Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 23, septembre-octobre 2002

Editorial

Les seigneurs de guerre de la planète

Mis en ligne le 5 octobre 2002 Convergences Monde

La nouvelle guerre du golfe a déjà commencé. Pas de jour sans que l’aviation américaine et anglaise ne bombarde l’Irak, en attendant une deuxième phase plus intensive, et l’éventuel débarquement de troupes au sol.

Chirac émet des « réserves », en appelle à l’ONU. Il faut « tout tenter avant la guerre », a déclaré Raffarin. Autant dire que le gouvernement français a déjà admis la guerre et se prépare activement à cette hypothèse.

Schröder s’était également démarqué, de façon d’ailleurs plus vigoureuse que Chirac. Mais aussitôt réélu, il s’est empressé d’aller courtiser Tony Blair afin que celui-ci le fasse rentrer dans les bonnes grâces de Bush.

Quant à Poutine, foin de minauderies diplomatiques. Tu rases l’Irak, je massacre les Tchétchènes. Seul problème encore à résoudre : les intérêts des compagnies pétrolières russes en Irak.

Les raisons de Bush – empêcher préventivement l’Irak de recourir aux moyens de destruction de masse – sont si peu crédibles, que la presse américaine elle-même constate que la seule véritable difficulté pour s’engager dans cette nouvelle aventure militariste est de trouver un « prétexte » ! Du moins vis-à-vis du peuple américain. Car pour ce qui est des grands de ce monde il n’y en aura guère besoin. Après les réserves d’usage, la cause sera entendue, dès lors qu’il leur sera permis de tenir leur rang dans la hiérarchie des grands Etats voyous de la planète qui se préparent au repartage de l’exploitation des réserves de pétrole à bas prix du Moyen Orient.

Au sein de la mafia, les Etats-Unis sont de très loin les plus forts. Les seigneurs de guerre européens s’apprêtent donc à composer avec le seigneur de guerre américain, donc à le seconder, pour ne pas être exclus de la curée. Les compagnies pétrolières françaises, italiennes, russes et autres sont déjà installées en Irak, avec des projets de contrats mirifiques. Les compagnies américaines veulent prendre leur place. Qu’à cela ne tienne. « C’est assez simple, déclare un ancien patron de la CIA cité par Courrier International du 26 septembre. La France et la Russie… doivent comprendre que, si elles contribuent à aider l’Irak à se doter d’un gouvernement acceptable (traduire : si vous participez à la guerre contre l’Irak) nous ferons tout notre possible pour veiller à ce que le nouveau gouvernement et les compagnies américaines travaillent en étroite collaboration avec elles ».

La France, l’Italie, l’Allemagne, la Russie, la Chine… doivent comprendre. Et comprennent. Elles veulent simplement être sûres qu’en cédant la part du lion, elles ne devront pas tout céder. D’où leur volonté de s’assurer, avant de cautionner l’aventure, de pouvoir marchander les miettes du pillage. Le directeur de la revue française Petro stragégies, exprimant sans détour les intérêts français explique (Le Monde 24 septembre) : « Je n’ai jamais cru que l’exploration-production en Irak pourrait reprendre tant que les compagnies américaines n’auraient pas leur part du gâteau… » Le même article du Monde précise que d’autres, comme « le président de la société russe Ioukos Oil, ont déjà pris les devants… En visite cette semaine aux Etats-Unis, il a invité les compagnies pétrolières américaines à faire partie du consortium pour l’exploitation du pétrole irakien… »

Les rivaux impérialistes seront cette fois encore dans le même camp, non pas contre une dictature (qu’au mieux ils remplaceront par une autre), mais pour semer, encore et toujours, la mort de masse, la misère et le désespoir. Le devoir des peuples d’Europe et d’Amérique est de s’y opposer, de se sentir solidaires des peuples agressés et d’en finir avec leur propres seigneurs de guerre.

Le 28 septembre 2002

Mots-clés : |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article