours, des ateliers.

La « convergence des luttes » : théorie et pratique

L. (Tolbiac)

La convergence des luttes, au début, c’était énormément de mots. En fait, il y avait une toute petite convergence : quelques étudiants sont allés dans les AG cheminotes et quelques cheminots sont venus à nos AG. Un échange sympathique de noyaux durs, mais la convergence n’avait pas trop lieu, elle a commencé surtout pendant les manifs.

Lu. (Tolbiac)

Mon expérience de la convergence des luttes, ce sont ces petits cortèges, que nous avons appelé « déambulations », pour aller parler directement aux cheminots dans les gares, avec des tracts. Ce qui m’a fait plaisir, c’est la discussion avec une cheminote. Sur son envie de faire une vraie grève mais sur les difficultés à se lancer dans la reconductible.

I. (Nanterre)

À la première déambulation, on est parti de Tolbiac, on était une bonne centaine à passer par l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, la Gare de Lyon, la Gare d’Austerlitz, pour concrétiser justement le soutien qu’on porte aux autres secteurs qui se mettent en lutte. À Nanterre, on est en contact avec des cheminots de Saint-Lazare. On est passé, avec d’autres facs, dans les services pour essayer de discuter avec ceux qui étaient présents, comprendre leur situation, leur demander ce qu’on pouvait faire pour les aider, comment on pouvait coopérer dans la lutte. Ceux qui défendent l’idée d’une grève reconductible nous ont expliqué la difficulté pour eux de s’auto-organiser, ce que ne favorisent pas les organisations syndicales. Je pense que c’est important d’établir le dialogue avec les étudiants parce qu’à la fac, on n’a pas cette pression-là, et on peut plus facilement s’organiser, en faisant nos propres AG, nos propres comités de mobilisations. Des cheminots sont venus à Nanterre, par exemple, apporter leur soutien quand on a bloqué la fac. Ils ne se sentaient pas légitimes de le faire avec nous mais ils voulaient montrer qu’ils étaient avec nous. Le 27 avril, on a organisé une journée inter-luttes où justement on a invité des cheminots à venir s’exprimer sur leur expérience de grève.

E. (Nanterre)

Depuis plusieurs semaines, des étudiants de Nanterre vont aux AG de Saint-Lazare et réciproquement. Cela fait plaisir à tout le monde et tout le monde voit l’utilité de ces liens.

Déambulation d’étudiants et cheminots en gare Saint-Lazare à Paris

I. (Nanterre)

Quand les cheminots viennent prendre la parole, il y a un super accueil et ça donne une motivation nouvelle. Si au début il y a eu quelques étudiants nouveaux dans la mobilisation qui ne comprenaient pas vraiment pourquoi on avait cette proximité-là avec les cheminots et d’autres secteurs en lutte, les postiers par exemple, à force de discussions cette convergence est devenue complètement cohérente.

E. (Tolbiac)

Il y a eu des initiatives qui ont fait vachement de bien à tout le monde, qui ont permis de toucher du doigt ce que ça voulait dire, la convergence. Une première conférence cheminote s’est tenue à Tolbiac, qui a rassemblé 300 personnes avec des cheminots qui ont parlé de leurs conditions de vie, de travail, qui ont expliqué la manière dont ils se battaient et qui ont parlé aussi du besoin de lien entre les étudiants et les cheminots. De la même manière, il y a eu les diverses alertes à l’évacuation qui ont rassemblé pendant toute une après-midi, puis toute une soirée des délégations de cheminots, de postiers, etc... avec des prises de paroles qui disaient : « on soutient totalement la politique des étudiants et leurs occupations, on est contre les flics et le gouvernement qui veulent toucher à cette forme de mobilisation ». Cela a permis à un certain nombre d’étudiants de toucher du doigt ce que veut dire le fait de se rassembler, de prendre position les uns pour les autres, et de s’apporter du soutien dans des situations difficiles.

Encore une réaction intéressante : il y a peu de temps, on est allé faire un tractage à la Pitié Salpêtrière et bien que le copain avec qui j’étais soit quelqu’un de très politique, et tout à fait conscient de l’état des services publics et de la manière dont l’État essaie de les privatiser et de les rentabiliser, il est ressorti de ce tractage auprès d’hospitaliers totalement écœuré : « c’est incroyable, l’hôpital c’est une pompe à fric, tout est fait pour le fric, il n’y a plus aucune humanisation, personne en peut plus ; j’ai parlé avec une personne en psychiatrie qui est à bout, qui risque même de se faire interner dans son propre service... » Et j’ai l’impression que même si ces initiatives sont minoritaires, des étudiants les prennent comme un coup de poing en pleine face, qui leur donne cette envie-là de lutter contre l’exploitation. Ils comprennent l’enjeu de lutter tous ensemble, de surtout ne pas rester isolés.

C. (Censier)

Je parlais avec une amie la dernière fois, qui me disait qu’elle trouvait débile de taper sur tous les fronts. Mais c’est l’inverse, c’est pas qu’on s’éparpille sur chaque front, mais il faut que tous les fronts se réunissent en un point. Se rassemblent. On peut pas dire qu’on s’éparpille parce que les étudiants, les hôpitaux et la SNCF, les trois secteurs me touchent. Et même ce qui ne me touche pas directement, par exemple les migrants, je ne vais pas dire que je reste dans mon coin, c’est pas possible. Donc c’est important dans ce sens la convergence des luttes.

Difficultés... et perspectives

C. (Censier)

Je suis dans la mobilisation depuis le 9 avril, et en gros, on n’est qu’entre gens qui sont tous plus ou moins d’accord. L’autre jour, c’était à la Gare du nord, j’ai vu des usagers, des gens qui étaient en colère contre les grévistes et ceux qui avaient marché sur les voies, et cela m’a rappelé qu’il y a des gens qui ne sont pas d’accord avec la grève, qui sont pour les réformes. J’ai essayé de parler avec eux, mais ils étaient énervés et n’ont pas voulu parler avec moi, ils m’ont juste insultée genre « on veut pas parler avec toi, dégage ! ». C’était normal, ils étaient énervés, je peux les comprendre, mais oui, ça existe des gens qui sont pour les réformes, ou qui ne sont pas informés, et parfois on l’oublie ! Le mouvement, nous on est dedans, et du coup on oublie un peu le reste. Je parle de ça pour dire qu’il y a encore des forces à mobiliser, on dit qu’on est nombreux mais il y a d’autres gens en fait...

Avec les vacances, il y a peut-être un petit coup de mou, mais on en a connu d’autres. Plusieurs fois on s’est déjà dit pendant le mouvement : « là c’est fini »... et plusieurs fois c’est reparti. Là ça peut tout autant être le cas et on a encore une jolie carte à jouer, celle des lycéens. C’est à eux qu’on va aller dire « vous êtes la pièce manquante du puzzle de la mobilisation ».

B. (Tolbiac)

Un des moments qui m’a marquée, c’est la manif du 22 mars. On est arrivé à Bastille, je suis montée sur un poteau, la manif fonction publique s’étendait à perte de vue ! Et quand on est arrivé à Bastille, il y avait encore des gens à Bercy, d’où on était parti. Et de l’autre côté, il y avait la manif des cheminots qui arrivait, juste en face, à perte de vue, incroyable. Il y avait deux gigantesques cortèges qui arrivaient frontalement, qui ne se sont pas vraiment réunis, se sont dispersés à l’arrivée place de la Bastille... tu te rends compte que la force réside aussi dans la force numérique.

Un autre moment marquant, c’est cette journée où il y a eu 3 000 personnes sous le soleil devant Tolbiac, et toutes celles et ceux qui ont pris la parole, qui écoutaient, après une menace d’évacuation, dans un lieu qui est quand même très symbolique, même s’il présente un tas de faiblesses. On était là, on était rassemblé, on discutait politique, et ensuite on s’est réuni dans une commission inter-luttes, je ne sais trop quoi. On n’a pas décidé grand chose parce que c’était un peu le bordel, mais tout le monde avait des idées, tout le monde avait envie de faire des choses, tout le monde avait envie de construire. Franchement, le nombre d’interventions très politiques et très enthousiastes, et avec des envies d’aller vers l’extérieur ! Puis la soirée avec la fanfare qui jouait...


[1Le nom donné par des étudiants à des manifestations de soutien dans les gares.

[2Dont le leader étudiant de l’époque, Daniel Cohn-Bendit et le cinéaste, alors soixante-huitard et membre de la Jeunesse communiste révolutionnaire Romain Goupil. Les deux ayant, comme on dit, « viré leur cuti » !

[3Expression consacrée pour désigner la mouvance dite « autonome », un milieu très divers bien qu’assez influent, qui va de militants d’orientation plutôt anarchiste à d’autres qui sont plutôt attirés par des expériences comme la ZAD, en passant par des jeunes révoltés mais peu politisés. Le dénominateur commun à cette mouvance hétérogène étant surtout le rejet (parfois virulent) des organisations syndicales, de gauche ou d’extrême-gauche, au motif qu’elles voudraient imposer leur propre politique au mouvement.

Mots-clés : | | |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article