Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 10, juillet-août 2000

Points de vue

Grève du 6 mars dans les LP et coordination nationale : quelques rectifications nécessaires

Mis en ligne le 1er août 2000 Convergences Politique

Dans cette rubrique, militants des deux tendances qui publient Convergences Révolutionnaires, mais aussi lecteurs appartenant à d’autres courants, font part de leurs réactions ou points de vue. Nous leur demandons simplement de respecter les contraintes d’une pagination forcément limitée.


Deux articles parus dans Convergences Révolutionnaires de mai-Juin 2000 ont attiré mon attention : ceux de R. Glaber et de J.J.F. (Lot-et-Garonne).

Dans les deux cas, une même erreur : la Coordination nationale aurait appelé à la manifestation du 6/03 et le même jour élaboré la plate-forme revendicative.

Une telle réécriture de l’histoire récente est étonnante. Elle falsifie les faits.

Rappelons qu’après la grève du 3/02, celle du 6/03 fut un véritable teqt de la mobilisation des enseignants des LP. Dans les deux cas, c’est l’intersyndicale nationale (CGT, CFDT, FEN) qui est à l’initiative du mot d’ordre de grève même si, dans le cas du 6 mars, des pressions vigoureuses furent exercées à l’intérieur (CGT notamment) par des équipes syndicales qui militaient pour la grève reconductible nationale. Il est vrai que, dans un premier temps, l’intersyndicale ne proposait pour -le 6/03 que des AG et des délégations. Ceci fut rapidement abandonné devant la remobilisation rapide après les vacances d’hiver qui donna du crédit aux propositions d’action faites par les équipes syndicales en charge de l’activité quotidienne.

Il est réducteur et simpliste d’attribuer aux seuls militants de L.O. le mérite de l’extension du mouvement. Les militants et sympathisants de la LCR, des anarchistes, des syndicalistes révolutionnaires, des enseignants radicalisés ex-militants y ont largement pris leur part et n’ont pas attendu le 3/02 pour s’intéresser aux problèmes du milieu enseignant des LP.

Et la coordination nationale dans tout cela ? Eh bien, le 6 mars, elle n’existait pas. La plate-forme dont parle R.Glaber a été adoptée par une AG Ile-de-France : 900 personnes réunies le 6 mars à la Bourse du Travail de Paris. C’est cette AG régionale qui, sur proposition de l’intersyndicale, s’est prononcée pour la tenue d’une coordination nationale et d’une manifestation nationale des PLP.

La première réunion de la coordination nationale eut donc lieu à Paris le 11 /03 et ce fut elle qui choisit la date du 21/03 pour la manifestation nationale des PLP. Ce fut d’ailleurs la seule qui permis une vraie mise en commun des informations et propositions en provenance des LP.

Pourquoi ces « erreurs » de R.Glaber et de J.J.F.? À eux de répondre. Pour ma part, j’y vois une tentative maladroite d’opposer syndicats et enseignants radicalisés, en lutte. La réalité est plus complexe et ne mérite pas d’être occultée si on veut vraiment faire un travail de construction d’orientation syndicale alternative, de regroupement de noyaux militants pour préparer les luttes futures.

13 juin 2000, Michel GAUTIER


Cher camarade,

Il y a effectivement une erreur qui s’est glissée dans l’un des articles : la manifestation du 6 mars n’a pas été appelée par la coordination nationale tout simplement parce que celle-ci n’existait pas encore. Par contre la plate-forme élaborée le 6 mars à l’AG d’Ile-de-france a bien été la même que celle qui a été reprise ensuite par la coordination nationale.

Les directions syndicales se sont bien opposées aux enseignants radicalisés, dans la mesure du moins où elles pouvaient se le permettre. Ce fut assez évident pour le SNETAA. Ce le fut moins pour la CGT, même si elle n’avait pas l’intention d’aller jusqu’au bout des possibilités du mouvement.

Le problème est donc de savoir comment les révolutionnaires peuvent contrer ces pratiques syndicales.

On peut essayer de faire pression de l’intérieur. On peut le faire aussi dans les AG, tout en laissant aux directions syndicales le soin d’organiser le mouvement, comme de convoquer ou non une prochaine manifestation… Mais dans ce cas on leur laisse de fait la liberté d’entendre ce qu’elles veulent bien entendre.

Le seul moyen pour qu’un mouvement gréviste aille jusqu’au bout de ses possibilités, c’est qu’il se donne une direction totalement élue et révocable par les grévistes eux-mêmes.

Ce fut un succès limité car si les appareils ont dû composer avec les grévistes, ces derniers ont dû aussi composer avec les appareils !

Sois assuré que personne n’a écrit et ne pense (!) que le mérite de l’extension du mouvement reviendrait aux seuls militants de LO. Ce serait ridicule. Par contre il serait tout aussi ridicule de laisser entendre que ces mêmes militants de LO auraient attendu le 3 février pour s’intéresser aux problèmes du milieu enseignant des LP.

Il est inexact surtout d’affirmer que la tenue d’une coordination nationale aurait eu lieu « sur proposition de l’intersyndicale ». Les syndicats ont milité pour des AG consultatives décentralisées, pas pour que les grévistes se donnent les moyens de diriger eux mêmes leur mouvement. Ce fut une bagarre pour essayer de l’imposer.

Le vrai débat à mon sens entre révolutionnaires serait justement de discuter comment nous pourrions faire mieux la prochaine fois.

Salutations communistes

26 juin 2000. Raoul GLABER

Mots-clés : |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article