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Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 143, janvier-février 2022

Crise toujours, tu m’intéresses : quand les riches sont toujours plus riches

Mis en ligne le 3 février 2022 Convergences

Winston Churchill disait à qui voulait l’entendre : « Il ne faut jamais gaspiller une bonne crise. » Force est de constater que les milliardaires d’aujourd’hui n’ont pas perdu leur temps durant celle-ci. La crise sanitaire a vu les fortunes des plus riches s’envoler comme jamais.

Selon le nouveau rapport sur les inégalités mondiales de l’ONG Oxfam, « les quelque 2 755 milliardaires dans le monde ont vu leur fortune augmenter davantage lors de la pandémie de Covid-19 qu’au cours des quatorze dernières années, qui avaient déjà été une aubaine pour les milliardaires ». Les dix hommes les plus riches du monde voyaient leur fortune doubler, tandis que plus de 160 millions de personnes basculaient dans la pauvreté. En France, les milliardaires ont vu leur fortune augmenter de 236 milliards d’euros, soit une hausse de 86 %.

19 janvier 2022 - Maurice Spirz


Macron : un quinquennat au service des riches

Comme ses prédécesseurs, Macron n’a pas eu qu’une manière de servir le patronat et les milliardaires : de la casse du Code du travail, avec les accords de performance collective (APC) et les ruptures conventionnelles collectives (RCC), qui ont connu un petit essor fin 2020 à la faveur de la crise sanitaire, à la réforme du chômage, pour contraindre les plus précaires à accepter n’importe quel boulot, en passant par celle des retraites, avortée provisoirement, ou encore ses lois visant à réprimer les mouvements sociaux et les quartiers populaires. La politique socio-fiscale est l’un des domaines où Macron aura fait parler de lui.

D’abord, avec des baisses d’impôt importantes, notamment pour les plus riches. Selon l’Institut des politiques publiques (IPP), le remplacement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par l’impôt sur la seule fortune immobilière (IFI) et le prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital [1] rapportent 5 milliards d’euros par an aux plus riches. Mais elles ne sont pas seules : les baisses d’impôt sur les ménages décidées sous Macron représentent au total 28,1 milliards d’euros. Celles-ci ont parfois soulagé des foyers de travailleurs, notamment le dégrèvement de la taxe d’habitation (une taxe injuste car ni progressive, ni même réellement proportionnelle). Mais ces baisses ont aussi un coût, qui pèse surtout sur les travailleurs. D’abord en dégradation des services publics, en premier lieu l’hôpital et les écoles, qui ne cessent de voir les moyens et le personnel se réduire au regard des besoins. Mais aussi plus directement en baisse des prestations sociales, du gel des retraites et prestations en 2019 et 2020 aux attaques contre l’allocation chômage, en passant par le rognage des allocations logement. L’ensemble des prestations sociales a été réduit de 4,2 milliards sous le mandat de Macron. Et si cela n’a pas été plus, c’est dû en partie à la mobilisation des Gilets jaunes, qui a conduit Macron à revaloriser la prime d’activité et à revenir sur la hausse de la CSG pour les retraités modestes, des mesures néanmoins largement insuffisantes pour faire face à la vie chère.

Au bilan, selon l’Institut des politiques publiques, les réformes socio-fiscales de Macron ont fait « gagner » en moyenne 200 à 300 euros par an à la plupart des ménages, au prix de la casse des services publics, mais les 1 % les plus riches sortent du lot, avec plus de 3 500 euros de gain annuel en moyenne. Un montant qui grimpe d’autant plus vite que le revenu augmente. Macron est donc bien le président des riches !


Pour en savoir plus, lire notre article complet sur le site de Convergences révolutionnaires, dont les chapitres : Une fortune en partie fictive avec la hausse des cours boursiers ; Les grandes entreprises en bonne santé financière ; La source du profit reste l’exploitation des travailleurs.


[1Une « flat tax » qui impose ces revenus uniformément à 30 %, cotisations sociales incluses, alors que les taux des trois dernières tranches de l’impôt sur le revenu sont de 30 %, 41 % et 45 % hors cotisations sociales.

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Numéro 143, janvier-février 2022