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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 10, juillet-août 2000

Les téléopérateurs se rebiffent…

Mis en ligne le 1er août 2000 Convergences Entreprises

Le développement des télécommunications a vu émerger un nouveau salarié : le téléopérateur.

Ce dernier travaille dans un centre d’appels ou call center : plate-forme d’assistance téléphonique ouverte, dans la majorité des cas, 24h/24 et 7j/7.

C’est un secteur qui connaît une croissance de près de 30 % par an, où les conditions de travail sont dures : un appel à peu près toutes les 7 secondes, un « flicage » informatique permanent, les pauses dépendant du trafic, des lieux de travail non climatisés, des écoutes permanentes…Ces conditions de travail sont communes à la plupart des centres d’appels français.

Ces nouveaux métiers sont représentatifs de l’explosion du travail précaire et de la montée du temps partiel. À ce titre, ils jouent une part dans le développement des bas salaires en France.

Le marché français des centres d’appels est dominé par la société Téléperformance suivie de HaysCéritex.

HaysCéritex emploie environ 2000 personnes dont un peu plus de 1200 téléopérateurs. C’est un groupe possédant de nombreuses filiales dont la société PAT (Permanence d’assistance téléphonique). Comme dans la majorité des centres d’appels le téléopérateur PAT est jeune (environ 25 ans), diplômé (bac +2 ou 6), bilingue, acceptant un temps partiel imposé avec un bas salaires (de 42 frcs/h à 47).

Depuis un an, un vent de rébellion souffle sur cette petite filiale employant 44 personnes et existant depuis 30 ans. Considérés comme des « sous-salarié(e)s » dont les droits les plus élémentaires sont bafoués, les travailleurs se sont réunis pour faire un état des lieux de leurs conditions de travail et ont décidé de créer un syndicat, ce qui ne s’était encore jamais fait dans cette filiale. Sud Céritex et filiales est devenu rapidement un syndicat dynamique et radical. Aux élections des délégués du personnel en novembre 99, il a récolté 80 % des voix. Le rapport de force était amorcé…

Depuis, les luttes n’ont pas cessé : lutte contre l’emploi abusif des CDD, lutte pour les 35 heures, lutte pour une augmentation salariale qui ne s’était pas fait depuis plus de 3 ans.

La direction de HaysCéritex a pendant longtemps fait la sourde oreille. Les salarié(e)s ont voté à une large majorité (39 sur 44) en avril dernier la grève à durée illimitée. Face à ce rapport de force, inédit, la direction a enfin écouté les salarié(e)s et à ouvert les négociations salariales avec les délégués syndicaux SUD.

Grâce à ses différentes actions au sein de la filiale mais aussi au sein du groupe, Sud Céritex et filiales est devenu le syndicat de référence du groupe, faisant quotidiennement de nouveaux adhérent(e)s.

L’exemple de PAT n’est pas un cas isolé dans ce nouveau secteur : des grèves se multiplient, des syndicats se créent ou se développent depuis à peu près 2 ans pour l’amélioration des conditions de travail, pour la reconnaissance des compétences des téléopérateurs et leur « professionnalisme », pour lutter contre la précarité …

Juin 2000, Joséphine Auzée

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