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DOSSIER : Premier recul du gouvernement : le CPE enterré… restent le CNE et la précarité

Halte à la répression ! Ne permettons pas au gouvernement de se venger !

Mis en ligne le 25 avril 2006 Convergences Politique

Comme lors du mouvement lycéen de l’an dernier, ou encore lors des émeutes de novembre dans les banlieues, des milliers de jeunes ont été interpellés lors des manifestations de ces dernières semaines : selon le ministère de la Justice lui-même, plus de 4 000 interpellations, près de 2 000 gardes à vues et 1 300 comparutions, et à chaque fois, la moitié de mineurs. Dans les semaines à venir, plus de 600 jeunes, dont 40 % de mineurs, sont convoqués devant les tribunaux. Les peines sont lourdes, les mois de prison ferme pleuvent. À Paris, sur 85 comparutions immédiates, les collectifs de défense aux manifestants ont recensé 32 peines de prison ferme ; à l’échelle nationale, au moins 68.

Des « casseurs », ces jeunes ? En réalité, ce ne sont pas les voyous qui s’attaquaient aux manifestants pour les dépouiller, qui ont été arrêtés. Face à ces violences-là, les forces de l’ordre sont en général restées passives ! Ce sont au contraire des militants anti-CPE, étudiants et lycéens, qui sont aujourd’hui victimes de la répression.

Ainsi la plupart des comparutions concernent des « violences sur agents ». Il faut entendre par là des jets de projectiles, en fin de manifestation, qui la plupart du temps n’ont même pas entraîné de blessure dans les rangs de la police. Un exemple parmi d’autres : un étudiant de Créteil, inconnu des services de police, a été reconnu coupable d’avoir lancé une bouteille en verre contre un escadron de CRS, mais sans l’atteindre. Il a pris trois mois de prison ferme, le procureur en avait requis six !

Qui plus est, arrestations et jugements se sont faits dans l’arbitraire le plus total. Un lycéen parisien vient d’être condamné à deux mois fermes pour « destruction de biens publics » : comme il était leader du mouvement sur son lycée, il a été jugé responsable... d’un feu de poubelles ! Il a été immédiatement incarcéré.

Les accusés, qui viennent d’être jugés et lourdement condamnés, l’ont été sans preuve, sur foi de la simple parole d’un CRS ou d’un policier qui prétendait les avoir reconnus. Le casier judiciaire vierge n’y a rien changé. Les comparutions immédiates n’ont pas permis aux accusés d’assurer leur défense.

Sarkozy prétendait avoir donné des ordres stricts pour que ses policiers fassent la différence entre les casseurs et les manifestants. En effet ils ont fait le tri... puisque - tous les témoignages concordent - ce sont seulement de ces derniers qui en fait se retrouvent en butte à la répression.

Pour notre part nous ne prétendrons donc pas faire un tri impossible entre les vrais voyous et les jeunes en colère. Comme pour les condamnés des émeutes de novembre (pour qui la coordination nationale avait inscrit l’amnistie parmi ses revendications) c’est l’amnistie pour tous ceux de ce printemps qu’il faut réclamer.

Des collectifs pour assurer la défense des manifestants se sont mis en place. La coordination nationale a appelé à des manifestations contre la répression. L’Humanité vient de lancer une pétition pour l’arrêt de toutes les poursuites engagées contre les jeunes anti-CPE et l’amnistie des peines déjà prononcées. Toutes les initiatives contre la répression doivent être soutenues afin d’empêcher le gouvernement de faire payer à tous ces jeunes le prix de son recul face aux manifestations de rue.

Lydie GRIMAL

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Numéro 45, mai-juin 2006

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