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DOSSIER : Réforme du ferroviaire : un accord de compétitivité made in SNCF

L’ouverture à la concurrence : une entente entre trusts contre les travailleurs

Mis en ligne le 17 juin 2013 Convergences Entreprises

« Il faut bien accepter des efforts pour être compétitifs, sinon la SNCF va se faire piquer tout le boulot par ses concurrents. » Le discours de la direction est bien rodé. Derrière la propagande, qu’en est-il réellement de la « libéralisation du Rail » ou de « l’ouverture à la concurrence », menace brandie comme argument principal de la réforme ?

Dans le fret, libéralisé depuis sept ans, la SNCF a déjà perdu près de 30 % de parts de marché. Numéro un des opérateurs dits « privés » : EuroCargoRail, filiale du groupe public allemand Deutsche Bahn. En deuxième position, VFLI, filiale à 100 % de la SNCF, qui se pique donc des marchés à elle-même ! La multiplication des opérateurs de fret ferroviaire n’enraye pas la baisse globale du secteur au profit du transport routier, dominé en France par Geodis, un poids lourd… du groupe SNCF. Cette fausse compétition est organisée uniquement pour tirer les conditions de travail vers le bas : 5 000 emplois sur 15 000 ont été supprimés en cinq ans dans la branche fret SNCF, et les conditions de travail se sont dégradées [1].

Dans le transport international de voyageurs, libéralisé depuis quatre ans, seules trois lignes échappent au monopole de la SNCF : l’Eurostar (Paris-Londres), le Thalys (Paris-Bruxelles) et le Thello (Paris-Venise). La SNCF est majoritaire dans le capital des deux premières et la compagnie publique italienne, Trenitalia, possède deux tiers de la troisième. Dans ce secteur aussi, le Rail est concurrencé par la route. Et c’est encore une filiale de la SNCF, idBus, qui capte une partie du marché !

La SNCF, un groupe public menacé par la concurrence ? Mais c’est elle qui l’organise et en tire le plus grand profit. Quand les marchés ne restent pas au sein du groupe par le biais des filiales, ils sont gagnés par des compagnies publiques d’autres pays européens… où la SNCF elle-même a raflé des contrats. « L’Europe du Rail » est un jeu de Monopoly à l’échelle du continent où chaque contrat perdu dans un pays est compensé par un autre gagné ailleurs. Ce jeu de chaises musicales entre trusts publics européens n’a qu’un seul objectif : multiplier les statuts des travailleurs du Rail dans chaque pays afin de jouer sur les divisions pour détériorer les conditions de travail de tous. La fausse compétition capitaliste est une véritable mise en concurrence des travailleurs du Rail.

L’argument marche si bien que la direction l’emploie dès maintenant dans tous les secteurs, même ceux qui restent publics. Le transport régional de voyageurs (TER) devait être libéralisé en 2013, puis en 2015. Le gouvernement annonce aujourd’hui des expérimentations pour… 2019. Mais il faudrait que les cheminots des régions acceptent dès aujourd’hui des sacrifices « pour être compétitifs ».

Alek SOZEN


[1Voir « Le dépeçage du fret », Convergences Révolutionnaires n°81.

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Numéro 88, juin-juillet-août 2013

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