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DOSSIER : Les Etats-Unis en guerre : contre l’Irak, contre les peuples, contre leur peuple

La main d’œuvre captive

Mis en ligne le 23 mars 2003 Convergences Monde

Au lieu de lutter contre la pauvreté, c’est aux pauvres que l’Etat fait la guerre. Le taux d’incarcération des Etats-Unis est de 6 à 12 fois supérieur à ceux des pays de l’Union européenne : près de 650 détenus pour 100 000 habitants.

La population carcérale est passée d’un million au début des années 1990 à deux millions à la fin du mandat de Clinton. 5,7 millions d’Américains sont aujourd’hui sous tutelle pénale, en liberté surveillée ou conditionnelle. Il y a une telle surpopulation dans les prisons que 200 000 personnes sont actuellement détenues dans des pénitenciers privés.

Boom de la criminalité ? Il y a eu près de 15 000 meurtres en 2001, contre 25 000 en 1994… En réalité, ce n’est pas de criminels endurcis que les prisons américaines sont remplies, mais de petits délinquants. 80 % des prisonniers sont inculpés d’usage de stupéfiants, et non de vente. En 1998, le nombre de détenus emprisonnés pour des motifs qualifiés de non-violents franchissaient la barre du million. Et les deux tiers des détenus sont issus de familles ayant un revenu inférieur à la moitié du seuil de pauvreté [1].

Salaires derrière les grilles, surprofits libérés

Des entreprises telles que Microsoft, TWA, Boeing et Konika ont recours à cette abondante main-d’œuvre carcérale, qu’ils peuvent faire travailler pour des salaires dérisoires souvent par le biais de sous-traitants-discrétion assurée ! Des détenus de Californie, qui fabriquent des vêtements destinés à l’exportation, sont payés de 35 cents à 1 dollar de l’heure (1 dollar = 1 euro environ). Les prisonniers ont de nombreuses retenues sur salaire sous divers prétextes, ils n’ont pas droit aux arrêts maladie et peuvent se trouver exposés sans protection à des matières dangereuses. Là, des prisonniers ont désamianté des conduites sans masque, ici, des détenus triaient à mains nues des résidus en métal dans les cendres d’un incinérateur [2]

Et ce sont autant d’hommes et de femmes soustraits aux chiffres du chômage. Durant la décennie 1990 les prisons auraient enlevé deux points à l’indice du chômage américain…

L.G.


[1Loïc WACQUANT, « Les prisons des la misère » (Raisons d’agir, 1999).

[2Exemples cités par Daniel BURTON-ROSE, « Le goulag américain » (L’Esprit frappeur, 1998).

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