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Le 16 juin : tous dans la rue contre le retour à l’anormal !

« Patriotisme républicain », c’est le nouveau mot d’ordre de Macron, faisant appel à tout ce qu’il y a de plus rance dans le champ politique, pour rassembler derrière son projet de « retour au travail ». « Dès demain », tout doit redémarrer… sauf les rassemblements, qui resteront « contrôlés ». Car la contestation sociale semble bien être le seul virus qui inquiète le gouvernement et qu’il cherche à contenir.

En guise de retour à la normale, il faudra « travailler plus, produire plus »… et faire des efforts au nom de l’écologie, dit-il ! Travailler plus, surtout, pour rembourser les 500 milliards d’euros distribués au patronat pendant la crise sanitaire. Pas question de taxer les plus riches, aux travailleurs de payer.

Mais qui va travailler plus ? Les 15 000 salariés de Renault menacés de perdre leur emploi ? Les milliers de travailleurs licenciés dans l’aéronautique ? Bruno Le Maire annonce que 800 000 emplois vont disparaître dans les mois qui viennent, mais pas question de lever le petit doigt. Le gouvernement préfère distribuer des milliards aux entreprises qui licencient. Quand Macron parle de « tout faire pour éviter au maximum les licenciements », c’est, en maniant le chantage à l’emploi, dire aux travailleurs d’accepter réductions de salaire, flexibilité et augmentation du temps de travail.

Les ouvriers de Renault n’ont pas attendu le discours de Macron pour tenter d’empêcher les licenciements. Sur tous les sites menacés de fermeture, ils ont fait plusieurs journées de grève et de manifestation, n’obtenant pour le moment que de vagues promesses de non-fermeture. Mais pour combien de temps et avec combien de salariés ? La lutte n’en est qu’à ses débuts. La direction cherche à mettre les travailleurs en concurrence pour leur emploi. Il faudra au contraire se mobiliser tous ensemble, travailleurs de chez Renault, mais aussi des autres entreprises qui licencient.

« Pour détruire le racisme, renversons le capitalisme »

Alors que des jeunes, par dizaines de milliers, se sont encore rassemblés samedi un peu partout en France contre le racisme et les violences policières, Macron a préféré couvrir encore une fois les agissements de la police. Dans son discours, il s’est adressé en priorité à l’extrême droite en dénonçant le « communautarisme » et un prétendu « séparatisme ». Que de larmes versées sur quelques statues de héros du colonialisme ou de la traite des Noirs, qu’on aurait envie de déboulonner ! Pas un mot pour les victimes du racisme.

C’est même un encouragement à la répression qu’a lancé Macron, appelant les policiers à rétablir « l’ordre républicain ». Ces mêmes policiers qui jouent aux cowboys dans les quartiers populaires, comme le 26 mai dernier, à Vitry-sur-Seine, où quatre collégiens ont été interpellés sans motif, subissant humiliations, gifles, menaces et injures racistes et homophobes durant plus de 24 heures.

Unifier les colères derrière les hospitaliers

Tout à son autosatisfaction sur la gestion de la crise sanitaire, Macron a osé prétendre que «  l’ensemble des malades qui en avaient besoin ont pu être pris en charge ». Un mensonge éhonté pour faire oublier le manque de moyens et de personnel dans les hôpitaux et les Ehpad. Mais plus question pour les hospitaliers d’accepter les bas salaires et les conditions de travail dégradées. Leur mobilisation a repris, avec des rassemblements chaque semaine. Rien à attendre du « Ségur de la santé » lancé par Macron, qui sert en réalité à préparer une nouvelle attaque, avec un retour aux « 39 heures » destiné à imposer de nouvelles suppressions d’emplois.

Les hospitaliers appellent à une journée de mobilisation mardi 16 juin, relayée dans plusieurs secteurs. Cette journée est une première occasion d’unifier les colères, de regrouper les luttes pour les salaires, les conditions de travail, les emplois et contre le racisme. Il faudra être nombreux dans la rue à nous battre pour que le « monde d’après » ne ressemble pas à celui d’avant. « Pas de retour à l’anormal » dit un slogan des hospitaliers. Pour vivre mieux, c’est toute une société que nous avons à changer.

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