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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 88, juin-juillet-août 2013 > PSA Aulnay

PSA Aulnay

…À PSA Poissy, tout pourrait aussi commencer !

Mis en ligne le 17 juin 2013 Convergences Entreprises

Sans ressembler pour le moment à une explosion de colère, des débrayages, encore partiels et limités, trahissent dans bien des secteurs une réelle exaspération.

À partir du 15 avril, la direction a imposé une cadence de 45 véhicules C3 par heure contre 35 auparavant ! « Cela permettra de rattraper le retard pris par l’usine d’Aulnay-sous-Bois depuis la mi-janvier sur ses prévisions de volume et de répondre aux demandes du marché sur ce modèle », a déclaré la directrice de l’usine de Poissy.

L’allongement des horaires en semaine et le travail le week-end se sont multipliés pour toutes les équipes à Poissy. Sur la ligne produisant la C3/DS3, il y aura en juin jusqu’à trois samedis matins travaillés pour les deux équipes de jour et trois dimanches pour celle de nuit. Sans compter les modifications « au volontariat », parfois décidées la veille. Au moment où, à PSA Aulnay, la direction décidait de fusionner les deux équipes restantes à partir du 10 juin, ceux qui, à Poissy, espéraient une décompression avec la reprise de la production à Aulnay ont vite déchanté. Dans le même temps, la ligne de la 208 s’est vu imposer quatre vendredis non travaillés en juillet et plusieurs jours de chômage sont déjà programmés à la rentrée. Absurde !

Les étincelles se multiplient…

Mais la direction de PSA Poissy marche un peu sur des œufs. Le 6 mai, à Aulnay, plus de cinquante intérimaires avaient débrayé pour réclamer le paiement des 29 et 30 avril dès la fin du mois et non sur la paye de mai comme le voulait la direction ; ils avaient immédiatement obtenu satisfaction et le règlement des deux heures de débrayage. Le 16 mai, une vingtaine d’intérimaires du montage de PSA Poissy a suivi leur exemple, exactement pour les mêmes raisons. Comme à Aulnay, la direction a cédé sur le paiement des journées dues et des heures de débrayage.

Le 22 mai, au Montage, un chef adepte de propos musclés – « Si t’es pas à 100 %, tu dégages ! » –, a été obligé de s’excuser suite à la réaction des ouvriers du secteur. Le 30 mai, dans un autre secteur, la direction a dû réintégrer un cariste qu’elle voulait licencier pour inaptitude médicale au poste qu’il occupait suite à un accident du travail : une trentaine de ses collègues étaient venus réclamer des comptes.

Le 31 mai, c’est à l’Habillage-moteurs que les ouvriers, exaspérés, ont débrayé. Comme dans tous les secteurs du Montage de la 208, la direction voulait y supprimer un poste et répartir le travail sur les autres. Quatre heures plus tard, la direction annonçait la prolongation du poste pour dix jours supplémentaires et une réunion du CHSCT du Montage sur le sujet. Mais, comme elle refusait le paiement des heures de grève, les grévistes ont poursuivi leur mouvement jusqu’au changement d’équipe.

Quelques jours plus tard, le 4 juin, six ouvriers (toute l’équipe) d’un des secteurs de la Peinture ont débrayé contre un moniteur qui avait tenu des propos racistes contre des ouvriers d’origine africaine.

Tous ces coups de colère sont encore isolés sur le site de Poissy. Mais la surcharge des uns, les tentatives de supprimer le poste des autres, les mutations forcées, les vexations de certains chefs donnent un avant-goût des accords de compétitivité que la direction veut mettre en œuvre… pour ne plus avoir à payer les heures supplémentaires, peut-être supprimer l’équipe de nuit, et mettre tous les salariés au pas. Les négociations de ces accords-cadres de compétitivité sont lancées à PSA par Varin lui-même sous le nom pompeux de « Nouveau contrat social PSA »  : un bourrage de crâne qui consiste à « associer » chantage à l’emploi et « contreparties » à faire avaler. Il s’agirait d’établir une nouvelle norme pour une « transformation » permanente (c’est l’expression de la direction !), une façon de dire que les ouvriers seraient désormais à chaque instant à la merci de tous les caprices de la direction. Mais ces accords, qui sont aujourd’hui au centre de toutes les inquiétudes et exaspérations à PSA Poissy, pourraient bien provoquer l’explosion.

8 juin 2013, Léo BASERLI

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Numéro 88, juin-juillet-août 2013

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