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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 10, juillet-août 2000 > DOSSIER : L’immigration, un problème ?

DOSSIER : L’immigration, un problème ?

Il faut régulariser les sans papiers

Mis en ligne le 1er août 2000 Convergences Politique

Alors que le gouvernement Jospin tente de faire admettre qu’avec la loi RESEDA de 1998, le problème des sans papiers est réglé, la grève de la faim des sans papiers de Lille a mis en évidence la réalité de la situation.

Le contrôle des flux migratoires et donc des clandestins a été adopté dès 1983.

L’obligation de la délivrance d’une autorisation de séjour, a rendu la vie plus difficile aux déboutés du droit d’asile présents en France depuis de longues années, aux conjoints de français ou de personnes en situation irrégulière, aux couples à qui l’on refuse le regroupement familial, aux étudiants étrangers, aux parents d’enfants nés en France, aux parents d’enfants français.

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Un parcours du combattant

Vivre en France, pour un « sans papiers », c’est un parcours du combattant. Être sans papiers, c’est devenir une proie idéale pour les exploiteurs de mains d’œuvre clandestine. Mais aussi, c’est être en permanence menacé de reconduite à la frontière. Une mémoire collective existe autour de l’immigration, une histoire des mouvements protestataires d’immigrés en dehors de celle strictement liée aux actions syndicales et politiques (grève des loyers dans les foyers Sonacotra en 76, expulsions des 101 Maliens, grèves de la faim des Turcs et des Kurdes déboutés du droit d’asile en 91...).

Dans les prisons, des dizaines d’étrangers, la plupart africains, purgent des peines de 2 à 6 mois pour défaut de papiers. À la sortie, souvent c’est le centre de rétention, en attendant d’être mis dans l’avion. L’instauration de la double peine, prison plus expulsion, remet en cause l’égalité des individus dérogeant ainsi aux principes du droit.

Quatre ans de lutte

Qui aurait cru, le 18 mars 1996, que l’occupation de l’église Saint Ambroise par plusieurs centaines de sans papiers, hommes, femmes et enfants, en famille ou célibataires, serait le début d’un mouvement encore actif 4 ans après ?

Ces hommes et ces femmes affrontent la police, la justice, l’administration et le gouvernement de l’époque en demandant l’ouverture de négociations pour leur régularisation. Le premier moment de surprise passé, les associations, les syndicats et les organisations politiques soutiendront dans leur majorité ce mouvement original.

Aujourd’hui le gouvernement socialiste bloque toujours les régularisations. Après avoir soutenu les sans papiers en lutte et s’être engagé électoralement : « Nous supprimerons les lois Pasqua Debré. Nous rétablirons les droits fondamentaux au mariage, à la vie en famille et le droit d’asile… », le gouvernement actuel a fait voter la loi Chevènement et ses additifs qui n’a permis que la régularisation de 80 000 étrangers (la moitié seulement de ceux qui en avaient fait la demande), avec des titres de séjour d’un an.

Ces quatre années ont été riches d’actions et de rebondissements, occupations, grèves de la faim, actions en justice contre les sans papiers et leurs soutiens, procès pour délit de solidarité comme l’affaire Delcourt à Lille, l’affaire Michel Beurrier à Clermont-Ferrand et l’affaire Delphine Benama à Tours plus récemment.

Une dégradation des conditions de vie et de travail qui s’amplifie

En matière de santé et de protection sociale, dès qu’ils ne sont plus en situation régulière, les étrangers perdent leurs droits acquis auparavant par la cotisation. Et en termes de santé publique, la limitation de l’accès aux soins est contradictoire avec la fragilisation plus importante des étrangers face à certaines pathologies comme la tuberculose, le saturnisme, les maladies digestives et pulmonaires. Cette fragilité étant due principalement à la pauvreté, aux mauvaises conditions de logement et de travail.

De plus, si l’on faisait le compte des cotisations vieillesse, allocations familiales et sécurité sociale que versent les immigrés grâce à leur travail, alors que la plupart ne toucheront jamais de retraite, ni d’allocations, c’est par milliards que se chiffreraient les économies réalisées sur le produit du travail des étrangers.

Pour l’égalité des droits

L’approche des élections municipales a fait resurgir l’exigence du droit de vote pour les étrangers. Cette question ne doit pas prendre le pas sur celle de la régularisation. Elles sont complémentaires et le droit de vote des étrangers risque d’être vidé de signification si leur droit au séjour reste aussi restrictif.

Aussi, il est important de réaffirmer notre soutien aux sans papiers. Et de revendiquer encore et toujours à leur côté : l’abrogation des lois Pasqua Debré, la régularisation de tous les sans papiers, le droit de vote à toutes les élections y compris pour les étrangers extra communautaires, la liberté de circulation et d’installation des personnes, l’abolition de la double peine et l’arrêt des expulsions.

29 juin 2000

Maud CLARY

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