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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 54, novembre-décembre 2007 > DOSSIER : Croissance, décroissance, d’un cauchemar à l’autre

DOSSIER : Croissance, décroissance, d’un cauchemar à l’autre

Le bluff du « développement durable »

Mis en ligne le 21 novembre 2007 Convergences Société

Le « développement durable » a le vent en poupe, consacré en France par le « Grenelle de l’environnement ». Cette rencontre entre le ministre de l’écologie Borloo, des organisations non-gouvernementales (ONG) de défense de l’environnement, des représentants syndicaux et patronaux, devait sceller la grande unité nationale pour sauver la planète. Les mesures annoncées ne sont pas vraiment à la hauteur de l’objectif affiché : un moratoire de quelques mois sur les OGM, la construction de nouvelles lignes TGV (mais rien sur les réseaux ferroviaires locaux ; là, pas de moratoire sur la fermeture des gares) ou… l’obligation pour les cantines scolaires de faire un repas bio par semaine. En tous cas, rien de contraignant pour le patronat. Rien n’empêchera les gros industriels, par exemple ceux de la chimie, de continuer à polluer allègrement. Sans parler du projet de « taxe carbone », un nouvel impôt à la consommation qui sera « compensé » par des cadeaux fiscaux pour les entreprises.

Et puis le « développement durable » constitue en lui-même un secteur économique qui peut, à terme, s’avérer rentable, sans que l’on empêche d’autres secteurs de polluer ou de détruire les forêts équatoriales. Les grands trusts français ne s’y trompent pas : Areva vient d’acheter l’entreprise Multibrid qui teste des prototypes d’éoliennes offshore, alors qu’Alstom a déboursé 350 millions d’euros pour acquérir le fabricant espagnol d’éoliennes Ecotècnia. Dans ce contexte, la politique de développement durable de Sarkozy signifie la possibilité de subventionner les grandes entreprises françaises pour qu’elles puissent prendre position sur un marché mondial dont le quotidien économique Les Échos estime qu’il pourrait être multiplié par 1 000 dans moins de dix ans. Et dans ces calculs, les considérations pour la planète et les mesures réelles pour sa sauvegarde, occupent une place dérisoire.

Yves LEFORT


Le juteux marché du carbone

Avec le protocole de Kyoto, s’est mis en place le principe des quotas d’émission de CO2 avec l’objectif affiché de lutter contre le réchauffement climatique. Ces quotas, fixés par les États permettent aux entreprises d’échanger entre elles leurs droits d’émission. Un véritable marché du carbone, où règne les lois de la spéculation, s’est mis en place à l’échelle européenne. Il devient donc possible de gagner de l’argent en achetant le droit d’émettre des tonnes de CO2 quand le cours est bas et en en le revendant quand il monte. Au nom de l’écologie et du développement durable, c’est ainsi le droit à polluer qui peut devenir une valeur lucrative.

Y.L.


À la Poste : Développement durable et bandit manchot

Un spot publicitaire avec des manchots menacés par la disparition de la banquise ? C’est La Poste qui s’affiche en partenaire du développement durable et en ennemi du réchauffement climatique.

Sa conversion écolo se décline dans tous les domaines : timbres sur papier recyclé, matériaux de construction nouvelle génération, battage autour de l’utilisation de véhicules électriques – en réalité marginale, voire quasi inexistante. L’important, c’est de communiquer une image. Il y a aussi la morale faite aux salariés en interne, sur les panneaux d’information : chauffez-vous à 19°c pour économiser de l’énergie, prenez une douche plutôt qu’un bain…

Ce vernis verdâtre se craquelle bien vite lorsqu’on apprend qu’une partie importante de son chiffre d’affaires est généré par la distribution de publicités : des centaines de milliers de tonnes de papier glacé sous cellophane ou film plastique que les usagers s’empressent de jeter après un bref coup d’œil.

À sa décharge, La Poste est une adepte de la décroissance… pour ses salariés. Elle n’arrête pas de supprimer des emplois et les postiers sont des consommateurs frugaux obligés puisque leur salaire se situe entre 1 200 et 1 300 euros par mois, sans treizième mois. En revanche, les bénéfices prévus en 2007 seraient de l’ordre de un milliard d’euros contre 789 millions en 2006.

A.H.

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