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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 90, novembre-décembre 2013

États-Unis : Le shutdown de l’administration fédérale : Petits jeux politiques sur le dos des budgets sociaux

Mis en ligne le 16 novembre 2013 Convergences Monde

Le shutdown (« la mise à l’arrêt ») de l’administration fédérale américaine, du 1er au 16 octobre, a exaspéré la majorité des Américains. Dans une large mesure, le shutdown est le résultat de calculs politiques du Parti républicain en prévision des élections de 2014. Les Républicains ont utilisé leur majorité à la Chambre des représentants (équivalent de l’Assemblée nationale) pour empêcher l’adoption du budget fédéral tant que le financement de la « loi sur la protection des patients et des soins abordables » (Obamacare) n’en était pas supprimé. Cette opposition a émergé au milieu de l’été, avec une campagne de groupes politiques réactionnaires, tels que le Tea Party, exigeant la « fin du financement de l’Obamacare ». Campagne reprise par des députés et sénateurs républicains, histoire de rallier les troupes en vue des élections.

Finalement, le 14 octobre, un accord a été conclu entre Démocrates et les Républicains au Sénat, voté deux jours plus tard au Sénat et à la Chambre des représentants.

Les épargnés par le shutdown et ceux qui ont payé le prix fort

Pendant l’arrêt de l’administration, les décisions sur ce qui devait continuer à être financé et ce qui devait être suspendu ont été prises par les membres du Congrès issus des deux partis. Seuls les services « non essentiels » seraient suspendus et tous les services « essentiels » se poursuivraient. Les services fédéraux qui sont restés ouverts et ceux qui ont été fermés en disent long sur les priorités de la classe dirigeante.

Aucune opération militaire n’a été affectée, y compris les frappes de drones partout dans le monde et le programme d’espionnage international de la NSA. L’armée américaine a même mené à bien une mission des forces d’opérations spéciales en Libye pour capturer un terroriste présumé, en plein jour dans les rues de Tripoli, et une mission en Somalie visant une autre cible prétendument terroriste.

Les parlementaires ont adopté une loi afin qu’eux-mêmes puissent continuer à être payés. Ainsi, pendant le shutdown, ils ont continué à percevoir leur salaire de quelque 190 000 dollars annuels (140 000 €). Par ailleurs, ils ont également décidé de maintenir le gymnase de la Chambre des représentants, équipé de piscine, spa, sauna et hammam. Idem pour le système de métro souterrain, avec ses navettes entre les bureaux des parlementaires et le Capitole, de sorte que députés et sénateurs n’aient pas à endurer dix minutes de marche à pied.

Ce faisant, le shutdown a coûté environ 24 milliards de dollars à l’économie, selon l’agence de notation Standard & Poor’s. Deux millions de travailleurs fédéraux ont été mis au chômage technique sans solde ou ont dû continuer à travailler alors que leur paye était retardée de deux semaines. Dans la plupart des États, le shutdown a signifié l’arrêt du versement des allocations chômage. De même, les prestations des vétérans de guerre ont été retardées durant ces deux semaines.

L’impact le plus lourd a pesé sur les programmes fédéraux qui fournissent une variété de services dont les aides au logement, les pensions d’invalidité, les aides alimentaires, les parcs nationaux, les centres d’hébergement pour violence conjugale, etc. Ceux qui ont le plus subi ont été les services de logement et l’aide alimentaire aux familles pauvres. Exemple : le ministère du Logement et du Développement urbain qui finance, dans les quartiers populaires de tout le pays, des logements sociaux pour les familles ouvrières ; normalement, ce ministère emploie 8 700 personnes mais, durant le shutdown, le personnel a été réduit de 96 %.

Autre exemple : le programme, baptisé Head Start, qui fournit une aide alimentaire à plus d’un million d’enfants pauvres et leur famille ; ayant perdu tout financement, cinq États ont dû le fermer complètement, affectant des milliers d’enfants.

Et maintenant, une fois de plus, de nouvelles coupes budgétaires

Le shutdown a pris fin suite à un accord entre Démocrates et Républicains pour de nouvelles coupes dans le budget fédéral. Tous les programmes fédéraux vont passer sur le billard. Tous les « droits » concernant l’éducation, la sécurité sociale, la santé et les indemnités chômage vont être renégociés. Seront épargnés les budgets de l’armée, des renseignements ou de la bureaucratie gouvernementale.

L’administration travaille déjà sur le prochain budget et, dorénavant, toutes les coupes budgétaires peuvent être mises sur le dos des Républicains et permettre de regagner les nombreux déçus de la politique d’Obama. C’est du moins ce qu’espèrent les Démocrates, eux aussi les yeux rivés sur les élections de 2014. Déjà les dirigeants syndicaux de l’AFL-CIO appellent à se dresser contre la « stratégie d’extrême droite des Républicains ». Heureux shutdown qui va être utilisé par les deux partis pour retourner la faute contre l’autre et fixer l’attention de leurs troupes sur les seules élections !

San Francisco, 25 octobre 2013, Craig VINCENT

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