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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 119, mai 2018 > Étudiants

Étudiants

Contre Macron, les étudiants aussi en lutte

Mis en ligne le 8 mai 2018 Convergences Politique

C’est le 22 mars, dans la foulée d’une mobilisation des cheminots et des fonctionnaires, que le mouvement étudiant a décollé. Toutes les universités n’ont pas touchées au même moment, mais la vague s’est amplifiée par étapes. Les étudiants les plus mobilisés ont entraîné les autres, tandis que les attaques de l’extrême droite à Montpellier, avec complicité du doyen, les interventions brutales de la police à Nanterre, ont accéléré la mobilisation au lieu de la briser. Tout cela dans une ambiance de « convergence des luttes » engendrée par l’annonce de la grève des cheminots.

Les équipes qui s’activaient depuis des semaines dans les facs ont vite été dépassées par la marée montante ! À leur grande satisfaction ! On a vu des assemblées générales massives, regroupant parfois plus de 2 000 étudiants, des comités de mobilisation attirant des dizaines d’étudiants motivés. Une vague d’occupations des universités s’est répandue comme une traînée de poudre. Même si le ministère a quelque peu faussé les chiffres, c’est près d’une quarantaine d’universités qui ont été perturbées à Paris, Toulouse, Montpellier, Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Nancy, Metz, Limoges, Poitiers, Nantes, Rennes, Grenoble… et les villes qu’on oublie ou sont restées ignorées des médias.

Cortège étudiant le 1 er mai à Paris

Contre la réforme de l’accès à l’université, qui introduit une sélection, les étudiants ont bloqué les facs. Mais c’était pour mieux les ouvrir, les occuper et en faire des lieux de vie, des pôles de la mobilisation et des espaces de discussion. Certes, ces occupations ont suscité des débats dans les AG (certains voulaient « tenir » la fac à tout prix, quitte à ne pas aller manifester !) et elles sont souvent restées isolées les unes des autres. Mais elles ont été la forme prise par cette « grève » des étudiants, et donc une épine dans le pied du gouvernement qui craignait surtout que ce mouvement se lie à la grève des cheminots.

Car, si la mobilisation s’est surtout orientée contre le « Plan Vidal », elle a dépassé de loin les seules préoccupations étudiantes. La sélection a vite été assimilée à un tri social. Et l’on dénonçait aussi dans les AG la casse des services publics, la répression policière à Notre-Dame-des-Landes, la loi Asile et Immigration, la précarité ou encore l’absence de perspectives d’avenir pour les jeunes. Plus ou moins clairement, c’est contre l’ensemble de la politique du gouvernement que se sont mobilisés les étudiants ces dernières semaines.

Certes le mouvement manque de coordination, il est brouillon dans les débats sur la stratégie à adopter pour gagner, les manifestations sont de taille modeste, mais on sent chez les étudiants mobilisés une envie d’aller plus loin que la lutte contre la sélection à l’université. La nécessité d’une convergence des luttes est présente à l’esprit de nombreux jeunes aujourd’hui.

Ce qui continue à marquer cette mobilisation dans les universités, malgré les vacances et la question des examens, c’est qu’elle se produit en même temps que la grève des cheminots. Ceux-ci sont venus dans les facs pour discuter et, parfois, pour défendre les occupations. À l’inverse, les étudiants sont allés dans les gares, ont organisé des actions de soutien ou de petites manifestations pour montrer leur similitude d’intérêts avec les grévistes. Même si elle a eu du mal à s’afficher spectaculairement dans la rue, la nécessité d’une lutte commune pour gagner le bras de fer contre Macron reste ressentie comme nécessaire. Étudiants, cheminots, « même Macron, même combat » ! C’est le slogan favori du mouvement.

À l’heure où nous écrivons, les vacances et les examens ont apparemment mis la mobilisation en veille. La police a évacué le gros des facs, mais celles-ci restent majoritairement fermées. Les étudiants n’en continuent pas moins à s’organiser et comptent maintenant sur les lycéens pour relancer la lutte.

Les expériences du printemps 2018 ont marqué les consciences. Ce que montrent les témoignages que nous avons recueillis auprès d’étudiants mobilisés en région parisienne.

30 avril 2018, Hugo WEIL

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