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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 23, septembre-octobre 2002 > DOSSIER : Syndicats / travailleurs : Un fossé grandissant

DOSSIER : Syndicats / travailleurs : Un fossé grandissant

Aujourd’hui ?

Mis en ligne le 5 octobre 2002 Convergences Politique

2 millions de syndiqués (dont 400000 retraités, ce qui est déjà une indication de la baisse drastique de la syndicalisation dans les plus jeunes générations), cela ne représente même pas un salarié sur dix.

Les différences sont grandes selon les secteurs. La syndicalisation est la plus forte (plus de 15% de syndiqués) dans les entreprises publiques comme EDF, SNCF, RATP, les arsenaux, dans les administrations comme les Finances, l’Equipement, La Poste ou encore dans l’enseignement. Elle se situe à un taux moyen (entre 8% et 15%) dans la Fonction publique, et dans quelques industries fortement concentrées (sidérurgie, construction navale, chimie lourde…). Elle est faible (entre 5% et 8%) dans l’automobile, la construction électrique, les banques, ou les assurances. Et elle est très faible (moins de 5%) dans le commerce, l’agroalimentaire, le textile ou le bâtiment.

La dispersion

Le syndicalisme en France reste dominé par les trois grosses confédérations, la CGT, la CFDT et FO, auxquelles s’ajoutent deux autres confédérations dites aussi représentatives, c’est-à-dire qui en ont le label officiel, celle des syndicats chrétiens, la CFTC, et celle des syndicats de cadres, la CGC. On trouve ensuite des syndicats « indépendants », dont le Groupe des dix (G10), constitué dans les années 1980, qui regroupe en fait aujourd’hui 26 organisations dont les SUD et le syndicat des finances SNUI. L’UNSA (Union Nationale des Syndicats Autonomes) est née d’une scission du Groupe des dix. Parmi les autres organisations, certaines sont propres à des secteurs d’activité particuliers (comme les syndicats d’enseignants de la FSU), ou bien plus ou moins corporatistes ou patronales.

Les effectifs des différentes confédérations sont aussi difficiles à établir que ceux des partis politiques. D’abord les méthodes de comptage diffèrent mais surtout, comme il y a des enjeux politiques importants derrière ces statistiques, il faut prendre avec beaucoup de précaution les chiffres publiés par les syndicats eux-mêmes. La confédération qui revendique le plus d’adhérents est FO (1 045 000 en 1996), suivie par la CFDT (865 000 en 2001), puis la CGT (650 000 en 2002). Des estimations officielles parlent plutôt d’un classement CGT-CFDT-FO : d’après le Ministère des affaires sociales, en 1993 les effectifs étaient respectivement de 639 000, 473 000 et 370 000.

Mais l’importance des syndicats, leur influence réelle ne peut se mesurer au nombre de syndiqués uniquement. Un autre critère est le résultat des différentes élections professionnelles : aux dernières élections prud’homales (10 décembre 1997), la CGT obtenait 33,1% des voix, la CFDT 25,3%, FO 20,5% (CFTC : 7,5%, CGC : 5,9%, CSL : 4,2%, G10 : 0,3%). Aux élections aux comités d’entreprise de 1999 (tous secteurs confondus), la CFDT recueillait 22,9%, la CGT : 21,5 %, FO : 12,2 %, la CGC : 6,3 %, et la CFTC : 5,8 % (autres syndicats : 5,6 % ; non syndiqués : 25,8 %).

Quelles catégories de salariés ?

En ce qui concerne la composition sociale des différentes confédérations, la CGT reste le syndicat le plus ouvrier (39% des syndiqués en 1998). Comme Louis Viannet lui-même, alors secrétaire général, le reconnaissait en 1992 ( « La CGT n’est plus toute vêtue en bleus »), la confédération a toutefois perdu de ce caractère : le pourcentage était presque double (65%) en 1975 [1]. La baisse s’explique en partie par la chute du nombre de salariés dans des secteurs comme le textile, ou plus encore les mines, comme dans les grandes usines de la métallurgie. Or l’implantation cégétiste était concentrée dans certaines grosses industries. Le pourcentage des employés à la CGT augmente en revanche : ils étaient 33% en 1998, contre 23% en 75. Les « professions intermédiaires » (techniciens, petits cadres…) progressent également (19% en 98).

A la CFDT, le pourcentage d’ouvriers descend à 25%, celui des employés équivalant à celui de la CGT. Les agents de maîtrise, cadres, techniciens y constituaient 37% des syndiqués en 1994. Contrairement à une idée reçue la CFDT serait plus présente dans le privé : selon elle, en 1999, la moitié de ses adhérents en étaient issus, pour 35% seulement à la CGT (alors que le secteur privé comptait 71% du total des salariés). FO reste toutefois la centrale dont la concentration dans le secteur public est la plus marquée : en 1993, 26% seulement de ses adhérents travaillaient dans le privé. Cette confédération est peu présente dans l’industrie.

Au sein du G10, les syndicats SUD sont, eux aussi, implantés surtout dans quelques secteurs du public, comme La Poste (où ils ont été créés en 1988), France Télécom (maintenant privatisée), la SNCF et les hôpitaux. Ensemble, les organisations du G10 revendiquent 80 000 adhérents, dont 15 000 pour SUD Poste et 10000 pour SUD Santé. L’UNSA revendique pour sa part 360 000 adhérents, actifs et retraités ; un de ses bastions est l’Education nationale, où elle est présente via la FEN. La FSU enfin, fondée en 1993 par des exclus de la FEN, revendiquait 190 000 adhérents en 1999.

Tous ces chiffres ne disent évidemment pas grand chose sur l’implication des différentes organisations dans les luttes. Ni non plus dans la collaboration avec le patronat. Sous cet aspect, et là encore sans que ce soit une indication absolue, retenons que des trois grosses confédérations, en 1997, c’est FO qui aurait signé le plus d’accords collectifs (71,2%), suivi par la CFDT (68,5%), loin devant la CGT (31,8%) (CGC : 63,4% ; CFTC : 63,5%). Mais depuis 5 ans la centrale de Bernard Thibault s’efforce de se recentrer… sur la ligne de ses concurrentes.

Benoît MARCHAND


[1La proportion d’ouvriers dans la population active ayant certes diminué dans le même temps, mais dans une proportion bien moindre : de 35% à 27% environ.

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