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Accueil > Éditos L’Étincelle > 2020 > août > 18

Éditorial des bulletins d’entreprise

L’air du temps est toujours aux soulèvements

Alors qu’en juin, des dizaines de milliers de manifestants descendaient dans les rues des États-Unis et des principales capitales des grandes puissances capitalistes pour dénoncer les violences policières, dimanche dernier une foule biélorusse compacte envahissait les rues de Minsk pour demander le départ du dictateur Loukachenko. Le même jour, des milliers d’étudiants thaïlandais manifestaient à Bangkok en s’en prenant au monarque du pays prétendu « au-dessus des lois ». La veille des milliers d’opposants à une nouvelle législation sur le chômage occupaient les rues de Jakarta en Indonésie et la semaine passée, c’étaient les manifestants libanais qui faisaient tomber un deuxième gouvernement en moins d’un an, après la tragique explosion du port.

« Révolution » : un slogan toujours et plus que jamais à l’ordre du jour

Après l’explosion de Beyrouth, il est plus que jamais évident que les autorités libanaises ont été plus occupées à protéger les banques qu’à assurer la sécurité des habitants de la ville et les services vitaux pour la population. Plus de 35 % de la population active est au chômage et combien seront dans la même situation avec les difficultés économiques liées à la pandémie et à la catastrophe ?

Les manifestants libanais, qui ont été des milliers ou dizaines de milliers à manifester quasi quotidiennement après l’explosion, ont exigé de la classe dirigeante qu’elle dégage : « Révolution ». Le premier ministre a démissionné. En Biélorussie, la dictature en place est aux prises avec des mobilisations de rue et des grèves que la répression n’a pas pu arrêter. Le dictateur lui-même a dû changer de ton et libérer une partie des manifestants arrêtés la semaine passée, avec quelques excuses.

Le régime, lui aussi basé sur le profit d’une mince couche d’exploiteurs issus de l’ex-bureaucratie soviétique, est incapable d’assurer un niveau de vie satisfaisant pour la population qui, par-dessus le marché, a dû subir les conséquences de la pandémie. Les mobilisations populaires, spontanées, dénoncent simultanément la confiscation du pouvoir politique et l’échec économique des cliques en place dans les deux pays. Par-delà leurs contextes et formes différentes, elles se font indéniablement écho.

Panique en haut et convergence en bas ?

Juste après l’explosion de Beyrouth, le FMI, qui fait miroiter 11 milliards de dollars « d’aides », rappelait ses demandes de « réformes essentielles » : privatiser les entreprises publiques, atteindre l’équilibre budgétaire donc poursuivre une politique d’austérité, et restructurer la dette c’est-à-dire faire payer le défaut de l’État à la population. Des « réformes » dans le même style que celles menées depuis des décennies par le FMI et qui n’ont fait qu’appauvrir les populations des pays ciblés. Si le gouvernement libanais a démissionné, la banque franco-américaine Lazard embauchée en février pour le « conseiller » sur la restructuration de la dette, compte aller au bout du contrat.

C’est cette volonté de continuer comme avant, malgré la pandémie et la contestation de presque tous les régimes en place, qui anime un Macron paradant au Liban et un Poutine passant en revue ses troupes pour tenter d’impressionner les ouvriers biélorusses. Mais pour le moment c’est la contestation de rue qui fait l’actualité.

Face à la rapacité des bourgeoisies et cliques locales, et aux ambitions des grandes puissances qui prétendent les sauver, les travailleurs et les peuples soulevés ne peuvent faire confiance à aucun gouvernement de la planète. Ils peuvent, en revanche, trouver des alliés parmi les travailleurs et la jeunesse qui manifestent contre les possédants et les gouvernants, malgré la pandémie et l’effet ravageur de sa gestion capitaliste sur tous les continents.

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